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Le 221ème anniversaire de la République française, célébré le 22 septembre 2013 à Blérancourt (Aisne)


Accueil à l'hotel de ville

Pourquoi commémorer encore de nos jours le 22 septembre 1792, moment où la Convention nationale proclama à Paris la déchéance de la monarchie en France, datant désormais ses actes de l’an I de la République française, bientôt déclarée une et indivisible, sinon impérissable ? Ce 221ème anniversaire de l’événement ne pouvait certes avoir le même lustre que le bicentenaire de 1992, commémoré par un grand colloque scientifique en Sorbonne et un certain nombre de manifestations officielles au niveau national. L’an passé, le 220ème anniversaire a donné lieu à une célébration parisienne, avec un dépôt de gerbe au Panthéon devant le groupe sculpté représentant la Convention, à l’initiative de la Société des Etudes Robespierristes. La manifestation avait été précédée d’une rencontre d’historiens autour des manuscrits de l’Incorruptible récemment retrouvés et acquis en vente publique par la BnF avec le concours d’une souscription ayant mobilisé un large public d’amateurs d’histoire.

Le conférencier L. Brassart

Cette année, la Société des Etudes Robespierristes dont l’objet est depuis sa création en 1907 l’étude de la Révolution française, avait obtenu le concours de l’Association de Sauvegarde de la maison de Saint-Just, de la municipalité et de l’office du tourisme de Blérancourt pour cette commémoration ainsi décentralisée en Picardie, dans le bourg abritant la demeure de l’ancien Conventionnel de l’Aisne, guillotiné avec Robespierre le 28 juillet 1794.

Notre collègue et ami Laurent Brassart, maître de conférences en histoire moderne à l’Université de Lille III, dont la thèse vient d’être publiée sous le titre : « Gouverner le local en Révolution. Etat, pouvoirs et mouvements collectifs dans l’Aisne (1790-1795) », a proposé au nombreux public réuni dans la grande salle de l’hôtel de ville une conférence fort pédagogique sur le thème : « Comment l’Aisne est devenue républicaine en 1792 ? ». L’orateur a ainsi démontré comment ce département frontalier modéré fut radicalisé dans les circonstances de la guerre déclarée en avril 1792 et de la chute de la monarchie à Paris le 10 août, dans une situation obsidionale à l’approche de l’ennemi austro-prussien et avec la psychose d’un complot royaliste du général La Fayette.

La maison de St Just

Après un banquet fraternel et républicain pris en commun dans la salle des fêtes, notre collègue et vieil ami Bernard Vinot, ancien président et fondateur de l’Association des Amis de la maison de Saint-Just nous a fait découvrir le riche patrimoine de Blérancourt : les restes du château des Pottier de Gesvres, devenu musée de la coopération franco-américaine, dont la réouverture prochaine est attendue ; l’hôtel de ville monumental, reconstruit au-dessus de la halle en 1848, dont le fronton rappelle l’ancienne prospérité du bourg liée au commerce ovin ; l’ancien hospice des orphelins créé par le seigneur au XVIIe siècle, bel édifice classique en pierre bien conservé. Notre visite s’est terminée dans le décor bucolique de la rue de la Chouette devant la maison de Saint-Just, dont les toitures gardent les traces du malheureux incendie de juin 2012 : on attend avec impatience sa complète restauration et réouverture dans le courant de l’année 2014.

La journée s’est terminée par la projection débat dans la salle des fêtes d’une singulière curiosité cinématographique : le film d’Anthony Mann « Le livre noir » (« Reign of Terror ») sorti en 1949, habile réalisation hollywoodienne à grand spectacle bien marquée par son temps de guerre froide, qui prend de grandes libertés avec l’histoire dans la composition des personnages tels Robespierre, Saint-Just, Fouché ou Barras et dans la reconstitution fort romancée des événements.



par Le président, Jacques Bernet , le 24/09/2013 à 00h00


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