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Soutenance de thèse d’Anne Quennedey : « Un sublime moderne : l’éloquence de Saint-Just à la Convention nationale (1792-1794)»


Anne Quennedey

Vendredi 13 décembre 2013, dans des locaux de Paris IV Sorbonne, notre collègue et amie Anne Quennedey, présidente de l’Association pour la sauvegarde de la maison de Saint-Just à Blérancourt, a soutenu avec succès sa thèse de doctorat ès lettres, présentant un mémoire intitulé : « Un sublime moderne : l’éloquence de Saint-Just à la Convention nationale (1792-1794).

Le jeune Conventionnel de l’Aisne (1767-1794), benjamin de l’Assemblée, figure parmi les grands orateurs de la Révolution française aux côtés de Danton, Robespierre, Marat ou Vergniaud, mais ses talents précoces et spécifiques à la tribune, son style laconique si percutant ont été beaucoup moins étudiés que ceux de ses illustres contemporains, du moins sous un angle proprement littéraire. Héritiers de l’éloquence de la chaire ou du barreau mais aussi de la tradition théâtrale du siècle des Lumières, les discours politiques les plus réussis des orateurs des assemblées révolutionnaires étaient alors qualifiés de sublimes. Ce terme désignant l’élan, à la fois émotion et élévation de la pensée, au cœur de l’éloquence, se référait à un ouvrage anonyme du premier siècle de notre ère, le Peri Hupsous écrit par le Pseudo Longin et traduit par Boileau en 1674 sous le titre de Traité du sublime. Si l’ouvrage abordait tous les genres littéraires, il accordait, avec l’exemple de Démosthène, une place privilégiée à l’éloquence politique et c’est dans cette tradition que se situèrent les grands orateurs de la Révolution, notamment Saint-Just, bien formé par les Oratoriens de Soissons à l’école de la rhétorique latino-française.

Dans les deux premières parties de sa thèse, l’auteure a ainsi mené une vaste enquête sur le sublime littéraire et l’éloquence, auxquels elle s’est efforcée de confronter l’œuvre oratoire de Saint-Just, tentant de « caractériser littérairement ses discours en les mesurant aux enjeux qu’il donne à la grande éloquence, condition selon lui de toute politique authentiquement démocratique ». Cet examen l’a par ailleurs conduite à entreprendre, dans une troisième partie à laquelle les historiens seront particulièrement sensibles, un nouvel établissement des textes des discours et des rapports du Conventionnel de l’Aisne, se fondant sur les imprimés originaux des textes, les comptes rendus des débats publiés dans la presse révolutionnaire et les rares manuscrits conservés. Les annexes de la thèse comportent enfin une iconographie sur l’éloquence révolutionnaire et ses conditions matérielles, une recherche sur les différentes éditions révolutionnaires des discours de Saint-Just, un catalogue détaillé de sa bibliothèque parisienne selon l’inventaire établi en l’an III.

Le jury présidé par le professeur Pierre Frantz, de Paris IV Sorbonne, composé du Directeur de la thèse Jean Dagen, de la même Université, des professeurs Hervé Leuwers le Lille 3 et Martin Rueff de Genève, saluant l’ampleur et la qualité du travail lui a accordé la mention très honorable avec félicitations unanimes, tout en souhaitant sa prochaine édition.



par le président Jacques Bernet, le 22/12/2013 à 18h30


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