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Les récentes mises à jour

  • Mémoires de la Société Historique de Compiègne - Tome 42, 2019, 203 p., 20 €. Mélanges Historiques en hommage à François Callais.
  • Un peu moins d’un an après sa disparition en juillet 2014 à l’âge de 86 ans, François Callais, ancien Président de la Société Historique de Compiègne de 1983 à 1993 et de 2003 à 2009, a fait l’objet d’une journée d’études dont sont aujourd'hui publiées une partie des communications : hommages à l’œuvre de l’historien par Eric Blanchegorge et Jacques Bernet, témoignages familiaux de Cécile Mallhey-Dupart et d’Alain Messaoudi, ce dernier présentant et publiant la correspondance avec sa famille de son oncle, jeune professeur d’histoire « affecté d’office » à Constantine en pleine guerre d’Algérie, de 1959 à 1962. On regrettera néanmoins qu’il manque ici une bibliographie même sélective d’un historien si prolifique de Compiègne et du Compiègnois pendant plus de 40 ans.

    Cinq études historiques variées complètent le volume : Les bénédictines transférées de Saint-Jean-aux-Bois à Royallieu, 1634-1792 (Brigitte SIBERTIN-BLANC DURAND) ; La médaille du pont de Compiègne et les dépôts de fondation sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV (Marie-Laure LE BRAZIDEC) ; L’individu et la communauté : la réforme chez les Célestins (Arthur PANIER) ; Une première expérience professionnelle à Compiègne et dans l’Oise d’un parfumeur célèbre : Pierre François Pascal Guerlain (Frédéric BONTE) ; Charles-Paul, figure illustre de Vieux-Moulin (Lionel CHANEL).


    par Jacques BERNET, publié le 11/11/2019




  • Disparition d’Emile HERISSON [1923-2019]
  • Emile Hérisson est né à Compiègne le 25 juin 1923. Il passe son enfance à La Croix-Saint-Ouen, où son père est ouvrier menuisier et sa mère gérante d’une « Coopé » (un magasin du réseau de l’Union des Coopérateurs). Après l’école primaire, il poursuit ses études en internat durant 5 ans (septembre 1935 - mai 1940), à l’E.N.P. de Creil où il obtient son C.A.P. d’ajusteur, puis à Egletons (en Corrèze). Revenu à La Croix sous l’Occupation, après deux évacuations et un bombardement, il travaille comme tourneur-mécanicien à l’usine de bois Huygen (octobre 1940 - novembre 1942) et participe activement à la renaissance du sport dans la commune, avant d’intégrer le R.C.C. (Rugby Club Compiégnois).

    Requis comme manœuvre en novembre 1942 mais réfractaire au S.T.O. en mars 1943, il entre d’abord dans la clandestinité – période où il sera, entre autres, ouvrier agricole dans une ferme à Heudicourt – puis, en janvier 1944, dans la Résistance active, en tant que membre du Front National. Bientôt agent de liaison de l’organisation et combattant F.F.I., il échappe de peu, à deux reprises, à l’arrestation et participe à plusieurs opérations de sabotage et d’action armée. A la Libération, après avoir travaillé comme tourneur dans un garage à Compiègne, il passe 3 ans comme engagé volontaire dans l’Armée de l’Air (avril 1945 - janvier 1948), où il intègre et suit des stages d’éducation physique et sportive.

    Après un autre stage de moniteur, il travaille bientôt auprès d’enfants en difficulté au sein de plusieurs maisons d’enfants de L’Entr’aide française : La Brévière à Saint-Jean-du-Bois (mai - octobre 1948), La Sapinière à Moret-sur-Loing (octobre 1948 - septembre 1949), Les Enfants heureux à Valence-en-Brie (septembre 1949 - novembre 1950). Se rapprochant de Compiègne où il joue toujours tous les dimanches dans l’équipe de rugby, il intègre ensuite, en tant qu’éducateur, l’H.E.I.F., un centre pour adolescents, cas sociaux ou jeunes délinquants, à Longueil-Annel, où il restera 5 ans (novembre 1950 - juin 1955). Durant toute cette période, il encadre, entre autres activités, des randonnées itinérantes et des colonies de vacances.

    Entre-temps, il a épousé Guillemette Créquit en juin 1949, et, durant ses congés, est parti avec elle à tandem et en camping jusqu’en Hollande (juin 1951) et en Italie (juin 1952). Ils auront trois enfants et resteront longtemps adeptes du camping durant les vacances.

    En juillet 1955, il devient responsable des colonies de vacances au sein du Comité d’établissement de l’usine Renault de Billancourt (la « forteresse ouvrière », qui compte alors 36 000 travailleurs). Ses revenus sont, volontairement, ceux d’un ouvrier professionnel qualifié. En dehors de son engagement syndical à la C.G.T., qui le conduit à adhérer au M.R.A.P., au Mouvement de la Paix puis (en novembre 1957) au P.C.F., il participe aussi à la vie de la commune, Saint-Michel-sur-Orge, où sa famille a déménagé, en particulier comme président d’un Conseil de Parents d’élèves de la F.C.P.E., et pratique toujours le rugby, cette fois avec le C.O.B. (Club Olympique de Billancourt), le club créé par le C.E. Renault.

    Peu après la grande grève de Mai 68, en décembre 1968, il est appelé à prendre la direction des Services sociaux du C.E., qui emploie alors 700 personnes, dont 500 dans les divers restaurants de l’usine, et qui est aussi en charge d’une crèche et d’un jardin d’enfants, de clubs d’enfants et de jeunes, de colonies et de centres de vacances familiales, de séjours de ski et d’« arbres de Noël », ainsi que du centre de loisirs ouvert le week-end à Mennecy et d’associations sportives (C.O.B.) et culturelles (Loisirs et Culture). Ses responsabilités syndicales et politiques s’accroissent elles aussi. En 1971, il participe à la création du « Chèque vacances ». La même année, la famille déménage au Plessis-Robinson.

    A la retraite en juin 1983, après 28 années consacrées à Renault-Billancourt et aux communes où il résidait, il retrouve La Croix-Saint-Ouen où, toujours modeste mais fidèle à ses engagements pour la paix dans le monde et la justice sociale, l’éducation et la culture, la laïcité et la liberté, contre toute forme de racisme et d’obscurantisme, il poursuit ses activités et, entre travaux dans la maison, collections de timbres et de cartes postales, balades à bicyclette et voyages touristiques, il entame de multiples recherches et accumule une documentation conséquente sur l’histoire de la commune et, membre actif de l’A.N.A.C.R., sur la Résistance dans le département de l’Oise.

    La publication de plusieurs brochures jalonne cette activité : La Croix-Saint-Ouen, 1939-1945 (La vie sous l’Occupation - La Résistance), en collaboration avec Jean-Pierre Besse, publié par l’ANACR-Oise en 1989 ;? Mon village s’appelle La Croix-Saint-Ouen (Regard sur le passé, 1815-1950), publié par l’association « Arts Lettres et Culture » en 1993 ; La forêt de Compiègne et ses environs, 1940-1944, publié par l’ANACR-Oise, n° 20 de la collection « Pages de la Résistance », en 2013.

    Sur l’initiative du maire M. Jean Desessart et de son adjointe Mme Virginie Savreux, la brochure Mon village s’appelle La Croix-Saint-Ouen (comportant en annexe la brochure de 1989) sera rééditée, dans une édition corrigée et définitive, en septembre 2018, un an avant son décès, le 6 octobre 2019, au Centre hospitalier de Compiègne.

    par Patrick HERISSON, publié le 06/11/2019




  • Disparition de Daniel GUEGUEN [1949-2019]
  • Daniel GUEGUEN, maire de Berneuil-sur-Aisne, est décédé le 26 octobre 2019 dans sa 71ème année, des suites d’une longue maladie. Ses obsèques ont été célébrées en l’église de Berneuil le 31 octobre, suivies de son inhumation dans le cimetière de la commune.

    Enfant du pays comme son épouse Brigitte, il avait accompli toute sa carrière dans l’enseignement élémentaire, l’achevant comme Directeur de l’école communale de Cuise-la-Motte. Résidant depuis longtemps à Berneuil, il était entré au conseil municipal en 1995, était devenu en 2008 premier-adjoint du maire François MAHIEUX, auquel il avait tout naturellement succédé à la tête de la commune en 2014. Très engagé au service de ses concitoyens depuis de longues années, il était très apprécié dans ses fonctions, dont il n’a pu achever le présent mandat, auquel il aurait souhaité être à nouveau candidat en 2020,

    Daniel GUEGUEN nous avait sollicités en 2012 pour la réalisation d’une monographie sur l’histoire du village. Il avait activement participé au n° spécial des Annales Historiques Compiégnoises n° 129-130 paru au printemps 2013 et intitulé « Berneuil-sur-Aisne, XVIII°-XX° siècles », rédigeant lui-même un article sur « la vie communale à Berneuil-sur-Aisne, 1919-1952 ». Cette publication réalisée avec le concours de la municipalité reçut un excellent accueil dans le village, dont nous avions par ailleurs découvert le riche patrimoine, lors d’une belle excursion, le 13 avril 2013. Daniel GUEGUEN, toujours fidèle adhérent de notre Société d’histoire moderne et contemporaine de Compiègne, était resté abonné et lecteur régulier de notre revue.

    Il était un homme chaleureux, discret et modeste, d’une grande affabilité et d’une particulière gentillesse, dont nous déplorons vivement la bien trop précoce disparition. A son épouse Brigitte, à sa famille et à ses proches, notre Société tient à exprimer ses sincères condoléances.


    par Jacques BERNET, Président d’honneur de la Société d’Histoire , publié le 03/11/2019




  • Société d’Histoire locale moderne et contemporaine de Compiègne Statuts après modifications de l’AG extraordinaire du 12/10/2019
  • Article 1

    La Société d’Histoire locale moderne et contemporaine de Compiègne a pour buts :

    - l’encouragement aux recherches historiques locales et régionales.

    - L’organisation de débats donnant l’occasion à des historiens d’exposer les résultats de leurs recherches.

    - La publication d’un bulletin.

    Article 2

    La société a son siège au domicile de M. Jacques Bernet, 82 bis rue de Paris, Compiègne.

    Article 3

    Sont membres de la Société toutes les personnes qui en font la demande au bureau et paient une cotisation. Les membres majeurs et mineurs bénéficient de toutes les activités de la société et du droit de vote à l’assemblée générale annuelle.

    Article 4

    La société est dirigée par un bureau. Le bureau est élu chaque année par une assemblée générale des membres majeurs ou mineurs. Le bureau comprend un président, un secrétaire, un trésorier et au maximum neuf membres. Le bureau est responsable des réunions et travaux de la société et de la publication du bulletin.

    Article 5

    Le taux des cotisations est fixé chaque année par l’Assemblée générale.

    Article 6

    En cas de dissolution de la société, la répartition de ses actifs sera décidée par l’assemblée générale. Ses archives et documents seront transmis aux Archives départementales de l’Oise à Beauvais.

    par le Président, Jacques BERNET, publié le 14/10/2019




  • Assemblée générale extraordinaire du 12 octobre 2019
  • L’Assemblée générale extraordinaire de la Société d’Histoire moderne et contemporaine de Compiègne, convoquée par billets en date du 26 août 2019, s’est réunie le 12 octobre 2019 à 15 H 30, à la suite de l’assemblée générale ordinaire, à la BM Saint-Corneille, sous la présidence de Jacques BERNET.

    Le Président a proposé les modifications suivantes des statuts de l’Association datant de sa création en février 1978.

    1) Suppression pure et simple de l’article 3, devenu depuis longtemps caduc :

    « La Société est affiliée à la Société des Etudes Robespierristes fondée par A. Mathiez, reconnue d’utilité publique en 1936, dont le siège est situé à Paris. Elle rend compte de ses travaux à la Société nationale et lui assure un service gracieux de toutes les publications. Les membres de la Société des Etudes Robespierristes peuvent participer à toutes les activités de la Société d’histoire locale moderne et contemporaine de Compiègne ».

    2) Modification de l’article 7 : « En cas de dissolution de la Société, son avoir sera remis à la Société des Etudes Robespierristes de Paris et ses documents déposés à la Bibliothèque Municipale de Compiègne »

    remplacé par :

    « En cas de dissolution de la Société, la répartition de ses actifs sera décidée par l’Assemblée générale. Ses archives et documents seront transmis aux Archives départementales de l’Oise à Beauvais ».

    Après un débat approfondi, cette suppression de l’article 3 et la nouvelle rédaction de l’article 7 ont été adoptées par 21 des 22 présents et une abstention.

    Présents : Alain JM BERNARD, Jacques BERNET, Bertrand BRASSENS, Marie-Hélène CORDINA, Evelyne FIZE, Margaux GUILBERT, Hervé GURDEBEKE, Frédéric GUYON, Rémi HEBERT, Morgan HINARD, Olivier KOVAL, Céline LAURENT-REIG, Danielle LEFEBVRE, Christian MAX, Jeanine MAX, Marc PILOT, Catherine PINEL, Didier PLACET, Jean POLAK, Vincent REIG, Sophie SCHWARTZ, Antoine TORRENS.

    Absents excusés : Monique BESSE, Didier DUMAY, Simone MEYSSONNIER.

    par le Président, Jacques BERNET, publié le 14/10/2019




  • Assemblée générale ordinaire annuelle du 12 octobre 2019
  • La 43ème assemblée générale ordinaire annuelle de la Société d’Histoire moderne et contemporaine de Compiègne s’est tenue dans la salle le Chatelier de la Bibliothèque Municipale de Compiègne, samedi 12 octobre à 14 H 30, en présence de 22 membres, sous la présidence de Jacques BERNET.

    La séance s’est ouverte par un hommage à nos membres ou proches disparus la saison dernière : Christian GUT, Alain PILOT, Corinne LEROUGE, Claude GOUIGOUX, Paul-Emmanuel DESIRE et Emile HERISSON.

    Le président a présenté le rapport d’activités de la saison 2018-2019, marquée par notre participation active à l’organisation du colloque du centenaire de la fin de la Grande Guerre, 1918, Finir la guerre dans l’Oise, tenu les 2-3 novembre 2018 aux salles Saint-Nicolas à Compiègne. Nous avons par ailleurs proposé à notre public 7 conférences mensuelles d’octobre 2018 à septembre 2019, dont trois communes avec la Société Historique de Compiègne, deux excursions les 12 et 25 mai à Creil et Haramont (02). Au titre des publications, deux livraisons des Annales Historiques Compiégnoises n° 151-152 sur le thème de l’Education, paru à l’automne 2018 et n° 153-154, « Acteurs politiques de l’Oise au XX° siècle », au printemps 2019. Nous avons aussi contribué à l’édition des Actes du colloque de Clermont de 2016, Etre en guerre dans l’Oise, sorti en novembre 2018. La Société a aussi présenté une communication au XV° colloque de la Fédération des Sociétés Savantes de Paris et d’Ile de France, à Villeneuve-la-Garenne et participé à une table ronde sur le rôle des Sociétés d’histoire locale à Bar-sur-Aube en mars 2019. Elle a rendu compte de ses travaux et de l’actualité historique locale par la tenue régulière de son site Internet annales-historiques-compiegnoises.fr.

    Le trésorier Jean POLAK a présenté le rapport financier pour la même période (voir le document joint). Les deux rapports ont été adoptés par l’unanimité des présents.

    Suite à la démission du Président, après 10 ans dans ses fonctions et 42 ans d’animation de la Société, ainsi que du trésorier à son poste depuis 18 ans, il a été procédé à l’élection à bulletins secrets des nouveaux Conseil d’Administration et bureau, par l’unanimité des 22 présents :

    Président d’Honneur : Jacques BERNET ; Président : Marc PILOT ; Vice-président : Vincent REIG ; Secrétaire général : Rémi HEBERT ; Trésorier honoraire : Jean POLAK ; Trésorière et gestionnaire du site Internet : Céline LAURENT-REIG.

    Autres membres : Alain JM BERNARD, Bertrand BRASSENS, Margaux GUILBERT, Frédéric GUYON, Morgan HINARD, Olivier KOVAL, Françoise LECLERE-ROSENZWEIG, Christian MAX, Antoine TORRENS.

    Présents : Alain JM BERNARD, Jacques BERNET, Bertrand BRASSENS, Marie-Hélène CORDINA, Evelyne FIZE, Margaux GUILBERT, Hervé GURDEBEKE, Frédéric GUYON, Rémi HEBERT, Morgan HINARD, Olivier KOVAL, Céline LAURENT-REIG, Danielle LEFEBVRE, Christian MAX, Jeanine MAX, Marc PILOT, Catherine PINEL, Didier PLACET, Jean POLAK, Vincent REIG, Sophie SCHWARTZ, Antoine TORRENS.

    Absents excusés : Monique BESSE, Didier DUMAY, Simone MEYSSONNIER.


    par le Président, Jacques BERNET, publié le 14/10/2019




  • Ismaïl FERHAT (dir.), Les foulards de la discorde. Retours sur l’affaire de Creil, 1989, Editions de l’Aube – Fondation Jean Jaurès, 2019, 170 p., 19 €.
  • La publication de cet ouvrage, qui en propose les communications, a coïncidé avec la journée d’études tenue le 4 octobre 2019 à Amiens, à l’initiative du Centre amiénois de recherches en éducation et formation (CAREF) rattaché à l’Université de Picardie Jules Verne.

    Il y a trente ans, survenait « l’affaire du foulard » au collège Gabriel-Havez de Creil, établissement situé sur le plateau Rouher, quartier populaire de la ville, scolarisant quelque 800 élèves de plus de 25 nationalités. Comment trois voiles de collégiennes d’origine marocaine dans un quartier déshérité d’une commune pauvre de l’Oise ont-ils pu susciter autant de réactions, de prises de positions et de polémiques au niveau national et même international ? Les auteurs de l’ouvrage reviennent sur le contexte local et les circonstances nationales de cette affaire, s’efforçant d’expliciter les raisons d’un conflit qui n’a cessé depuis d’occuper le devant de l’actualité, concernant les questions de l’immigration, l’Islam, la laïcité et le statut des femmes. Par ailleurs 1989, année de célébration du bicentenaire de la Révolution française, mais aussi et surtout de la chute du mur de Berlin, une rupture géopolitique majeure, représente à cet égard un tournant dans l’histoire récente de notre pays.

    Ismaïl Ferhat et Julien Cahon exposent la situation de Creil à cette époque et décryptent l’embarras de l’exécutif socialiste d’alors, sous la deuxième présidence de François Mitterrand, le ministère de Michel Rocard avec Lionel Jospin à l’Education nationale. Sont ensuite étudiés les positions et les clivages des partis socialiste et communiste, des organisations laïques (Bruno Poucet), de l’Eglise catholique (Xavier Boniface) des représentants des communautés juive et musulmane (Olivier Rota, Sébastien Vida), ou des milieux intellectuels. Avec le recul historique et grâce à l’exploitation de nouvelles sources, les auteurs nous aident ainsi à mieux comprendre les origines, les dessous et les enjeux d’un débat public toujours d’actualité, qui a trouvé sa première cristallisation dans l’affaire du foulard de Creil en 1989.


    par Jacques BERNET, publié le 14/10/2019




  • Samedi 5 octobre 2019, 15 H, B.M. Saint-Corneille, salle le Chatelier, présentation et projection-débat du film « Ces traces qui restent », par son réalisateur, Olivier FELY-BIOLET
  • Cette séance commune avec la Société Historique de Compiègne, suivie par un nombreux public et particulièrement chargée d’émotion, a apporté un vif et salutaire éclairage sur le système de répression du régime nazi pendant la Seconde guerre mondiale, à partir de la reconstitution du destin singulier, resté longtemps mal élucidé, d’un jeune Compiégnois, propre cousin du réalisateur, dont il a su retrouver « les traces qui restent » dans les archives et sur les lieux successifs de son tragique parcours en 1942-1943.

    Jacques Lamotte, alors âgé de 15 ans, fut arrêté à Compiègne par la Feldgendarmerie le 14 février 1942, avec son copain de Choisy-au-Bac Maurice Bredin, pour détention illégale d’armes. Ne pouvant être jugé ni condamné en l’absence de preuves d’entrée en Résistance, mais considéré comme ennemi potentiel du Reich, il tomba sous le coup de la législation Nacht und Nebel instaurée par Hitler en 1941 pour terrifier plus efficacement les populations occupées, consistant à faire disparaître les opposants sans aucunes traces, laissant leurs proches dans une mortelle incertitude et une vaine attente. Ainsi Emilia, mère de Jacques, grande tante du réalisateur, chercha les traces de son fils et espéra son retour tout le reste de sa vie.

    Jacques Lamotte fut d’abord emprisonné hors écrou à Compiègne, à la citadelle d’Amiens puis à la Santé à Paris, avant d’être déporté le 18 juin 1942 vers le camp dit de rééducation d’Hinzert, près de Trèves, tenu par la SS, qui fut de mai 1942 à septembre 1943 un lieu de transit pour de nombreux Résistants luxembourgeois et pour quelque 1 500 déportés français placés sous le régime Nacht und Nebel. La famille de Jacques n’avait jamais pu connaître sa destination ultérieure. Les minutieuses recherches conduites dans les archives françaises, allemandes et polonaises ont permis à Olivier Fély-Brulet de reconstituer les étapes de son terrible parcours de déporté Nacht un Nebel, qui l’ont mené jusqu’en Silésie, dans l’actuelle Pologne, à proximité de Breslau, aujourd’hui Wroclav, où Jacques employé dans une sucrerie, succomba à la maladie et aux mauvais traitements en 1943.

    Si son corps inhumé en Pologne, peut-être transféré anonymement dans le cimetière français de Gdansk, n’a pour l’heure pu être retrouvé ni formellement identifié, sa mémoire a été opportunément ravivée et mise en lumière, en ajoutant son nom, aux côtés de celui de son ami Maurice Bredin, mort en déportation en mars 1945, sur le monument aux morts de Choisy-au-Bac. Le beau film documentaire d’Olivier Fély-Biolet, à la fois si personnel et pédagogique, se termine par l’évocation de l’émouvante cérémonie, où le nom de Jacques Lamotte a été dévoilé l’an passé sur le monument aux morts de Choisy-au-Bac, redonnant une nouvelle vie et toute son humanité à une jeune victime de la barbarie nazie, que son effrayante machine avait prétendu effacer.


    par Jacques BERNET, publié le 14/10/2019




  • Samedi 7 septembre, à 15 H. à la BM Saint-Corneille, salle le Chatelier, conférence de Jacques Bernet sur les architectes Jean Philippot (1901-1988) et André-Louis Guillaume (1903-1982)
  • La conférence prévue en janvier 2018 sur l’architecte Jean Philippot ayant dû être reportée, l’inauguration de l’exposition consacrée à l’œuvre de photographe de son confrère, ami et contemporain André-Louis Guillaume a été l’occasion d’évoquer la carrière parallèle de ces deux architectes compiégnois d’origine pour le premier, d’adoption pour le second, dont la fructueuse rencontre eut lieu en 1941 dans une ville sinistrée à la suite des bombardements de mai-juin 1940. La reconstruction de la ville fut confiée à l’architecte-urbaniste Jean Philippot qui en établit le plan sous l’Occupation mais ne put le mener à bien qu’après la Libération. Photographe confirmé dès avant la guerre, l’architecte André-Louis Guillaume fut chargé par le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme dirigé en 1944-1946 par Raoul Dautry, beau-père de Jean Philippot, de photographier les destructions de la guerre et la reconstruction d’après guerre dans toute la France. Il devint par la suite un des principaux collaborateurs de l’architecte en chef Philippot pour la reconstruction de Compiègne de 1949 à 1955, avant de participer comme lui à l’embellissement et à la modernisation de la ville par de nombreuses réalisations architecturales tant publiques que privées jusqu’aux années 1970.

    Notre exposé illustré d’un riche diaporama s’est efforcé de retracer les parcours parallèles et la rencontre de ces deux importantes personnalités aujourd’hui quelque peu oubliées, qui ont pourtant apporté une éminente contribution à la reconfiguration du paysage urbain de Compiègne dans l’après-guerre et à l’époque des Trente Glorieuses. Pour une étude plus approfondie, on pourra se reporter aux articles consacrés à ces deux architectes compiégnois dans le n° 147-148 des Annales Historiques Compiégnoises paru à l’automne 2017.

    Dans la foulée de cette conférence proposée conjointement par nos deux Sociétés Historique et d’Histoire de Compiègne, a été inaugurée, en présence de ses descendants, la remarquable exposition « André-Louis GUILLAUME, photographies. Le regard de l’architecte sur Compiègne (1941-1947) », une manifestation, visible jusqu’au 28 septembre, mise en œuvre par le service des Archives communales et communautaires de Compiègne, sous l’autorité de leur Directeur Frédéric Guyon. Une sélection de clichés fort suggestifs de Compiègne entre l’Occupation et la Libération donne un aperçu de l’importance du fonds photographique de l’architecte A.L. Guillaume, dont la famille vient de faire le don généreux à la Ville de Compiègne. La galerie du cloitre de la bibliothèque Saint-Corneille était le meilleur écrin pour cette présentation d’une œuvre essentielle pour le patrimoine compiégnois.


    par Jacques BERNET , publié le 18/09/2019




  • Disparition d’Emmanuel-Paul Désiré (1943-2019)
  • Emmanuel-Paul Désiré est décédé le 23 mai 2019. Maître de conférence, il avait enseigné la géomorphologie et la climatologie en licence de géographie à l'Université de Picardie Jules Verne. Il avait également cherché à développer un centre de recherche sur l'eau. Le choix était judicieux dans les années 1970, il l'est davantage aujourd'hui. Les enquêtes qu'il avait engagées ou encadrées posaient, à travers certaines entrées - agriculture, tourisme et ville - que l'eau était un problème d'abord quantitatif, un objet innovant et source d'innovations, au cœur des relations entre sciences de la nature et de la société. Ce faisant, étaient étrangement négligés la sociologie de la consommation, et certains enjeux contemporains, tels le poids des acteurs de la production et de la distribution de l'eau. Son article de 1972 sur l'introduction de la culture irriguée du maïs en Beauce était pour nous, jeunes étudiants, une excellente étude de cas, mais restera de ces points de vue une référence prémonitoire et paradigmatique.

    [https://www.persee.fr/doc/noroi_0029-182x_1972_....]

    Emmanuel Désiré a marqué des générations d'étudiants comme enseignant rigoureux et imagé. Ses talents d'auteur et de directeur de manuels scolaires ont assuré le succès de l'éditeur Belin dans le premier cycle du secondaire, au détour des années 1980. La passion qu'il portait à la cartographie, et que partageait sa femme Joëlle, cartographe de l'UPJV, l'a conduit à coordonner l'Atlas de Picardie, une œuvre marquante de l'université amiénoise. Sans certaines institutions supports qu'animait E.P. Désiré, la production et l'édition cartographique en Picardie serait longtemps restée une ambition inaboutie. E.P. Désiré avait présenté l’Atlas dans le N° 41-42 des Annales Historiques Compiégnoises (1991).

    J'avais apprécié la personnalité d'E-P. Désiré d'abord comme étudiant en climatologie, puis comme collègue, lorsque je fus quelques temps enseignant à la faculté d'Amiens dans les années 1980. J'avais répondu à sa demande de contributions à l'ouvrage de mélanges en hommage à Paul Oudart, avec un article présentant les nouvelles orientations du technopole compiégnois au tournant du millénaire. Joëlle Marchand Désiré avait réalisé, une fois de plus, l'illustration de ce papier.

    Emmanuel-Paul Désiré était des pionniers qui constituaient la génération historique de l'université de Picardie et de ceux qui ont fait la jeune UFR d'histoire et de géographie d'Amiens, avec les géographes Raymond Regrain, Emile Flament, Paul Oudart, André Fiette, Renée Caralp, Jean-Paul Moreau, Mireille Ters, Claude Klein. En prenant la Picardie comme terrain d'enquête et cible de leur démarche formatrice, ces hommes et ces femmes ont contribué à l'émergence d'élites locales, à l'identité régionale forte. Ancrés dans la géographie vidalienne, avec l'outillage de la géographie classique, ils nous ont permis d'envisager une écologie humaine.


    par Alain J-M. BERNARD, Professeur honoraire à l'UTC, publié le 07/09/2019




  • Notre nouveau numéro des AHC est disponible

  •  
    153-154 Acteurs politiques Oise XXe

    - Une grande figure du radical-socialisme dans l'Oise: Jammy-Schmidt(1872-1849)

    - Parachutages politiques dans l'Oise au XXe siècle Marcel Dassault, Jean Legendre, Robert Hersan

    - Les écoles primaires publiques de l'Oise dans la Grande guerre 1914-1918

    - La Résistance dans l'Oise à partir des demandes de cartes CVR

    - Une journée historique à la Clairière de l'Armistice : la cérémonie franco-allemande du 10 novembre 2019


    N°153-154, Printemps 2019

    10€ + port 2€
    153-154


  • Parution d'un nouvel ouvrage



  • clermontacte.jpeg Etre en guerre 1914 1918 dans l'Oise
    Actes du colloque organisé par le collectif de sociétés d’histoire et d’archéologie de l'Oise, l’ONACVG, les archives départementales de l’Oise avec le soutien de la Mission centenaire et du Conseil départemental de l'Oise.

    SOMMAIRE

    Mot d'accueil - Claude Boulet

    Introduction - Jean-Yves Bonnard

    Après la bataille, de l'hécatombe à l'hommage (Régis Moreau et Pierre Tandé)

    Commiègne d'octobre 1914 à mars 1917 : l'état sanitaire vu à travers les hopitaux ( Patrice de Lattard)

    Nourrir les civils en région de Compiègne (Vincent Reig)

    Les apports des nouveaux délais de communication des archives dans l'étude démographique des civils de la zone occupée de l'Oise (Jean-Yves Bonnard)

    Le groupe de divisions de l'entrainement (Vincent Bartier)

    Chantilly, Beauvais, Compiègne, ou les tribulations de GDG (Denis Rolland)

    Délibérer pendant la grande guerre : l'exemple du conseil général de l'Oise (Eric Dancoisne)

    Les usines de l'Oise pendant la guerre (Robert Poitou)

    Les réfugiés belges ou français dans l'Oise et les isariens en exil (Mathilde Marguerit-Houte)

    La presse isarienne pendant la guerre (Françoise Rosenzweig)

    Le role du Kameradschaftsbund der 75e (Didier Guénaff)

    L'action des evêques de Beauvais, Noyon et Senlis pendant la guerre (Philippe Papet)

    Le carnet de guerre d'Henri Barbusse (Philippe Lambs)

    Les divertissements publics à Senlis pendant la guerre (Gilles Bodin)

    Les terrains d'aviation de clermontois avant et pendant la guerre (Jacques Calcine)

    Armand Dupuis pendant la guerre : lecture de son journal (Hermine Williams)

    Les prisonniers de guerre : ces soldats dont on parle peu (Emmanuel Bellanger)

    Charles Troufleau, né à Clermont, tombé sur le front d'Orient (Roger Puff)

    Conclusion - Jacques Bernet 2018, 216p.

    20.00€