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Les récentes mises à jour

  • Le Château de Villers-Cotterêts en 2017. Un témoin, un défi, Société Historique Régionale de Villers-Cotterêts, 2017, 82 pages, 20 euros .
  • Notre consœur la Société Historique Régionale de Villers-Cotterêts avait conçu et publié fin 2009 un ouvrage intitulé Le château de Villers-Cotterêts en Valois, afin d’accompagner la découverte chronologique et didactique de ce monument unique en Picardie. Probable archétype du Louvre renaissant, l’ancienne demeure royale était propriété de l’Etat (France Domaines), de la ville de Paris et pour une part infime de la ville de Villers-Cotterêts (la maison des fontainiers). Elle survivait en accueillant l’EHPAD François 1er, après avoir abrité pendant plus de deux siècles des populations déshéritées de la région parisienne. Le départ définitif de l’EHPAD au cours de l’été 2014, vers des locaux neufs mieux adaptés, ouvrit un moment d’incertitudes et d’appréhensions pour le château, dont le classement comme monument historique par Mérimée en 1843 fut entaché d’aléas jusqu’en 1997. «A l’heure de toutes les inconnues», la Société historique de Villers-Cotterêts et son président Alain Arnaud dressèrent un état des lieux, appelant à une large mobilisation pour sauver le monument. L’annonce de la décision du Président Emmanuel Macron, le 20 mars 2018, de faire de ce lieu de 23 000 M2 un centre culturel dédié à la francophonie et au rayonnement de la langue française, laisse désormais espérer le renouveau de ce site symbolique, où François 1er a imposé au royaume la langue française dans les actes officiels et les décisions de justice, par l’ordonnance Guilelmine de 1539. Le château a été confié au Centre des Monuments nationaux pour sa restauration et au Centre culturel dédié à la francophonie pour sa transformation. Des études de diagnostic ont été commandées à l’architecte en chef des monuments historiques, Olivier Weets, et l’ouverture est programmée au début de l’année 2022. D’ores et déjà, diverses manifestations tentent de vitaliser ce site comme l’un des hauts lieux d’un nouveau récit national, propre à couturer les déchirures de la société française et à fonder un désir d’avenir commun.

    La parution et la forme de la publication s’inscrivent dans ce contexte. La lecture de l’ouvrage permet de découvrir les problèmes techniques, les enjeux de restauration ou de restitution et de mesurer l’ampleur du projet présidentiel, appréhendée ici dans sa seule donnée architecturale. L’opuscule, abondamment illustré, se divise en petits chapitres ou fiches thématiques qui s’accommoderont de cheminements buissonniers : monter, boire et se laver, se chauffer, se distraire, se soigner, décéder. Il s’achève en un élargissement sur les écrins du château : le Parc royal, le domaine avec la Malemaison, la chapelle Delorme, le théâtre de Monsieur, le jeu de paume du duc d’Orléans. Des encadrés suggèrent des axes d’interventions, comme replacer Villers dans la dynamique bâtisseuse de la première Renaissance française et des cibles à privilégier, tel le petit escalier du Roi.

    Ressort une idée simple in fine : le long usage asilaire a pérennisé la demeure en y laissant ses marques. Diverses furent les populations abritées à Villers-Cotterêts, avec la parenthèse de l’hôpital des armées N° 22 entre 1915 et 1919, dont témoigne la grande croix rouge décolorée à l’entrée du Logis. A cet égard, les fonds d’archives récupérés (pp. 44 à 47) constitueront une mine d’informations et d’analyses sociologiques pour les chercheurs et historiens de la société parisienne. Mais «l’archéologie visible» appelée par nos confrères témoigne qu’entre restaurations diverses, aménagements fantasques (p. 21), et grave manque d’entretien, des vestiges disparaissaient, alors que d’autres surgissaient, tel le numéro national contre la maltraitance des personnes âgées ou handicapées (p. 43). Ces diverses traces questionnent leur prise en charge historiographique et muséale, comme en atteste la généalogie des sens et des usages de l’enceinte du parc (p. 61). S’impose dès lors une conclusion : le château, avec son «inventaire intellectuel disparate», est «une forme d’énigme», «un témoin et un défi».

    Par cette utile publication, la Société historique de Villers-Cotterêts s’inscrit dans la chaîne de ces érudits locaux qui ont cherché, pendant 150 ans, à faire connaître et sauver le château et son parc. L’inscription de ce patrimoine à l’agenda présidentiel devrait satisfaire bien des acteurs qui ont contribué à ériger en lieu de mémoire la ville de Villers-Cotterêts en ses attributs. Et quoi qu’encore flou, le projet culturel devrait contribuer à redynamiser un territoire travaillé par les votes protestataires.


    par Alain JM. BERNARD, publié le 17/07/2018




  • Disparition de deux grands historiens modernistes : Alain LOTTIN [1935-2017], Pierre RETAT [1932-2018]
  • Alain LOTTIN nous a quittés le 25 décembre 2017 et a été inhumé à Lille le 2 janvier 2018. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il avait accompli une brillante carrière d’enseignant-chercheur et d’administrateur universitaire dans le Nord-Pas-de-Calais : Professeur d’histoire moderne à l’Université de Lille III, il en fut élu Président en 1986, avant de fonder en 1991 l’Université d’Artois, qu’il présida jusqu’à sa retraite en 2000. Il fut l’un des meilleurs spécialistes des Pays-Bas espagnols puis français aux XVI°-XVII° siècles, de l’époque de Philippe II à Louis XIV. Sa thèse d’Etat soutenue en 1981 : Lille, citadelle de la contre-réforme, 1598-1668 ? témoignait de son double intérêt pour l’histoire religieuse et urbaine, qu’il déclina dans une œuvre plurielle considérable, allant de la crise iconoclaste de 1566 aux Pays-Bas à la naissance et au développement des villes minières de la région, sans oublier ses larges synthèses sur l’histoire de Lille, des provinces françaises du Nord et « Deux-mille ans du Nord-Pas-de-Calais ». Il lança dans les années 1980 une série d’histoires urbaines du Nord de la France aux Presses Universitaires de Lille, poursuivies sous sa direction par les Editions des Beffrois à Dunkerque.

    C’est dans ce cadre qu’Alain Lottin me sollicita en 1984 pour entreprendre une histoire de Compiègne, pour laquelle nous constituâmes une équipe d’historiens issue des deux Sociétés Historique et d’Histoire de la ville, coordonnée par Elie Fruit. L’Histoire de Compiègne publiée en 1988 avec une double préface de Jean Legendre et Philippe Marini est devenue un ouvrage de référence pour notre ville, depuis longtemps épuisé. Devenu maître de conférences en histoire moderne à l’Université de Valenciennes à partir de 1994, j’eus souvent l’occasion de retrouver Alain Lottin dans le Nord et participai bien volontiers au volume Société et religion en France et aux Pays-Bas, XV°-XIX° siècles. Mélanges en l’honneur d’Alain Lottin, publié par les Presses de l’Université d’Artois, à l’occasion de son départ en retraite en 2000.

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    Pierre RETAT est décédé le 17 juin 2018 dans sa 86ème année. Agrégé de Lettres, Professeur à l’Université de Lyon II, membre de son centre d’Etudes du XVIII° siècle, il était un éminent spécialiste de la presse hexagonale et européenne en langue française au XVIII° siècle et sous la Révolution française. Il avait soutenu en 1969 une thèse d’Etat sur Le Dictionnaire de Bayle et les luttes philosophiques au XVIII° siècle. Ayant des attaches avec Compiègne, où il avait commencé sa carrière enseignante dans le secondaire, il y était revenu, à l’âge de la retraite, en 2002, présenter avec sa femme Laudyce une brillante conférence devant la Société Historique : « Les chasses royales en forêt de Compiègne sous le règne de Louis XV, d’après la presse périodique », dont le texte a paru dans le Bulletin de la Société Historique de Compiègne.

    Notre Société présente ses sincères condoléances aux familles éprouvées de nos deux éminents collègues disparus.


    par Jacques BERNET, publié le 27/06/2018




  • Vendredi 22 juin, 17 H., Hôtel-de-Ville de Compiègne, présentation officielle de l’ouvrage collectif Compiègne, images de la Grande Guerre, 140 p., 18 E.
  • Cet ouvrage de référence nous a été commandé par la Ville il y a six mois pour la commémoration du centenaire de l’armistice du 11 novembre 2018. Dans ce court délai, nous n’avions pas le temps de conduire de nouvelles recherches et ne pouvions envisager qu’une nouvelle synthèse des travaux existants, s’appuyant sur l’impressionnante masse documentaire notamment iconographique contenue dans les fonds publics et privés mis à notre disposition. Notre secrétaire général Marc Pilot, spécialiste des deux guerres mondiales, a accepté de coordonner une équipe constituée d’historiens membres des deux Sociétés Historique et d’Histoire de la ville ou extérieurs, comme Jean-Yves Bonnard, président de la Société de Noyon ou Jean-Marc Binot, biographe de Guynemer. Frédéric Guyon, Directeur des Archives municipales, a aussi apporté son efficace contribution à la rédaction des textes comme à la collecte des photos et documents, ainsi que Sophie Davril de la bibliothèque Saint-Corneille.

    Il en est résulté un très bel ouvrage de 140 pages, très bien mis en pages, somptueusement illustré par des clichés très significatifs et pour une part inédits. Les textes volontairement clairs et synthétiques permettent de suivre les grands traits du destin d’une ville située à l’arrière immédiat du front pendant l’essentiel du conflit, patrie d’adoption de l’aviateur Guynemer et où fut signé l’armistice du 11 novembre 1918. Une chronologie comparée des événements locaux, nationaux et internationaux de 1914 à 1920 ainsi qu’un jeu de cartes sur l’évolution de la guerre dans le Compiégnois apportent un utile complément pédagogique à un travail collectif destiné au plus large public local et extérieur.

    Souhaitons lui, avec M. le Maire, le meilleur accueil en cette dernière année de la longue et nécessaire commémoration du centenaire de la Première guerre mondiale.


    par Jacques BERNET, publié le 27/06/2018




  • Samedi 16 juin 2018, excursion à Nampcel (60), 15 H – 17 H 30
  • Dernière manifestation de la saison 2017-2018, cette excursion avait été organisée en commun avec l’Association de Sauvegarde de la maison du Saint-Just à Blérancourt, tenant son AG dans la mairie du bourg le matin puis dévoilant la plaque « Maison d’illustre » sur l’ancienne demeure du Conventionnel. Nous avons été conviés à cette sympathique cérémonie, présidée par le Dr de la DRAC des Hauts de France qui accordé ce prestigieux label au monument, en présence de Bernard Vinot et Anne Quennedey, ancien président fondateur et actuelle présidente de l’Association de sauvegarde de la maison. Accordé à quelque 140 demeures d’écrivains, artistes ou hommes d’Etat en France, dont Jules Verne à Amiens ou Paul et Camille Claudel à Fère en Tardenois (Aisne), cette distinction symbolique récompense le travail de l’Association et devrait contribuer à renforcer la notoriété du lieu.

    Après le déjeuner pris en commun dans le restaurant Le Bois doré à Cuts, l’après-midi a été consacrée à la découverte de Nampcel, patrie de la famille paternelle de Saint-Just. Ce village isolé des confins de l’Oise avec l’Aisne, occupant un site remarquable de vallon sous le plateau du Soissonnais, a subi de plein fouet la Première guerre mondiale. Placé sur la ligne du front, il a été occupé de septembre 1914 à mars 1917 par les Allemands, qui y édifièrent un solide abri en pierres de taille et en béton sur deux niveaux occupé par l’état-major et la garnison d’un secteur chaud mais bien protégé. Cet étonnant édifice, a été récemment dégagé par une association de sauvegarde, qui a obtenu son classement et entrepris un important travail de restauration et de reconstitution d’un bâtiment qualifié abusivement « d’abri du Kronprinz ». Sa visite guidée par les bénévoles de l’association nous a permis de le découvrir et d’apprécier l’état d’avancement du projet. Sa solidité et sa position protégée en rebord de plateau lui ont permis d’échapper aux destructions qui n’ont pas épargné le reste du village pendant la Grande Guerre, nécessitant une complète reconstruction au lendemain du conflit.

    L’architecte compiégnois Jean Stra (1885-1957) a été chargé par la municipalité de la reconstitution des édifices publics dans les années 1920. Il a conçu un tout nouveau plan d’urbanisme autour d’une vaste place arborée au cœur du village entourée par l’église entièrement reconstruite en style néo-roman, la mairie et les écoles, le presbytère et le bureau de poste. L’ensemble conserve une remarquable unité architecturale grâce à l’emploi d’un parement en briques claires silico-calcaires et de couvertures en ardoises d’Angers pour les deux principaux édifices, l’église et la mairie-école. Inaugurés en 1929, ces nouveaux bâtiments publics ont été complétés l’année suivante par un émouvant monument aux morts conçu et placé par l’architecte entre le presbytère et la poste, constructions plus modestes en briques rouges et couvertes en tuiles.

    Notre visite de Nampcel s’est terminée par la découverte d’un vaste cimetière militaire allemand de la Première Guerre situé à l’orée du village.


    par Jacques BERNET, publié le 27/06/2018




  • Parution d'un nouvel ouvrage



  • couv.png Compiègne, Images de la grande guerre
    Un livre écrit sous la direction de Marc Pilot, secrétaire de la Société d’histoire moderne et contemporaine de Compiègne, avec la contribution de Jacques Bernet, Jean-Marc Binot, Jean-Yves Bonnard, Jean-Pierre Duterne, Frédéric Guyon, Guillaume Roignant, Sophie Davril

    RESUMÉ

    Ce livre raconte, à partir d’archives photographiques, les épisodes marquants de Compiègne pendant la Grande Guerre.

    De l’évocation de Georges Guynemer, héros du roman compiégnois ou de l’incroyable crash du Zeppelin L-17 en plein ciel compiégnois, de l’histoire passionnante de Compiègne, Ville hôpital, à la pointe des découvertes médicales de son siècle, sans oublier la signature de l’Armistice, des photos surprenantes et parfois inédites raconteront le fabuleux destin de Compiègne durant ces quatre années de guerre.

    C’est un recueil d’une centaine de pages, largement illustré, que la Ville de Compiègne a souhaité accessible et grand public.

    2018, 140p.

    18.00€

  • Notre nouveau numéro des AHC est disponible

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    149-150 Les années 1960 Oise-Compiègne

    - Le député-maire Jean Legendre (1906-1994)

    - Michel Woimant (1932-2016)

    - L'année 1968 dans la presse de l'Oise

    - Affiches et slogans de mai-juin 68 à Compiègne

    - Mai 68 dans les lycées de Compiègne

    - Mai 1968 : Paris-Beauvais


    N°149-150, Printemps 2018

    10€ + port 2€
    149-150


  • Reprise d’activité du train touristique du Beauvaisis, bientôt de Crévecœur-le-Grand jusqu’à Rotangy
  • Ce dimanche 3 juin, a repris la nouvelle saison touristique 2018 du petit train du Beauvaisis en gestation sur voie métrique à partir de Crévecoeur-le-Grand, destiné d’ici quelques années à rejoindre Saint-Omer-en-Chaussée, bourg situé à 12 km sur la ligne Beauvais-Le Tréport, elle-même en cours de réhabilitation pour plusieurs mois.

    Pour l’instant la voie reconstruite utilisable par le MTVS n’excède pas 1, 6 km entre l’ancienne gare de Crévecœur et le nouveau PN de la RD 149 mis en place à la fin de l’été 2016. Mais depuis ce printemps 2018, les choses bougent : les bénévoles de l’Association ont entrepris activement de prolonger la voie jusqu’à la halte de Rotangy, qui devrait être atteinte avant la fin de l’année et doubler ainsi la longueur du premier tronçon existant ; déjà 600 m de voie nouvelle ont été posés depuis le PN de la RD 149 et bientôt sera en vue l’ancienne halte réhabilitée, située juste après le pont routier à l’entrée du village ; un évitement ferroviaire y sera installé, permettant de replacer la machine en tête du convoi et d’opérer un aller-retour en train de plus de 6 km. On atteindra ainsi un charmant petit village du Beauvaisis de 200 habitants, avec ses maisons rurales typiques à pans de bois ou en brique, son église en brique et pierre et une petite chapelle du XVII° siècle située à proximité de la future station.

    En attendant de pouvoir offrir ce circuit en 2019, le public a pu emprunter sur 1, 6 km, ce premier dimanche de juin 2018 ensoleillé, un rutilant convoi de cinq voitures anciennes restaurées tracté par une vaillante locomotive à vapeur des tramways ruraux de la Sarthe, ayant retrouvé ses couleurs vertes d’origine. Une autre machine repeinte en rouge se tenait en réserve à proximité du grand hangar abritant les engins stockés sur place et destiné à devenir un musée pour la riche collection de matériel roulant de l’Association, encore conservé pour une grande part sur son site originel de Butry (Val d’Oise).

    Les circulations du petit train reprendront tous les premiers dimanches de l’été 2018 et jours de fête comme pour la brocante du bourg, en attendant de pousser jusqu’à Rotangy la saison prochaine.


    par Jacques BERNET, publié le 13/06/2018




  • Mai 68 par celles et ceux qui l’ont vécu Ouvrage coordonné par Christelle DORMOY-RAJRAMANAN, Boris GOBILLE, Erik NEVEU, Editions de L’Atelier, Médiapart, Ivry-sur-Seine, 2018, 477 p., 29, 90 E .
  • Ce gros livre est le fruit d’une collecte de témoignages lancée, il y a un an, conjointement par les Editions de l’Atelier et le site d’information Médiapart. Quelque 300 anonymes ont envoyé des contributions d’importance variable, dont quelque 150 ont été sélectionnés par l’équipe d’historiens spécialistes de Mai 68, Christelle Dormoy-Rajramanan, chercheuse au CRESPPA-CSU, Boris Gobille, MCF en sciences politique à l’ENS de Lyon, chercheur au CNRS, Erik Neveu, professeur à Sciences Po de Rennes.

    Le pari n’était pas évident, tant le matériau travaillé était à la fois hétérogène et répétitif. Les historiens ont fait leurs choix selon des critères qu’ils justifient dans leur introduction : celui de l’originalité, de l’authenticité mais aussi de la fidélité des témoins aux « idéaux de mai 68 », ce qui conduit à une lecture globalement plus partisane qu’historienne de la période, non sans nostalgie par rapport à un moment vécu comme unique de leur jeunesse de la part d’anciens représentants du babyboom dans leur vingtaine à la fin des années 1960 devenus des papyboomers retraités.

    Le risque est de transposer une période bien révolue sur une actualité présente, qui n’a plus grand chose à voir dans ses conditions historiques, d’instrumentaliser mai 68 pour des combats de notre temps bien différents, comme si l’histoire pouvait se répéter à 50 ans de distance, ce qui paraît pour le moins hasardeux, une récupération politicienne de 1968 sous-tendue par Edwy Plenel dans sa postface.

    Ces réserves étant faites, on peut néanmoins saluer la performance des historiens, qui ont su mettre en œuvre des témoignages individuels en général très vivants, souvent originaux ou méconnus, comme ce qui concerne les troubles survenus en Guadeloupe en 1967, car le livre ouvre assez largement la chronologie en amont et en aval du paroxysme des événements de mai-juin 68. Il s’efforce de classer les récits par catégories d’acteurs ou témoins : collégiens, étudiants, enseignants, employés, ouvriers, les premiers étant nécessairement surreprésentés, mais aussi les regards d’enfants, de militaires du contingent, de femmes ou de témoins de l’étranger. Certaines catégories manquent malheureusement, comme les représentants des forces de l’ordre et d’une manière générale le point de vue rétrospectif des opposants ou victimes des événements. Ce qui évidemment fausse quelque peu la perspective et conduit à relativiser la représentativité réelle de ces témoignages, avant tout de militants restés dans l’esprit de l’époque. On ne peut évidemment en tirer de conclusions historiques, quant à l’état de l’opinion générale des Français d’alors et encore moins de ceux d’aujourd’hui.

    Il s’agit donc, plus qu’un travail proprement scientifique, avant tout d’un vaste florilège de témoignages militants et engagés, « trace précieuse, inédite à cette échelle, de ce que fut Mai-Juin 68 » à l’échelon de ses partisans et nostalgiques. « Un moment d’histoire dont le souffle a transformé des vies. Un passé si fort qu’il travaille encore le présent », déclarent les auteurs, s’exprimant plus en citoyens engagés qu’en historiens. C’est là à la fois tout l’intérêt du livre, mais aussi sa limite épistémologique.


    par Jacques BERNET, publié le 01/06/2018




  • Samedi 19 mai 2018, 10 H – 18 H., BM Saint-Corneille, salle Le Chatelier. Commémoration des 40 ans de la Société d’Histoire moderne et contemporaine de Compiègne et Journée d’études à l’occasion du cinquantenaire des événements de mai-juin 1968.
  • La séance du matin a d’abord été consacrée à la commémoration des 40 ans d’existence de notre Société d’Histoire moderne et contemporaine de Compiègne : tenant ses séances au lycée Pierre d’Ailly depuis octobre 1977, elle a été déclarée officiellement à la sous-préfecture de Compiègne en février 1978.

    Le président a rendu hommage à deux éminents sociétaires récemment disparus : en novembre 2017, Claude GRIMAL (1923-2017), ancien proviseur du lycée P. d’Ailly, président fondateur de notre société ; Françoise MARTINS (1941-2018), ancienne vice-présidente, qui nous a quittés le 8 mai dernier.

    Puis s’appuyant sur un diaporama, il a rappelé les conditions de création de la Société d’Histoire de Compiègne et les traits saillants de son activité, tant de recherches historiques locales que de popularisation de ses résultats, grâce aux nombreuses conférences, excursions, journées d’études et colloques organisés et à l’édition régulière de sa revue aujourd’hui semestrielle, Annales Historiques Compiégnoises, parvenues à leur n° 149-150 en ce printemps 2018, avec depuis 2009 le complément indispensable du site Internet, amplifiant notre audience. Abordant des sujets souvent différents et inédits, notamment l’histoire du temps présent, notre société a su s’imposer dans le paysage culturel compiégnois, dans un esprit de saine émulation avec la vénérable Société Historique de Compiègne qui a récemment célébré ses 150 ans. Notre société n’a pas manqué non plus de mettre en œuvre les collaborations nécessaires, notamment pour des ouvrages de synthèse sur l’histoire de la Ville (en 1987, 2003 et 2012), à l’occasion de commémorations comme celle du centenaire de la Grande Guerre (réalisation d’un livre sur Compiègne en 1914-1918, colloque départemental du centenaire de l’armistice, les 2-3 novembre 2018). Nos deux associations ont su ainsi au fil du temps se respecter et apporter chacune leur pierre, dans un esprit de complémentarité.

    La deuxième partie de la matinée a abordé le vif du sujet historique de cette journée, le cinquantenaire de mai 68, grâce à une première communication d’Alain MONCHABLON, ancien camarade et ami étudiant à la Sorbonne, professeur agrégé d’histoire en classe préparatoire, spécialiste de l’histoire du mouvement étudiant et auteur d’une histoire de l’UNEF (1985), qui a présenté un brillant exposé sur l’historiographie de mai 1968 depuis un demi-siècle.

    La formule « les événements » illustre la difficulté à définir mai-juin 1968, événement inabouti : si c’est une révolution, elle ne fut ni triomphante ni écrasée, ce qui contrevient aux codes. Le philosophe A. Kojève dit en plein mois de mai à Raymond Aron qu’il ne pouvait s’agir d’une révolution, car il n’y avait pas de morts. Par ailleurs il n’y a pas eu d’équivalent ouvriers et salariés aux riches recueils de documents publiés en 1968 et 1969 La Sorbonne par elle-même (n° spécial du Mouvement Social) et le Journal de la Commune étudiante (Alain Schnapp et Pierre Vidal Naquet). Ce qui suit emprunte beaucoup au livre de Michelle Zancarini-Fournel : Le moment 68, une histoire contestée, cité infra.

    1° INTERPRETATIONS À CHAUD

    Elles sont l’œuvre surtout d’essayistes et de journalistes : 124 publications recensées par la BNF dès octobre 1968. Dans la Revue Française de Science Politique, T. XX, 3, juin 1970, p. 503-545 : « Les interprétations de la crise de mai-juin 1968 », Philippe Bénéton et Jean Touchard, en énumèrent huit, que l’on peut regrouper entre ancien et nouveau :

    1) Entreprise de subversion : Soit De Gaulle et Pompidou visant le PCF, ou le nouveau ministre de l’Intérieur Marcellin les gauchistes et un complot international (de fait les RG d’alors ont beaucoup suivi les étudiants allemands) ; le responsable d’extrême droite Duprat accusant la DDR. De Gaulle et Pompidou y croyaient-ils ?

    2) Une crise de l’Université

    24 mai : De Gaulle dit de l’Université : « impuissance de ce grand corps à s’adapter, à l’économie et l’emploi ». Articles de R. Boudon in Annales ESC 1969 et livre d’Epistémon (Ces idées qui ébranlèrent…). Thème de l’Université sclérosée, incapable de changer (Crozier). Mais la révolte éclate à Nanterre, alors en plein renouvellement, pas en Droit.

    Thème de la marginalisation de l’étudiant : 1/3 des étudiants sont en lettres sans débouchés ; beaucoup issus de classes moyennes non préparées (R. Boudon) ; seul ½ des étudiant atteint un diplôme ; donc leur inquiétude sur les débouchés.

    3) Accès de fièvre, révolte de la jeunesse

    Accès de fièvre de société pacifiée, sans buts précis ; recherche de fraternité (Bénéton et Touchard : la faute à la faiblesse de l’UNEF qui n’est plus capable d’intégrer ?) ; joie de la parole, des manifs ; au nom du désir de vivre, de s’exprimer… irruption de la jeunesse. Edgar Morin (La Brèche, 1968) parle de « 1789 socio-juvénile », les étudiants étant avant garde de la jeunesse ; André Stéphane et Gérard Mendel : révolte contre le père

    4) révolte spirituelle, crise de civilisation

    Jean-Marie Domenach, Jacques Maritain sur le vide, le néant complet de toute valeur absolue ; mais en 68, on parle peu de société de consommation. Un sondage IFOP de septembre 1968 (Réalités de novembre 68) met la crainte sur les débouchés en tête loin devant refus de consommation. Crise de civilisation dit Malraux le 20 juin

    5) Conflit de classe, mouvement social de type nouveau

    Alain Touraine : Le Mouvement de mai ou le communisme utopique : l’enjeu est moins économique que politique et de pouvoir : c’est un soulèvement des professionnels (étudiants, journalistes de l’ORTF, techniciens) contre le pouvoir bureaucratique. Et aussi J.M. Coudray (Castoriadis) in La Brèche, qui voit « une page nouvelle de l’histoire universelle ».

    6) Conflit social de type traditionnel

    Depuis 1966, politique de restriction de la consommation (plan de stabilisation) ; 1967 : la plus faible croissance depuis plusieurs années et une montée du chômage (112 000 indemnisés, 4 fois plus qu’en 64), voire 800 000.

    7) Crise politique

    Une crise soudaine, car selon un sondage d’avril 68 : 61% satisfaits du Président de la République, 47% du Premier Ministre ; les deux en hausse. Sous la IVe République, l’affaire de Nanterre se serait réglée par changement de Ministre de l’Education Nationale. Raymond Aron (La Révolution introuvable) qui par ailleurs parle de psychodrame et de marathon de palabres, insiste sur la verticalité du pouvoir et sa concentration, l’absence de corps intermédiaires. Et l’absence d’alternative de gauche.

    8) Enchaînement de circonstances

    Cléopâtre et son nez.

    2° CHRONOLOGIE DES PUBLICATIONS

    Quelques titres en 1968 :

    Ce n‘est qu’un début… Témoignages. Jean-Pierre Rioux et Backmann, L’explosion de mai, ambitieux René Andrieu, Les communistes et mai 68. Henri Lefebvre, l’irruption de Nanterre au sommet, 1968. Alain Touraine, Le mouvement de mai ou le communisme utopique. Jean-Marie Coudray, Claude Lefort, Edgar Morin : La brèche. Raymond Aron, La Révolution introuvable Michel de Certeau, La prise de parole, 1969. AESC, 1969, articles de R Boudon et Edgar Morin. Puis un certain vide interprétatif jusque vers 1980

    Vers 1978 :

    Multiples autobiographies, dont l’Etabli de Robert Linhart et le film de W. Klein (Grand soir et petits matins) ; la même année : les Révoltes logiques voient un tournant vers 1975 : de la révolte libertaire à la révolution spirituelle.

    1978 : Alain Delale et Gilles Ragache : La France de 1968, tableau d’ensemble grâce à un dépouillement de la Presse Quotidienne Régionale. 1978 : Régis Debray, Modeste contribution aux cérémonies du 10e anniversaire (réédité en 2018, sous le titre Une contre-révolution réussie).

    1983 : Lipovetsky, L’ère du vide. 1986 : Luc Ferry-Alain Renaut : La Pensée 68. Deux dénonciations, la première du mouvement, la deuxième de ses supposés inspirateurs intellectuels

    Vers 1988 :

    Montée du thème générationnel, loué (Serge July) ou dénoncé (Guy Hocquenghem, Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary, 1986). 1987-1988 : Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération : vision étudiante, parisienne, centrée sur l’UEC ; des mérites pourtant, dont celui du temps long. 1988 : Laurent Joffrin, Mai 68, récit des événements, un texte interprétatif : une révolte démocratique. 1988, n° spécial de Matériaux revue de la BDIC : Mai 68 les étudiants en France et dans le Monde, élargissement aux mouvements étudiants hors de Paris, voire de France. 1988 : Quoi de neuf sur le mai français ? Colloque sous la direction d’Antoine Prost, dont les actes sont publiés en 1992 ; première étude des diverses facettes du mouvement, par plusieurs auteurs, à partir des sources alors disponibles.

    Au total, à la date de 1988 : aucune thèse n’a été soutenue, les masters non recensés, d’où : 1993 : Guide des sources d’une histoire à faire, qui recense archives publiques et privées et appelle à collectes.

    Vers 1998

    Moindre éventail de productions, mais Jean-Pierre Le Goff : L’héritage impossible, en fait étude de discours. « Amnésie collective » de la grève dit B. Pudal, car elle n’a pas une forme nouvelle par rapport à 1936 et moindre mémoire ouvrière, car n’est pas portée par la CFDT recentrée, ni par le PCF affaibli ; exception de Nantes. Arthur Marwick : 1998, « The sixties cultural revolution… voit un mouvement européen où le politique s’efface. Manuels scolaires : les éditions de 1998 puis 2004 offrent le triomphe du culturalisme sans classes : l’aspect ouvrier disparaît. Les divers sondages du XXIe sont favorables à 68, y voyant surtout la libération des mœurs.

    1998 : colloque international de l’IHTP, puis livre : les années 68, le temps de la contestation, 1998, Complexe. Notion nouvelle : « les années » multiples contributeurs, multiples angles, aspect international. But : Historiciser, loin des interprétations globalisantes, résister à l’envahissement de la mémoire (par exemple, il suffit de consulter l’INA pour ruiner la fable des « écrans noirs » de la Télé en mai). Abandon de l’improbable causalité unique. Souci d’étudier la circulation des idées, des modes d’action, de périodiser.

    Au bilan : succès du compromis républicain et relative modération de la répression, comparée à l’Allemagne et à l’Italie (une seule loi d’exception, en 1970 la loi « anticasseurs). Définition de l’« esprit de mai » comme croisement entre un instrument (la prise de parole) et un objectif d’agir contre les hiérarchies, les autorités et les inégalités. Contre l’explication générationnelle : pas une seule expérience générationnelle commune, mais elle est un fil conducteur dans tous mouvements sociaux.

    Puis publication de thèses à partir de 2003, multipliant le recours aux archives : B. Brillant, Les clercs de 68, 2003 ; Xavier Vigna, l’insubordination ouvrière (1963-1979), 2007 ; Vincent Porhel, Ouvriers bretons, 2008 ; J.P. Salles, La LCR , 2005 ; Denis Pelletier, La crise catholique. Kristin Roos, Mai 68 et ses vies ultérieures [2002 aux US, 2005 en France] : recense les interprétations en une dénonciation virulente et informée du tournant « culturaliste » dans les études sur 68.

    En 2008 :

    Michelle ZANCARINI-FOURNEL, Le moment 68, une histoire contestée, la meilleure historiographie, dont cette note s’inspire largement.

    Ph. ARTIERES, M. ZANCARINI et autres, 68 Une histoire collective, 2008, La Découverte ; B. PUDAL, B. GOBILLE et autres, Mai-juin 68, 2008, l’Atelier

    Ces deux gros livres ont en commun de reprendre l’idée d’« années 68 », donc d’aborder une période plus longue, d’élargir hors de France (idée de circulation des idées et des émotions, non de complot) ; de multiplier les angles ; du coup plusieurs auteurs, sociologues et historiens.

    En 2018 :

    Place aux acteurs : O. Filleule, Isabelle Sommier : Changer le monde changer sa vie, enquêtes sur les militantes et militants des années 68 en France, Actes Sud, 2018 ; Julie Pagis, Un pavé dans leur histoire, FNSP, 2014. ; Mai 68 par celles et ceux qui l’ont vécu, L’Atelier 2018 et Ludivine Bantigny, Mai-juin 68, de grands soirs en petits matins.

    3° QUELS APPORTS ?

    Abandon de la recherche d’interprétation par les causes (inquiétude des débouchés) et encore plus par les effets réels ou supposés (individualisme) ; éviter défaut traditionnel « post hoc, ergo propter hoc » : ainsi les mouvements des viticulteurs languedociens sont post 68, mais ne lui doivent rien. Mise en œuvre de la problématique énoncée par Lucien Febvre : Robespierristes, antirobespierristes, dites nous qui était Robespierre. Considérer l’événement global : trois voire quatre conflits emboîtés : universitaire (3-13 mai), social (14-30 mai), politique (30 mai-30 juin), voire culturel ; soit, mais les voir comme interdépendants et non en succession ternaire (étudiants 3-13 mai, ouvriers 14 -30 mai, politique (30 mai 30 juin). Reconnaître le caractère massif : le 13 mai, 450 manifestations dans toute la France, seulement 3 départements sans ! Réévaluer avec Antoine Prost le nombre de grévistes : 7,5 M et non 10, sur 16 millions de salariés, ce qui reste le plus important mouvement du XXe siècle. Voir le caractère « métissé » des grèves : jeunes ouvriers sensibles aux idées des étudiants

    Phillippe ARTIERES, Michelle ZANCARINI, 68 Une histoire collective, 2008, La Découverte. Multiples auteurs, multiples objets : « s’extraire du flot interprétatif » ; rompre avec le folklore, ne pas faire un album, replacer dans le long terme. Multiples facettes du mouvement. Nouvelles archives, publiques (RG), ou privées (celles du PCF). Nouvelles problématiques : genre, race, anthropologie (gestuelle). Lieux diversifiés : famille, école, usine, prison, Paris, province, étranger. Objets symboliques analysés, par exemple : matraque, minijupe, 4 L, Godard

    B. PUDAL, B. GOBILLE, MAI –JUIN 68, 2008, l’Atelier.

    Idée de remise en cause de l’ordre social depuis 1945, accélérée en 1968.

    Xavier Vigna : notion d’insubordination ouvrière, entre 1963-1979 ; nouveaux ouvriers, contestation de l’organisation du travail et du monde usinier. Pas seulement quantitatif ni syndical, mais politique, existence d’une politique ouvrière autonome ; nouvelles formes d’action. Analyser comment l’événement a agi et été reçu ; rupture d’intelligibilité, on n’accepte plus comme naturel ce qui l’était hier ; crise du consentement ; par exemple après 68, diminution brutale du nombre de domestiques (Dominique Memmi).

    Ludivine BANTIGNY (2018) : 68, De grands soirs en petits matins, Seuil.

    Première vue d’ensemble homogénéisée. Contre la supposée légende des 30 Glorieuses, contre mai sans juin, contre l’examen de Paris seul, contre attention centrée sur les étudiants seuls, contre l’idée de pure négativité, contre la limitation aux tags situationnistes. Contre une vision irénique : il y a eu des morts (surtout en juin). Interprétation d’un mouvement d’ensemble, au risque d’en exagérer l’unanimisme et d’y voir une révolution empêchée par le PCGT et les anars du 22 mars, qui refusèrent la coordination centrale des comités d’action.

    L‘exposition actuelle, les Arcanes du pouvoir, aux Archives nationales, utilisant des documents longtemps inaccessibles, entend montrer que l’Etat et ses services ont continué à fonctionner en mai et juin.

    L’après-midi a été consacrée à des communications centrées sur Compiègne et l’Oise : Jacques Bernet : L’année 1968 dans la presse de l’Oise, à partir du Progrès de l’Oise hebdomadaire compiégnois dont le maire Jean Legendre écrivait les éditoriaux et l’Oise Matin, édition de l’Oise du Parisien Libéré [article paru dans le n° 149-150 des Annales Historiques Compiégnoises, printemps 2018] ; témoignages de Bernard Roux et Simone Meyssonnier, professeurs au lycée Pierre d’Ailly et à la Cité Technique Mireille Grenet en 1968 [publiés dans le n° 149-150 des AHC, avec ceux de Denis et Josette François, et celui de Françoise Leclère-Rosenzweig pour Beauvais].


    par Jacques BERNET, publié le 01/06/2018




  • Disparition de Françoise MARTINS
  • Nous apprenons avec une grande tristesse la disparition trop précoce de notre sociétaire et amie Françoise MARTINS, le mardi 8 mai 2018 à Paris, des suites d’une longue maladie. Venant souvent avec sa famille dans leur résidence secondaire de Ressons-sur-Matz, où elle avait sympathisé avec Marthe et Guy Caillaud, elle devint depuis 1982 une adhérente très fidèle de notre Société d’Histoire, membre de son bureau et vice-Présidente de 2008 à 2014. Ayant eu une belle carrière de documentaliste à l’INRA, elle nous avait apporté toute sa compétence pour la réalisation des deux Index papier de la revue, en 1998 et 2007, qu’elle continuait de mettre à jour régulièrement sur le site Internet de la Société. Passionnée d’histoire locale, elle a aussi apporté sa contribution éditoriale à nos Annales Historiques Compiégnoises par ses articles et ses comptes rendus d’ouvrages. Elle a été longtemps très assidue à nos conférences et nos excursions, tant que sa santé le lui permit. Par sa générosité, sa chaleureuse présence et son amitié indéfectible, elle était une figure marquante de notre Association, qui lui doit beaucoup et où elle laisse un grand vide.

    A son mari Henri et à ses enfants et petits enfants, à toute sa famille et à ses proches, notre Société présente ses sincères condoléances.


    par Jacques BERNET, publié le 09/05/2018




  • Samedi 21 avril 2018 à 14 H 30, BM Saint-Corneille, Frédéric SEITZ, architecte DPLG et professeur honoraire à l’UTC a présenté son récent ouvrage : Gustave Eiffel (1832- 1923), l’art de l’ingénieur.
  • L’immense notoriété de Gustave Eiffel, qui a donné son nom à la mythique tour parisienne de 300 m, fleuron et vestige conservé de l’Exposition universelle de 1889, n’en recouvre pas moins de nombreuses obscurités concernant le long parcours et l’œuvre très diverse d’un personnalité que ses archives biaisées, conservées au musée d’Orsay, ne suffisent pas à dissiper. D’où la nécessité de restituer la vérité de l’homme derrière son mythe.

    Né à Dijon en 1832, dans une famille bourgeoise d’origine allemande qui avait francisé son nom, Gustave Eiffel fit ses études au collège Saint-Barbe à Paris, lui permettant, à défaut de Polytechnique de devenir Centralien, section chimie. Le jeune ingénieur bifurqua d’emblée dans la construction métallique, qu’il apprit sur le tas dans l’entreprise Nepveu, où il participa à la construction, en 1857-1860, de la passerelle ferroviaire de Bordeaux, classée depuis Monument Historique. Marié en 1862 à une riche héritière, qui lui donna cinq enfants mais le laissa précocement veuf, il put installer en 1864 ses propres ateliers à Levallois-Perret, en s’associant à Théophile Seyrig qui lui apporta ses capitaux. La renommée de l’ingénieur, avant tout un entrepreneur, s’établit grâce à d’audacieuses réalisations comme le pont à arche métallique unique de Porto sur le Douro ou la gare centrale de Budapest, mettant en valeur le fer comme élément architectural central de sa façade. Grâce au concours de brillants ingénieurs comme Koechlin, l’entreprise Eiffel construisit en France et dans le monde entier de nombreux ouvrages d’art aussi célèbres que le viaduc ferroviaire de Garabit, mais aussi de très lucratifs ponts portatifs au km en Asie, Afrique ou Amérique latine, assurant la prospérité et la fortune de l’entrepreneur. Parmi ses réalisations les plus spectaculaires des années 1880 citons la structure interne de la statue de la Liberté de Bartholdi à New-York, la coupole de l’observatoire de Nice et la tour parisienne de 1000 pieds, conçue par Koechlin, un exploit spectaculaire en son temps, dernière grande réalisation à l’actif d’Eiffel, qu’il parvint à maintenir dans le ciel parisien après l’Exposition.

    La fin de sa longue carrière fut cependant ternie par des revers politiques, industriels et financiers : il échoua dans sa candidature de sénateur à Dijon en 1891, subit l’effondrement meurtrier du pont de Münchenstein en Allemagne et fut surtout impliqué dans l’énorme scandale politico-financier de la construction du canal transocéanique de Panama, qui le conduisit devant les tribunaux avec Ferdinand de Lesseps. Blanchi en Cassation en 1893, Eiffel abandonna alors la construction pour se reconvertir tardivement dans des activités scientifiques très diversifiées portant sur la météorologie, la résistance de l’air, la télégraphie sans fil. Il construisit la soufflerie de la rue Boileau à Paris, toujours en activité et équipa sa tour parisienne pour expérimenter la TSF à des fins militaires et civiles. A sa mort en 1923, à 91 ans, il jouissait d’une immense fortune et d’une immense popularité, ce qui lui valut des funérailles nationales. Sa notoriété internationale d’architecte ingénieur expert en construction métallique a perduré jusqu’à nos jours, masquant quelque peu la carrière de l’entrepreneur, qui fut le cœur de sa réussite et de sa fortune. Le beau livre de Frédéric Seitz qui restitue de manière authentique la carrière et l’œuvre de cette gloire nationale, mériterait d’être ainsi titré et sous-titré : « Gustave Eiffel, l’entreprenant ».


    par Jacques BERNET, publié le 03/05/2018




  • Samedi 16 juin 2018 : Samedi 16 juin 2018 après-midi : Excursion à Nampcel (60), berceau de la famille Saint-Just, village du front pendant la Première guerre, reconstruit par l’architecte Jean Stra dans les années 1920.
  • RDV place de l’église à 15 H.

    [Excursion commune avec l’Association de Sauvegarde de la Maison de Saint-Just à Blérancourt ; possibilité de déjeuner commun au restaurant Le Bois Doré à Cuts à 13 H] [inscription obligatoire au repas]