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Les récentes mises à jour

  • Samedi 1er décembre 2018 à 17 H, Bibliothèque municipale Saint-Corneille, cellier, réunion du bureau de la Société d’Histoire moderne et contemporaine de Compiègne.
  • Présents : Alain JM BERNARD, Jacques BERNET, Margaux GUILBERT, Frédéric GUYON, Rémi HEBERT, Morgan HINARD, Olivier KOVAL, Céline LAURENT-REIG, Simone MEYSSONNIER, Marc PILOT, Jean POLAK, Vincent REIG.

    1°) Le trésorier Jean POLAK a rendu compte de la situation financière globalement satisfaisante de la Société, grâce aux (ré)adhésions et (ré)abonnements, soit actuellement plus de 7 100 E., en caisse permettant de financier l’impression et envois de la prochaine revue.

    2°) Le colloque du centenaire de la fin de la Grande Guerre dans l’Oise ayant réuni une bonne centaine de participants, les 2-3 novembre 2018 aux salles Saint-Nicolas de Compiègne, a été dans l’ensemble un succès. Reste à en publier les Actes en 2019, pour lesquels nous disposons à ce jour d’un solde de trésorerie de 2 200 E, qu’il faudra compléter. Quant à l’avenir du collectif des sociétés historiques de l’Oise créé pour la commémoration 1914-1918, il a été envisagé de le prolonger avec un quatrième colloque départemental portant sur l’après-guerre 14-18, à programmer en 2020 ou 2021, à Noyon ou Crépy-en-Valois.

    3°) Le bureau a mis au point le programme définitif des conférences du 1er semestre 2019 : Didier Masseau présentera le 19 janvier son livre «Fêtes et folies à la fin de l’Ancien Régime » ; le 16 février, Margaux Guilbert évoquera des parlementaires « parachutés » dans l’Oise au XX° siècle Marcel Dassault, Jean Legendre, Robert Hersant ; le 16 mars, Julien Sapori devrait présenter le « dictionnaire Fouché » qu’il a coordonné ; le 6 avril, Alain Arnaud, Président de la Société de Villers-Cotterêts, fera le point sur la situation et l’avenir du château de François 1er, au cours d’une séance commune avec la Société Historique. Programmée le samedi 18 ou le 25 mai après-midi, l’excursion de printemps devrait permettre de découvrir les châteaux d’Haramont et Montgobert en forêt de Retz dans l’Aisne.

    4°) Outre la parution, début novembre, des Actes du colloque de Clermont de 2016, ouvrage collectif vendu 20 E, la sortie du n° 151-152 des Annales Historiques Compiégnoises comportant 5 études originales sur le thème de l’Education à Compiègne et dans l’Oise du 18ème au 20ème siècle, est prévue à la mi-décembre. Le n° 153-154 du printemps 2019 devrait être soit un n° de varias pour lequel plusieurs articles ont déjà été proposés, soit une livraison monographique consacrée à Tracy-le-Mont, réalisée en relation avec l’Association du Musée de Brosseries, dont cette commune a été le berceau dans l’Oise.

    5°) L’avenir de notre société a conduit à un débat animé et à un début de réflexion, qui devrait être prolongé au cours du reste de la saison 2018-2019. Le Président Jacques Bernet, co-fondateur et animateur la Société depuis 42 ans, Jean Polak son trésorier depuis une vingtaine d’année ont exprimé le vœu bien compréhensible d’être relayés dans leurs fonctions de plus en plus lourdes. En l’absence de candidature affirmée pour ces postes, l’option déjà envisagée d’un rapprochement organique avec la Société Historique, qui y est d’autant moins hostile que nous travaillons ensemble depuis longtemps, a paru la voie la plus raisonnable pour le maintien de notre activité, notamment la publication de notre revue semestrielle Annales Historiques Compiégnoises. Afin d’envisager les conditions et modalités de fusion de nos deux associations, le bureau a voté à l’unanimité de proposer à notre consoeur une réunion de travail commune des conseils d’administration de nos deux sociétés en janvier prochain.


    par Jacques BERNET, publié le 09/12/2018




  • Samedi 1er décembre 2018 à 15 H, Bibliothèque municipale Saint-Corneille, salle Le Chatelier, conférence de Frédéric GUYON, directeur des Archives de la Ville : le nouveau site des archives communales et communautaires de Compiègne.
  • Depuis décembre 2018, les Archives municipales de Compiègne sont désormais installées dans leur nouveau site de la ZAC des Hauts de Margny, dans un bâtiment dit du fourrier appartenant à l’ancienne base militaire d’hélicoptères jouxtant autrefois l’aérodrome de Margny-lès-Compiègne. Cette nouvelle et dernière implantation permet d’abriter et de présenter dans de bonnes conditions les archives communales de la ville, mais aussi les fonds municipaux de Margny-lès-Compiègne et ceux de l’ensemble de l’agglomération compiégnoise, de l’ancien SIVOM à l’ARC actuelle.

    Depuis leurs lointaines origines médiévales, les archives communales de Compiègne, mémoire administrative de la cité, ont connu maintes migrations au fur et à mesure de leur enrichissement. D’abord itinérantes comme le conseil de Ville, elles ont été longtemps conservées dans l’hôtel-de-Ville dont la construction remonte aux premières décennies du XVIème siècle. Menacées aux époques de troubles et guerre, comme aux XV°, XVII° et XX° siècles, elles ont été plusieurs fois déménagées de leur bâtiment historique, plus particulièrement pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale, entraînant quelques pertes, mais sans trop de destructions lors des bombardements de 1918 et 1940.

    Classées et répertoriées progressivement selon les règles régissant les fonds municipaux, ces archives historiques et administratives sont longtemps restées stockées dans le dernier étage de Hôtel de Ville, dans des conditions de conservation et d’accès devenues de plus en plus difficiles. Leurs déménagements successifs dans l’annexe de l’ancien hôtel de la Cloche puis dans des locaux adaptés au Centre du Puy-du-Roy depuis les années 1990, ont constitué un notable progrès, permettant aux archivistes municipaux d’améliorer le classement et de réaliser de nouveaux inventaires, qui ont rendu les fonds plus accessibles au public. Mais la saturation de l’espace par les apports administratifs constants, l’adjonction des archives municipales de Margny et des fonds communautaires ont imposé le choix d’un emplacement plus vaste et mieux adapté à la conservation et à la présentation des quelque 5 km linéaires que constituent présentement les archives compiégnoises.

    Comme à Reims, le nouveau site exigera du personnel et des usagers un déplacement à la périphérie de l’agglomération, desservie néanmoins par des bus urbains gratuits aux jours ouvrables. Cet inconvénient sera compensé par de meilleures conditions d’accueil du public, qui peut aussi avoir recours aux ressources croissantes mises en ligne sur le site Internet des Archives compiégnoises, comportant notamment l’intégralité des registres paroissiaux et l’état civil de plus d’un siècle, les recensements ou de la presse locale, comme le Progrès de l’Oise des années 1840 à 1970. Comme l’a bien démontré Frédéric Guyon, directeur des services d’archives de la ville, Compiègne dispose ainsi pour de nombreuses années d’un outil moderne et performant, répondant tant aux besoins administratifs de la commune, de l’agglomération ou des particuliers, qu’à la curiosité et à l’intérêt scientifique des chercheurs, historiens ou généalogistes.


    par Jacques BERNET, publié le 09/12/2018




  • Participation de la Société d’Histoire à la Collectionnoise, 23ème salon du livre d’histoire de Compiègne, 25 novembre 2018
  • Cette année encore, notre Société a tenu son stand habituel lors du salon du livre d’Histoire dit La Collectionnoise accueilli dans les salles Saint-Nicolas de Compiègne en ce dernier dimanche de novembre. Des sociétaire et membres du bureau se sont succédés pour présenter et diffuser nos publications, tant les livraisons récentes de nos Annales Historiques Compiégnoises que les publications de l’année 1918 consacrées au centenaire de la fin de la Grande Guerre à Compiègne et dans l’Oise.

    Un grand merci pour leur engagement à nos amis Jean Polak, Monique et Francis Mercier, Olivier Koval, Morgan Hinard, Marc Pilot qui m’ont accompagné et relayé pour ce rendez-vous traditionnel devenu incontournable à Compiègne, donnant l’occasion de rencontrer nos lecteurs et de mieux faire mieux connaître notre activité éditoriale.


    par Jacques BERNET, publié le 09/12/2018




  • Nouveau prolongement du tramway parisien T3b, de la porte de la Chapelle à la porte d’Asnières
  • Cap à l’ouest pour le tram parisien T3b, dont a été inauguré un nouveau prolongement, le samedi 24 novembre 2018, dans une certaine confidentialité, les « gilets jaunes » occupant le devant de l’actualité. Six ans après son arrivée à la porte de la Chapelle, ce nouveau tronçon de 4, 3 km permet à la section septentrionale du « tramway des maréchaux » de joindre directement la porte de Vincennes à la porte d’Asnières. Huit nouvelles stations desservent des sites très fréquentés comme le marché aux puces de Saint-Ouen, porte de Clignancourt, le lycée Honoré de Balzac ou la nouvelle cité judiciaire, porte de Clichy. Ouvert 7 jours sur 7 de 5 H à 1 H 30, avec un passage toutes les 4 mn aux heures de pointe, la tram remplace avantageusement les anciens bus articulés PC 3 et PC 1 sur ce parcours complémentaire, grâce aux belles rames Citadis 402 d’Alstom, qui peuvent transporter chacune 300 passagers dont 75 en places assises, et dont on attend une fréquentation quotidienne de quelque 90 000 passagers les jours ouvrables. Le T3b offre aussi de nouvelles correspondances avec les lignes de métro 4 , 13 et bientôt 14 ainsi que le RER C

    Ce progrès était annoncé et attendu depuis 2012 ; on peut seulement regretter le retard de sa réalisation, dû pour une part à la découverte d’amiante dans la chaussée, mais aussi son coût élevé : plus de 300 millions d’euros, dont 48 pour l’achat de nouvelles rames, ce qui est à peu près le prix du nouveau tramway de Besançon ouvert en 2014, un réseau de plus de 14 km avec deux lignes ! Il faut espérer que la dernière étape du T3b vers l’ouest jusqu’à la porte d’Auteuil, soit 3, 2 km et 7 nouvelles stations, dont les travaux doivent commencer en 2019, prendra moins de temps. Il restera néanmoins un « trou » du tramway des Maréchaux dans le XVI° arrondissement, le plus hostile à sa réalisation, entre les portes d’Auteuil et le pont du Carigliano, empêchant de boucler complètement la boucle du grand tour de la capitale sur rail, ce qui était autrefois réalisé par la petite ceinture ferroviaire, dont le trafic voyageurs a cessé dans les années 1930.

    Aurons-nous de nouvelles lignes de tramways dans la capitale, qui les avait complètement liquidés en 1938 ? Il est question d’un prolongement du T3 sur le Cours de Vincennes pour la correspondance avec le RER A à Nation et de faire parvenir le T 8 de Saint-Denis à la station Rosa-Park sur le T 3 b au nord-est de Paris, voire jusqu’à la porte de Vincennes en reprenant le tracé de la petite ceinture toujours subsistant, ce qui en ferait le premier véritable « tram-train » parisien sinon francilien. Ces projets et bien d’autres dépendront des finances et des choix de circulation dans Paris.


    par Jacques BERNET, publié le 09/12/2018




  • Parution d'un nouvel ouvrage



  • clermontacte.jpeg Etre en guerre 1914 1918 dans l'Oise
    Actes du colloque organisé par le collectif de sociétés d’histoire et d’archéologie de l'Oise, l’ONACVG, les archives départementales de l’Oise avec le soutien de la Mission centenaire et du Conseil départemental de l'Oise.

    SOMMAIRE

    Mot d'accueil - Claude Boulet

    Introduction - Jean-Yves Bonnard

    Après la bataille, de l'hécatombe à l'hommage (Régis Moreau et Pierre Tandé)

    Commiègne d'octobre 1914 à mars 1917 : l'état sanitaire vu à travers les hopitaux ( Patrice de Lattard)

    Nourrir les civils en région de Compiègne (Vincent Reig)

    Les apports des nouveaux délais de communication des archives dans l'étude démographique des civils de la zone occupée de l'Oise (Jean-Yves Bonnard)

    Le groupe de divisions de l'entrainement (Vincent Bartier)

    Chantilly, Beauvais, Compiègne, ou les tribulations de GDG (Denis Rolland)

    Délibérer pendant la grande guerre : l'exemple du conseil général de l'Oise (Eric Dancoisne)

    Les usines de l'Oise pendant la guerre (Robert Poitou)

    Les réfugiés belges ou français dans l'Oise et les isariens en exil (Mathilde Marguerit-Houte)

    La presse isarienne pendant la guerre (Françoise Rosenzweig)

    Le role du Kameradschaftsbund der 75e (Didier Guénaff)

    L'action des evêques de Beauvais, Noyon et Senlis pendant la guerre (Philippe Papet)

    Le carnet de guerre d'Henri Barbusse (Philippe Lambs)

    Les divertissements publics à Senlis pendant la guerre (Gilles Bodin)

    Les terrains d'aviation de clermontois avant et pendant la guerre (Jacques Calcine)

    Armand Dupuis pendant la guerre : lecture de son journal (Hermine Williams)

    Les prisonniers de guerre : ces soldats dont on parle peu (Emmanuel Bellanger)

    Charles Troufleau, né à Clermont, tombé sur le front d'Orient (Roger Puff)

    Conclusion - Jacques Bernet 2018, 216p.

    20.00€

  • Un jour historique pour la clairière de l’Armistice à Compiègne : la cérémonie franco-allemande du 10 novembre 2018.
  • Du 11 novembre à la clairière de l’Armistice dans la forêt de Compiègne, où j’avais été invité il y a quelques années avec une délégation de Huy, ville jumelée de Wallonie, j’avais gardé le souvenir désagréable d’une cérémonie interminable et compassée, très militarisée, dont l’archaïsme et le nationalisme avait d’ailleurs quelque peu surpris et choqué nos amis belges.

    A l’occasion du centenaire de l’armistice qui mit fin au cauchemar de la Grande Guerre sur le front occidental, la célébration avancée au 10 novembre après-midi a revêtu un aspect international bien différent, dont on espère vivement qu’il s’agit d’un tournant historique, tant pour le site du Mémorial de l’Armistice que pour la manière d’y commémorer le 11 novembre.

    Pour la première fois depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, la clairière des armistices du 11 novembre 1918 et du 25 juin 1940 a reçu en ce jour anniversaire du premier, la visite officielle d’un responsable allemand : la chancelière Angela Merkel y a été accueillie par le Président de la République Emmanuel Macron, au cours d’une cérémonie à la fois sobre et émouvante, où les deux chefs d’Etat et de gouvernement, après avoir passé en revue la brigade franco-allemande, embryon d’une future force armée européenne, ont dévoilé une plaque bilingue marquant par leur présence conjointe à ce centenaire le parachèvement de la réconciliation franco-allemande entamée par le général de Gaulle et le chancelier Adenauer à Reims en 1962, poursuivie à Verdun par les présidents Mitterrand puis Sarkozy et les chanceliers Kohl puis Schroeder. Ce texte de 2018 est apposé au pied de la dalle dite « sacrée » où figure l’inscription vengeresse rédigée en 1922 par le nationaliste suisse Binet-Valmer : « Ici le 11 novembre 1918 succomba le criminel orgueil de l’Empire allemand vaincu par les peuples libres qu’il prétendait asservir » ; une adresse violente d’un autre âge, fort heureusement révolu grâce au rapprochement des anciens ennemis dans le cadre de la construction européenne, garantie de la paix de notre continent sous le signe de la démocratie et de la prospérité.

    Le Président de la République ayant réservé son discours à la commémoration parisienne du lendemain matin, au pied de l’Arc de triomphe en présence de chefs d’Etat de toute la planète, la séquence mémorielle de Compiègne s’est clôturée par un beau symbole, avec l’interprétation des hymnes nationaux allemand et français par les chœurs de l’Armée française, suivis de l’hymne européen chanté par les enfants des écoles de Compiègne. Après quoi le Président et la Chancelière sont allés longuement saluer le nombreux public venu à cette belle cérémonie du centenaire largement tournée vers l’avenir.

    Cet anniversaire a été aussi l’occasion d’agrandir et de rénover le Mémorial de la clairière de Compiègne, dont la muséographie a été entièrement repensée, en replaçant le site et son histoire dans la pleine continuité du XX° siècle, où il a joué un rôle de premier plan. Ce nouveau Mémorial offre désormais aux visiteurs, au lendemain du centenaire de la fin de la Grande Guerre, une image plus conforme à l’histoire, à la fois lieu de mémoire des heurs et des malheurs de la Nation, mais aussi outil pédagogique pour mieux comprendre et apprécier les chemins tortueux de la paix retrouvée.


    par Jacques BERNET, publié le 14/11/2018




  • Colloque : 1918, finir la guerre dans l’Oise. Compiègne, 2-3 novembre 2018.
  • Le troisième colloque départemental organisé par le collectif des Sociétés historiques de l’Oise pour le centenaire de la Grande Guerre s’est tenu dans les salles Saint-Nicolas de Compiègne. Il a réuni un large public, qui a pu entendre 17 communications originales, introduites par Eric Dancoisne, Président de la Société Historique de Crépy et du Valois et conclues par Jacques Bernet, Président de la Société d’Histoire moderne et contemporaine de Compiègne. L’excellent accueil de la Ville de Compiègne, le concours du Département et de la mission Centenaire, l’investissement généreux des organisateurs et des conférenciers, qui ont su donner chacun le meilleur d’eux-mêmes, ont assuré le succès de cette manifestation prévue de longue date, incitant le collectif à envisager de nouvelles rencontres départementales dans les années à venir.

    Au terme de ces deux denses journées, nous avons pu amplement mesurer la place essentielle pour notre département de 1918, l’ultime année du Premier conflit mondial sur le front occidental.

    Renouant avec l’entrée en guerre et l’irrésistible ruée allemande ayant touché les deux-tiers de l’Oise à la fin de l’été 1914, puis laissé une soixantaine de communes du Nord-Est sous l’emprise ennemie d’octobre 1914 à mars 1917, l’année 1918 fut d’abord marquée par le retour fracassant sur notre sol de la guerre de mouvement, après trois années crispantes de guerre de positions. Libérée du front oriental par la paix de Brest-Litovsk, le Reich tenta de forcer la décision à l’ouest en lançant de puissantes offensives à partir du printemps 1918, imposant une nouvelle et redoutable invasion du nord-est de l’Oise, la menace de rupture du front au plus près de la capitale. Notre département redevint jusqu’à sa libération définitive, début septembre 1918, une zone de combats acharnés, que l’évolution des techniques de guerre, des avions aux chars de combat, rendit bien plus meurtriers et dévastateurs qu’en 1914.

    En témoignèrent les gros dégâts des bombardements terrestres et aériens ayant touché toutes les villes de l’Oise (Jean-Yves Bonnard), comme la situation précaire de zones proches des combats, tels le Valois (Régis Moreau et Pierre Tandé), le Senlisis évoqué par le village représentatif de Raray (Vincent Bartier et Morgan Hinard) ou le Clermontois, patrie du peintre combattant Claude Boulet remémoré par son neveu Claude et où, le 25 mars, le général Pershing s’engagea fermement à apporter le plein concours du corps expéditionnaire américain aux alliés (Emmanuel Bellanger). Une autre contribution moins volontaire à l’effort de guerre à l’arrière du front dans l’Oise et en Picardie fut celle de la main d’œuvre chinoise et indochinoise déportée en Europe, souvent chargée des tâches les plus rudes, exprimant l’engagement accru de l’Asie dans la Première guerre mondiale (Loan Vo Duy).

    Après une année 1917 marquée par la grave crise de confiance ayant touché les militaires comme les civils, l’échec des tentatives de paix et les premiers succès des révolutions à l’est, l’année 1918 demeura celle des épreuves, avec les gros ravages de la grippe espagnole dans une population affaiblie (Nadia Kebbach), mais aussi des incertitudes : détresse exprimée dans les correspondances conservées à Crépy–en-Valois (Eric Dancoisne), résignation et refuge spirituel comme à Senlis ou à Compiègne (Philippe Papet, Laurent Roussel), contestation de la guerre par le réveil du mouvement social (Vincent Reig) et du courant pacifiste autour d’Henri Barbusse (Philippe Lamps), ce dont la presse locale ne se fit guère l’écho (Françoise Rosenzweig).

    L’espoir longtemps différé de sortir enfin du cauchemar se dessina au tournant de l’été et l’automne 1918, avec le lent et inexorable repli des Allemands, la fin de l’occupation et des bombardements, autorisant un retour très progressif des réfugiés civils, qui découvraient des champs de ruines et de désolation. Les événements se précipitèrent fin octobre, avec la crise intérieure de l’Allemagne, ses alliés contraints de rendre les armes, faisant craindre l’effondrement du front et la révolution comme en Russie en 1917.

    Bien qu’elles aient suscité les plus vifs débats du colloque, peu de choses nouvelles, à vrai dire, ont été apportées sur les circonstances mêmes de l’armistice signé fortuitement dans une clairière de la forêt de Compiègne le 11 novembre : fallait-il prolonger le massacre pour mieux éreinter l’ennemi comme l’auraient souhaité Pétain ou Pershing contre Foch, avec des calculs géopolitiques différents ? (Magalie Domain, s’appuyant sur le témoignage du général Mordacq, Didier Dumay et Michel Dichard). La situation du pays ne permettait pas aux plénipotentiaires allemands de refuser des conditions les mettant hors d’état de reprendre les armes. L’armistice du 11 novembre traduisit l’effondrement du Reich de Guillaume II et de facto la victoire des alliés.

    Une victoire bien amère, vécue surtout comme un immense soulagement pour les contemporains épuisés, comme l’exprima l’opinion privée plus que publique à Senlis (Gilles Bodin), d’autant que si la France et ses alliés parvinrent à gagner la guerre, peut-on dire qu’ils réussirent la paix ? Les traités négociés dans leur désunion, avec la poursuite de la guerre sur les fronts orientaux, ont débouché sur de nouveaux déséquilibres de l’Europe et du monde, source de frustrations et d’orages, ayant leur part de responsabilité, vingt ans après la Der des Ders, dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

    Rien ne l’exprime mieux, à notre sens, que le Mémorial de la clairière de Compiègne, qu’en toute rigueur historique on devrait appeler « des armistices » et non du seul victorieux de 1918, qu’Hitler prétendit effacer en ce même lieu symbolique en juin 1940. Ce second armistice certes bien moins glorieux a été longtemps totalement occulté sur le site, par une étrange politique de l’autruche : il a fallu attendre 1992, pour qu’il en fût fait mention et l’on peut se réjouir que la nouvelle muséographie très réussie de 2018, et qui aura été pour la première fois présentée officiellement à un responsable politique allemand pour le centenaire du 11 novemvre, aille dans le sens d’une authentique prise en compte de l’évolution du XX° siècle. Un siècle marqué par les deux guerres mondiales, l’émergence et la chute des totalitarismes, enfants monstrueux de la Grande Guerre et de sa brutalisation, la réconciliation franco-allemande et la construction de l’Europe, engageant enfin notre vieux continent, sinon l’ensemble du monde, sur la voie d’une paix durable, sous le signe de la démocratie et de la prospérité.

    Au lendemain de l’hécatombe, les plaies de la guerre restaient à vif (Calixte Madej pour le monument de Crisolles, Cécile Pétigny sur la peinture des ruines du Noyonnais). Le centenaire de la Grande Guerre en a ravivé la mémoire, nécessairement et heureusement plus apaisée, non pour effacer et oublier les douleurs ni se complaire dans ses horreurs, mais bien plutôt en sachant prendre suffisamment de hauteur pour en tirer les leçons et mesurer les bienfaits de la paix retrouvée.


    par Jacques BERNET, publié le 12/11/2018




  • Assemblée générale ordinaire annuelle de la Société d’Histoire de Compiègne, 20 octobre 2018
  • La 42ème assemblée générale annuelle de la Société d’Histoire moderne et contemporaine de Compiègne s’est tenue dans la salle Le Chatelier de la BM Saint-Corneille de Compiègne, samedi 20 octobre 2018 à 15 H 30, en présence de 24 membres, sous la présidence de Jacques BERNET.

    La séance s’est ouverte par un hommage à nos trop nombreux membres disparus la saison dernière, Claude GRIMAL, Jean Paul MEURET, Françoise MARTINS et tout récemment Martine FOURNIER, Jean MEYSSONNIER.

    Le président a présenté le rapport moral de la saison 2017-2018, marquée par le 40ème anniversaire de notre Société, que nous avons célébré en mai dernier. Nous avons proposé au public 6 conférences, 2 excursions et une journée d’études le 19 mai consacrée au 50ème anniversaire des événements de mai-juin 1968. Outre la publication de deux livraisons de nos Annales Historiques Compiégnoises, répondant à une demande municipale, nous avons apporté notre plein concours à la réalisation de l’ouvrage Compiègne, Images de la Grande Guerre, coordonné par notre secrétaire général Marc PILOT. Par ailleurs la société a vu ses recherches et ses vœux déboucher sur l’inauguration, le 7 septembre 2018, du rond point Gaston et Jean Stra, rendant hommage à ces deux architectes du cru.

    Le trésorier Jean POLAK a présenté le rapport financier pour la même période [voir le document joint]. Les deux rapports ont été adoptés par l’unanimité des présents, après débats.

    Le Président a rappelé les perspectives de la prochaine saison d’activités, avec l’échéance proche du colloque des 2-3 novembre 2018 à Compiègne, 1918, finir la guerre dans l’Oise, marquant le centenaire de l’armistice de 1918 signé dans la célèbre clairière de la forêt de Compiègne.

    L’actuel bureau de la Société a été reconduit dans son intégralité, en attendant un plein renouvellement lors d’une assemblée générale exceptionnelle d’ores et déjà programmée en janvier 2019.

    L’AG avait été précédée à 14 H 30 d’une séance commune avec la Société Historique de Compiègne consacrée à la présentation du livre Compiègne, Images de la Grande Guerre par Marc Pilot et les autres auteurs présents, un ouvrage collectif qui rencontre un franc succès depuis sa sortie en juin 2018.

    Le Président Jacques BERNET

    Présents : Alain JM BERNARD, Jacques BERNET, Monique BESSE, Bertrand BRASSENS, Hervé GUDERBEKE, Margaux GUILBERT, Frédéric GUYON, Rémi HEBERT, Morgan HINARD, Claude HODIN, Céline LAURENT-REIG, Danielle LEFEBVRE, Thérèse LIGNON, Alain MARCHOIS, Henri MARTINS, Christian et Janine MAX, Monique MERCIER, Simone MEYSSONNIER, Marc PILOT, Didier PLACET, Jean POLAK, Vincent REIG, Antoine TORRENS.

    Bilan des comptes de la Société d’Histoire moderne et contemporaine de Compiègne, arrêté au 12 octobre 2018

    Recettes :

    Cotisations 1 400 E

    Abonnements 2 305.05 E.

    Ventes revues en librairie 2 075.20 E.

    Subventions

    - CD Oise : 2018 420)

    - Ville de Compiègne 646) 2 366 E.

    - Ville de Compiègne centenaire 1300)

    Divers

    - Remboursement repas 148 )

    - Excursion Blérancourt 220 )

    - Intérêt Caisse d’Epargne 16.91) 384.91 E.

    Edition

    - Vente d’ouvrages du fonds 337 E

    TOTAL des RECETTES 8 868.16 E.

    Solde de l’exercice précédent 5 524.33 E

    TOTAL GENERAL à reporter 14 392.49 E 14 392.49

    Dépenses :

    Imprimerie 5 507.10 E.

    Excursions 285, 50 E.

    Cotisations

    Fédération Paris : 50 E.)

    Collectif Oise 14-18 : 475 E.) 525 E.

    Frais d’organisation manifestations

    Repas du 40ème anniversaire 250 E)

    Déplacements centenaire 200 E.) 450 E.

    Frais d’administration 229.75 E.

    Assurances 174.20 E.

    Edition (remboursement livres) 284.60 E.

    Frais d’envoi PTT 1 330.50 E.

    TOTAL des DEPENSES 8 786, 66 E. 8 786.66 E

    SOLDE DISPONIBLE 5 605. 83 E.

    - Livret Caisse d’Epargne 5 229.49 E. 5605.83 E.

    - Compte BNP 376.34 E

    Fait et arrêté, à Compiègne, le 12 /10/ 2018, Approuvé par l’AG du 20/10/2018 à l’unanimité.

    Le trésorier Jean POLAK.


    par Jacques BERNET, publié le 31/10/2018




  • Disparition de Jean MEYSSONNIER [1929-2018]
  • Notre sociétaire Jean Meyssonnier est décédé le 12 septembre 2018 à l’hôpital de Noyon, à près de 89 ans et a été incinéré dans l’intimité familiale à Saint-Sauveur.

    Il était né à Manosque (Hautes-Alpes) le 29 septembre 1929, mais passa son enfance et son adolescence à Alger, où avaient été mutés en 1936 ses parents enseignants au lycée français de Salonique. Son père mobilisé en 1940, Capitaine de Tirailleurs Algériens, fut tué en juin sur la Loire à Beaugency. Elève au lycée Bugeaud, Jean intégra l’Ecole supérieure d’électricité (aujourd’hui Centrale-Supélec) dont il fut diplômé en 1954. Il obtint son premier emploi à l’EGA (Electricité et Gaz d’Algérie) et se maria avec Simone, professeure à Alger, en 1955. En 1956, prévoyant l’indépendance de l’Algérie, ils quittèrent le pays en pleine guerre pour s’installer à Montbelliard (Doubs), où Jean fut ingénieur chez Peugeot. Deux enfants naquirent, François et Pierre. En 1964, Jean fut embauché chez Colgate-Palmolive à Compiègne, où il termina sa carrière et la famille s’installa à Lacroix-Saint-Ouen en 1975. Jean s’engagea comme Président des conseils de parents d’élèves de l’Oise, dans le Parti Socialiste et aux élections municipales de Lacroix-Saint-Ouen.

    Passionné d’histoire, il était l’un des plus anciens membres de notre société, à laquelle il avait adhéré dès 1978, avec Simone, professeure de sciences économiques et sociales aux lycées Mireille Grenet puis Pierre d’Ailly de Compiègne et à l’UTC. Il a été longtemps très assidu à nos conférences et fidèle lecteur de notre revue, tant que sa santé le lui permit.

    A son épouse Simone, à ses fils François et Pierre, à sa famille et à ses proches, notre société présente ses sincères condoléances.


    par Jacques BERNET, publié le 09/10/2018




  • Mémoires de la Fédération de Paris et d‘Ile de France, - Tome 69, 2018, 244 p., 25 €.
  • Dans ce riche volume de varia, nous nous réjouissons de la publication de la belle contribution de notre sociétaire et ami Morgan HINARD, membre du bureau de la Société d’Histoire moderne et conteporaine de Compiègne : Construction seigneuriale et affirmation d’une identité nobiliaire : l’exemple des seigneurs et de la seigneurie de Raray (XV°-XVII° siècles). L’histoire rurale francilienne est aussi illustrée par des articles de Michèle JAFFRET sur les fermes royales dans le Grand Parc de Versailles (1700-1789) et d’Yves PERILLON sur une grande école d’ingénieurs, l’AgroParis Tech de Grignon, établie par Charles X en 1826, qui devrait quitter son site historique pour le plateau de Saclay en 2019. Cette livraison commémore également le connétable Anne de Montmorency à l’occasion du 450ème anniversaire de sa disparition (André DUCHESNE), les morts de la Grande Guerre à Montesson (Catherine LECOMTE) et le cardinal Lustiger, auquel un colloque a été consacré dix ans après sa mort en 2007 (Benoit PELLISTRANDI). Eragny dans le Val d’Oise a été marquée au XVIII° siècle par la présence de Bernardin de Saint-Pierre, l’auteur de Paul et Virginie, évoqué par Odile CAFFIN-CARCY ; Hubert DEMORY nous fait découvrir le Parisien Adolphe DUMAS, poète et auteur dramatique moins connu que son homonyme et contemporain Alexandre, ainsi que le téléphone en 1890. Catherine LECOMTE présente les médailles frappées à la gloire de Louis XIV et Antoine MAES décrit le lutrin de l’église Saint-Martin-du-cloître à Paris, œuvre méconnue de Jean-Baptiste Tuby en 1716 ; une fine étude de Jérôme POZZI concerne enfin les relations du général de Gaulle avec les parlementaires parisiens (1958- 1969).

    La diversité et la richesse des recherches menées sur l’histoire parisienne et francilienne caractérisent ce nouveau volume de la Fédération intégralement consacré aux périodes moderne et contemporaine.


    par Jacques BERNET, publié le 04/10/2018




  • Les Yeux fardés, Lluis Llach, 380 pages, 8,90e, Babel, mai 2017
  • Lluís Llach est un chanteur espagnol né le 7 mai 1948 à Gérone. Il est une des figures de proue du combat pour la culture catalane contre le franquisme. Les Yeux fardés est son premier roman. Roman obligatoirement militant, mais aussi très touchant. Il nous raconte l’histoire d’amour de deux jeunes garçons à Barcelone pendant la guerre civile espagnole. L’histoire monte en puissance au fil des pages et on s’attache de plus en plus à ses personnages, depuis leurs émois d’abord adolescents pleins d’espérance avec la proclamation de la nouvelle république jusqu’à la violence de leur amour face à la cruauté de la guerre, de la défaite et de la dictature. La petite comme la grande histoire y est narrée sans compromis ni concessions. L’auteur impartial pointe les défauts des deux camps républicain et franquiste et magnifie la résistance des êtres qui ne renoncent à rien pour aimer, être libre ou simplement vivre.

    par Céline Laurent-Reig, publié le 12/09/2018




  • Notre nouveau numéro des AHC est disponible

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    149-150 Les années 1960 Oise-Compiègne

    - Le député-maire Jean Legendre (1906-1994)

    - Michel Woimant (1932-2016)

    - L'année 1968 dans la presse de l'Oise

    - Affiches et slogans de mai-juin 68 à Compiègne

    - Mai 68 dans les lycées de Compiègne

    - Mai 1968 : Paris-Beauvais


    N°149-150, Printemps 2018

    10€ + port 2€
    149-150