Les récentes mises à jour

  • Les Yeux fardés, Lluis Llach, 380 pages, 8,90e, Babel, mai 2017
  • Lluís Llach est un chanteur espagnol né le 7 mai 1948 à Gérone. Il est une des figures de proue du combat pour la culture catalane contre le franquisme. Les Yeux fardés est son premier roman. Roman obligatoirement militant, mais aussi très touchant. Il nous raconte l’histoire d’amour de deux jeunes garçons à Barcelone pendant la guerre civile espagnole. L’histoire monte en puissance au fil des pages et on s’attache de plus en plus à ses personnages, depuis leurs émois d’abord adolescents pleins d’espérance avec la proclamation de la nouvelle république jusqu’à la violence de leur amour face à la cruauté de la guerre, de la défaite et de la dictature. La petite comme la grande histoire y est narrée sans compromis ni concessions. L’auteur impartial pointe les défauts des deux camps républicain et franquiste et magnifie la résistance des êtres qui ne renoncent à rien pour aimer, être libre ou simplement vivre.

    par Céline Laurent-Reig, publié le 12/09/2018




  • Train touristique du Beauvaisis : La nouvelle voie métrique atteint la halte de Rotangy
  • Cet été 2018 aura été particulièrement laborieux et efficace pour l’équipe de bénévoles de l’Association MTVS qui reconstruit en voie métrique l’ancienne ligne de chemin de fer entre Crévecoeur-le-Grand et Saint-Omer-en-Chaussée, soit 12 km du ci-devant itinéraire à voie normale Beauvais-Amiens, abandonné depuis 1990.

    1, 7 km de ligne avaient été posés et homologués, ouverts aux public, entre la gare de Crévecoeur et le PN de la RD 149 en 2017. La pose de voie a été activement poursuivie en 2018 sur environ 1, 5 km jusqu’à l’ancienne halte du village de Rotangy atteinte et dépassée le 5 septembre. L’équipe de bénévoles doit mettre en place dans les semaines qui viennent l’évitement de Rotangy, qui permettra de stationner les trains et de remettre la locomotive en tête du convoi venu de Crévecoeur pour le trajet de retour.

    L’achèvement de ces travaux représente une première étape décisive pour la résurrection de cette ligne désormais à vocation touristique et historique. Lorsque ce nouveau tronçon sera parachevé et officiellement homologué, le train du Beauvaisis pourra connaître une première véritable exploitation touristique sur plus de 3 km (6 km aller-retour), soit un bon quart de l’itinéraire prévu. Il disposera de deux gares à Crévecoeur et à Rotangy, entre lesquelles circuleront les trains vapeur ou diesel sur un trajet bucolique en partie boisé, comportant une rampe escaladant le plateau jusqu’au PN de la RD 149 puis l’amorce de la descente vers la vallée du Thérain, avec le franchissement sous un pont de deux routes en viaduc et de trois PN, croisant 2 chemins ruraux et la départementale Beauvais-Crévecoeur.

    Passé sous le pont en briques de Rotangy resté dans son jus, à proximité d’une ancienne chapelle, on découvre les premières maisons de ce village à l’habitat rural typique de l’Oise normande, en briques et torchis, sa charmante église en briques surmontée d’un haut clocher. A la sortie de la commune la ligne franchit la route en viaduc avant d’atteindre le village de Blicourt.

    Si les trains de travaux et d’essai ont pu déjà franchir sans encombre la voie nouvelle dans son intégralité, il faudra attendre 2019 pour l’ouverture au public de la ligne Crévecoeur-Rotangy, qui sera néanmoins présentée aux visiteurs lors des journées européennes du patrimoine des 15 et 16 septembre prochains.


    par Jacques BERNET, publié le 12/09/2018




  • Inauguration du rond point Gaston et Jean STRA à Compiègne, Vendredi 7 septembre 2018.
  • Une sympathique cérémonie s’est déroulée vendredi 7 septembre 2018 en fin d’après-midi au Petit Margny, quartier de Compiègne situé de l’autre côté de la voie ferrée, près du Grand Margny, en présence des autorités et des résidents.

    Sur la proposition qu’avait faite notre Société d’Histoire moderne et contemporaine, le conseil municipal de Compiègne a décidé de baptiser le rond point de l’avenue Alphonse Chovet, situé à l’angle des rues Boyenval et d’Alsace-Lorraine, du nom des architectes compiégnois père et fils Gaston et Jean Stra, dont le nom est intimement lié à l’histoire de ce quartier spécifique, qui a gardé tout son charme de la Belle Epoque. Né du lotissement en 1897 du terrain Dumars en 69 lots, son urbanisation avait été confiée à l’architecte Gaston Stra, qui en établit la voirie et édifia une grande partie des maisons et villas entre 1905 et 1914, dont la magnifique « Villa Blanche » du 42 avenue A. Chovet, chef-d’œuvre de l’Art Nouveau. Il habita avec sa famille au 13 avenue Alphonse Chovet. Son fils Jean, qui prit sa succession après son décès en octobre 1914, compléta son œuvre dans le quartier ; architecte municipal du grand Margny, il y construisit des écoles, un bureau de poste et des maisons. Architecte des reconstructions d’après la Première et la Seconde Guerre mondiale à Compiègne et dans le Compiégnois, Jean Stra a aussi dressé les plans des immeubles de l’entrée de la rue d’Amiens côté Margny.

    Ce lieu était donc particulièrement adapté pour rappeler la mémoire de ces deux éminents architectes, qui pendant 70 ans, de 1886 à 1956, ont fortement contribué par leur talent artistique et leur savoir faire professionnel à l’embellissement de Compiègne et de son agglomération. C’est pourquoi les maires de Compiègne et de Margny s’étaient associés pour présider cette inauguration de la plaque portant leurs noms. La préservation et l’embellissement de ce quartier paisible resté si authentique, devraient s’opérer dans le cadre plus large d’une restructuration de l’ensemble du quartier de la gare situé à cheval sur les communes de Margny et Compiègne, dans un vaste projet commun à l’échelle de l’intercommunalité de l’ARC.


    par Jacques BERNET, publié le 12/09/2018




  • Disparition de Martine FOURNIER [1948-2018] secrétaire adjointe de la Société d’Histoire de Compiègne
  • C’est avec une grande douleur que nous avons appris la brutale et bien trop précoce disparition, dans sa 71ème année, de notre dévouée secrétaire adjointe Martine FOURNIER, collègue et amie proche de plus de 30 ans, des suites d’une cruelle et foudroyante maladie, mercredi 5 septembre à Compiègne.

    Originaire d’Arras, elle avait fait ses études à l’Université d’Amiens et accompli toute sa carrière de professeure certifiée d’histoire-géographie dans l’Oise, tour à tour dans les collèges Bonsecours de Senlis et Michelet de Creil, au lycée Jules Urhy de Creil et enfin au Lycée Pierre d’Ailly de Compiègne, où elle exerça jusqu’en 2008, date de sa retraite. Enseignante de grande qualité, très écoutée et estimée, sa grande bienveillance faisait l’unanimité auprès de ses élèves et de ses collègues ; son engagement pédagogique, son dévouement sans faille lui valurent le grade de chevalier dans l’ordre des Palmes Académiques.

    Depuis son arrivée à Compiègne, Martine a été une fidèle adhérente de notre société, lui apportant d’emblée son concours actif, comme membre du bureau, depuis près de vingt ans secrétaire adjointe de l’association. A ce titre elle a été très précieuse pour le maintien de nos bonnes relations avec le lycée Pierre d’Ailly, qui a longtemps accueilli nos séances. Elle était toujours partante et particulièrement efficace pour accomplir les tâches matérielles les plus humbles, si nécessaires au fonctionnement courant d’une association, nous apportant aussi régulièrement son concours aux tâches de représentation. Elle était devenue une collaboratrice irremplaçable, en même temps qu’une amie très chère, toujours chaleureuse, authentique, lumineuse et stimulante. Son sourire, sa gentillesse, sa tolérance nous manquent terriblement. Elle laisse un grand vide auprès de sa famille, de ses proches et de ses nombreux amis.

    A son compagnon René, à sa famille et à ses proches, notre société tient à exprimer ses plus vives et sincères condoléances.

    La cérémonie d’obsèques de Martine sera célébrée le mardi 11 septembre 2018 à 10 H 30 dans l’église Saint-Paul-des Sablons de Compiègne, suivie de l’inhumation dans le caveau de famille au cimetière d’Arras dans l’après-midi.

    Les fleurs et les plaques seront remplacées par des dons au profit d’une association de chiens d’aveugles. Condoléances sur www.pffontaine.fr

    par Jacques BERNET, publié le 06/09/2018




  • Julien SAPORI, Marcher ou mourir. Les troupes italiennes en Russie, 1941-1943, Ed. Sutton, Tours, 2018, 330 p., 23 €.
  • Notre ami Julien Sapori nous propose dans ce copieux livre le passionnant récit et l’analyse lucide d’un épisode dramatique de la Seconde Guerre mondiale, forcément plus méconnu en France qu’en Italie : la participation d’un contingent allant jusqu’à 230 000 soldats italiens aux côtés de leurs alliés allemands sur le front russe de juillet 1941 à février 1943. Vassal d’Hitler, Mussolini n’avait pu s’abstenir de se joindre, avec des contingents roumains et hongrois, à cette prétendue croisade anti-bolchévik. D’abord présentée comme une promenade militaire aux côtés de la Wehrmacht jusqu’alors invaincue, la guerre contre l'URSS s’est transformée en une épouvantable tragédie devant Stalingrad, après les massives contre-attaques soviétiques de décembre 1942. Les soldats italiens en déroute furent alors contraints à une terrible retraite à pied, dans le froid et la faim, qui fit en moins de deux mois plus de 90 000 morts et disparus tués au combat, tandis que 10 000 seulement des 85 000 prisonniers de guerre revinrent des camps soviétiques après 1945.

    L’auteur se fait aussi largement l’écho des débats historiographiques et des controverses politiques ayant suivi ce traumatisme national, qui a donné lieu à la publication de nombreux témoignages des survivants et à des oeuvres littéraires de qualité ayant perpétué de manière souvent émouvante le souvenir de ces soldats transalpins, certes placés du « mauvais côté », mais aussi victimes égarées dans un conflit qui les dépassait, dont Julien Sapori nous restitue bien la complexité et les enjeux nationaux comme européens.


    par Jacques BERNET, publié le 02/09/2018




  • Samedi 01 décembre 2018 : Samedi 1 décembre 2018, 15 H, BM Saint-Corneille, salle Le Chatelier
  • Conférence de Frédéric GUYON, Directeur des Archives Municipales :

    Les nouvelles archives communales et communautaires de Compiègne

    [Séance commune avec la Société Historique de Compiègne]





  • Samedi 19 janvier 2019 : Samedi 19 janvier 2019, 14 H 30, BM Saint-Corneille, salle Le Chatelier.
  • Didier MASSEAU, professeur de littérature honoraire,

    présentera son livre : Fêtes et folies en France à la fin de l’Ancien Régime.





  • Pierre LE PAUTREMAT, L’énigme Pierre Prigent, soldat du 318ème R.I. de Quimper, « fusillé pour l’exemple », « tué à l’ennemi » et « mort pour la France à Jaulzy (Oise), le 2 octobre 1914, s.l., s.d., [2017], 91 p.
  • Notre collègue Pierre Le Pautrémat, fidèle lecteur de notre revue, a reconstitué patiemment et minutieusement le surprenant dossier d’un 2ème classe du 318ème régiment de réserve de Quimper, Pierre Prigent, né le 14 juin 1887 à Ploaré (Finistère), soudeur-boitier célibataire, « fusillé pour l’exemple » le 2 octobre 1914 à Jaulzy (Oise), alors siège de l’état major de la 61ème Division, pour mutilation volontaire et abandon de sa compagnie à la fin septembre 1914. Ce jeune réserviste de 27 ans avait connu le baptême du feu avec son régiment à la fin août dans la Somme, participé à la contre-offensive de la Marne du 7 au 10 septembre, puis aux durs combats de la rive droite de l’Aisne du 13 au 20 septembre, épisodes militaires ayant causé de lourdes pertes et un certain découragement dans une unité réputée offensive. Si d’autres cas de mutilation volontaire furent mentionnés dans la division, seuls deux soldats furent poursuivis, amenant leur condamnation à mort par le Conseil de Guerre de la 61ème Division, suivie de l’exécution immédiate du seul Pierre Prigent, son camarade Eugène Hérit du 365ème R.I. de Nantes ayant bénéficié d’une grâce présidentielle. L’auteur s’interroge légitimement sur cette différence de traitement. Le mystère s’épaissit, dans la mesure où Pierre Prigent a été officiellement transcrit, le 25 décembre 1915, comme « mort pour la France » et « tué au combat » à Jaulzy, décès ainsi transmis à sa famille et à la mairie de Ploaré, qui a inscrit son nom sur le monument aux morts du village. Il s’agirait d’une erreur administrative au niveau des services centraux engorgés du Ministère de la Guerre, plutôt que d’une volonté délibérée de ménager la famille ou la reconnaissance implicite d’une injustice. De ce fait ce soldat « fusillé pour l’exemple » au début de la Grande Guerre a bénéficié d’une réhabilitation anticipée involontaire, qui n’a pas été remise en cause après 1918, son nom figurant sur la stèle de l’église de Moulin-sous-Touvent érigée en mémoire des soldats tombés sur le territoire de Moulin-Quennevières dans la Grande Guerre.


    par Jacques BERNET, publié le 28/08/2018




  • Le Château de Villers-Cotterêts en 2017. Un témoin, un défi, Société Historique Régionale de Villers-Cotterêts, 2017, 82 pages, 20 euros .
  • Notre consœur la Société Historique Régionale de Villers-Cotterêts avait conçu et publié fin 2009 un ouvrage intitulé Le château de Villers-Cotterêts en Valois, afin d’accompagner la découverte chronologique et didactique de ce monument unique en Picardie. Probable archétype du Louvre renaissant, l’ancienne demeure royale était propriété de l’Etat (France Domaines), de la ville de Paris et pour une part infime de la ville de Villers-Cotterêts (la maison des fontainiers). Elle survivait en accueillant l’EHPAD François 1er, après avoir abrité pendant plus de deux siècles des populations déshéritées de la région parisienne. Le départ définitif de l’EHPAD au cours de l’été 2014, vers des locaux neufs mieux adaptés, ouvrit un moment d’incertitudes et d’appréhensions pour le château, dont le classement comme monument historique par Mérimée en 1843 fut entaché d’aléas jusqu’en 1997. «A l’heure de toutes les inconnues», la Société historique de Villers-Cotterêts et son président Alain Arnaud dressèrent un état des lieux, appelant à une large mobilisation pour sauver le monument. L’annonce de la décision du Président Emmanuel Macron, le 20 mars 2018, de faire de ce lieu de 23 000 M2 un centre culturel dédié à la francophonie et au rayonnement de la langue française, laisse désormais espérer le renouveau de ce site symbolique, où François 1er a imposé au royaume la langue française dans les actes officiels et les décisions de justice, par l’ordonnance Guilelmine de 1539. Le château a été confié au Centre des Monuments nationaux pour sa restauration et au Centre culturel dédié à la francophonie pour sa transformation. Des études de diagnostic ont été commandées à l’architecte en chef des monuments historiques, Olivier Weets, et l’ouverture est programmée au début de l’année 2022. D’ores et déjà, diverses manifestations tentent de vitaliser ce site comme l’un des hauts lieux d’un nouveau récit national, propre à couturer les déchirures de la société française et à fonder un désir d’avenir commun.

    La parution et la forme de la publication s’inscrivent dans ce contexte. La lecture de l’ouvrage permet de découvrir les problèmes techniques, les enjeux de restauration ou de restitution et de mesurer l’ampleur du projet présidentiel, appréhendée ici dans sa seule donnée architecturale. L’opuscule, abondamment illustré, se divise en petits chapitres ou fiches thématiques qui s’accommoderont de cheminements buissonniers : monter, boire et se laver, se chauffer, se distraire, se soigner, décéder. Il s’achève en un élargissement sur les écrins du château : le Parc royal, le domaine avec la Malemaison, la chapelle Delorme, le théâtre de Monsieur, le jeu de paume du duc d’Orléans. Des encadrés suggèrent des axes d’interventions, comme replacer Villers dans la dynamique bâtisseuse de la première Renaissance française et des cibles à privilégier, tel le petit escalier du Roi.

    Ressort une idée simple in fine : le long usage asilaire a pérennisé la demeure en y laissant ses marques. Diverses furent les populations abritées à Villers-Cotterêts, avec la parenthèse de l’hôpital des armées N° 22 entre 1915 et 1919, dont témoigne la grande croix rouge décolorée à l’entrée du Logis. A cet égard, les fonds d’archives récupérés (pp. 44 à 47) constitueront une mine d’informations et d’analyses sociologiques pour les chercheurs et historiens de la société parisienne. Mais «l’archéologie visible» appelée par nos confrères témoigne qu’entre restaurations diverses, aménagements fantasques (p. 21), et grave manque d’entretien, des vestiges disparaissaient, alors que d’autres surgissaient, tel le numéro national contre la maltraitance des personnes âgées ou handicapées (p. 43). Ces diverses traces questionnent leur prise en charge historiographique et muséale, comme en atteste la généalogie des sens et des usages de l’enceinte du parc (p. 61). S’impose dès lors une conclusion : le château, avec son «inventaire intellectuel disparate», est «une forme d’énigme», «un témoin et un défi».

    Par cette utile publication, la Société historique de Villers-Cotterêts s’inscrit dans la chaîne de ces érudits locaux qui ont cherché, pendant 150 ans, à faire connaître et sauver le château et son parc. L’inscription de ce patrimoine à l’agenda présidentiel devrait satisfaire bien des acteurs qui ont contribué à ériger en lieu de mémoire la ville de Villers-Cotterêts en ses attributs. Et quoi qu’encore flou, le projet culturel devrait contribuer à redynamiser un territoire travaillé par les votes protestataires.


    par Alain JM. BERNARD, publié le 17/07/2018




  • Disparition de deux grands historiens modernistes : Alain LOTTIN [1935-2017], Pierre RETAT [1932-2018]
  • Alain LOTTIN nous a quittés le 25 décembre 2017 et a été inhumé à Lille le 2 janvier 2018. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il avait accompli une brillante carrière d’enseignant-chercheur et d’administrateur universitaire dans le Nord-Pas-de-Calais : Professeur d’histoire moderne à l’Université de Lille III, il en fut élu Président en 1986, avant de fonder en 1991 l’Université d’Artois, qu’il présida jusqu’à sa retraite en 2000. Il fut l’un des meilleurs spécialistes des Pays-Bas espagnols puis français aux XVI°-XVII° siècles, de l’époque de Philippe II à Louis XIV. Sa thèse d’Etat soutenue en 1981 : Lille, citadelle de la contre-réforme, 1598-1668 ? témoignait de son double intérêt pour l’histoire religieuse et urbaine, qu’il déclina dans une œuvre plurielle considérable, allant de la crise iconoclaste de 1566 aux Pays-Bas à la naissance et au développement des villes minières de la région, sans oublier ses larges synthèses sur l’histoire de Lille, des provinces françaises du Nord et « Deux-mille ans du Nord-Pas-de-Calais ». Il lança dans les années 1980 une série d’histoires urbaines du Nord de la France aux Presses Universitaires de Lille, poursuivies sous sa direction par les Editions des Beffrois à Dunkerque.

    C’est dans ce cadre qu’Alain Lottin me sollicita en 1984 pour entreprendre une histoire de Compiègne, pour laquelle nous constituâmes une équipe d’historiens issue des deux Sociétés Historique et d’Histoire de la ville, coordonnée par Elie Fruit. L’Histoire de Compiègne publiée en 1988 avec une double préface de Jean Legendre et Philippe Marini est devenue un ouvrage de référence pour notre ville, depuis longtemps épuisé. Devenu maître de conférences en histoire moderne à l’Université de Valenciennes à partir de 1994, j’eus souvent l’occasion de retrouver Alain Lottin dans le Nord et participai bien volontiers au volume Société et religion en France et aux Pays-Bas, XV°-XIX° siècles. Mélanges en l’honneur d’Alain Lottin, publié par les Presses de l’Université d’Artois, à l’occasion de son départ en retraite en 2000.

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    Pierre RETAT est décédé le 17 juin 2018 dans sa 86ème année. Agrégé de Lettres, Professeur à l’Université de Lyon II, membre de son centre d’Etudes du XVIII° siècle, il était un éminent spécialiste de la presse hexagonale et européenne en langue française au XVIII° siècle et sous la Révolution française. Il avait soutenu en 1969 une thèse d’Etat sur Le Dictionnaire de Bayle et les luttes philosophiques au XVIII° siècle. Ayant des attaches avec Compiègne, où il avait commencé sa carrière enseignante dans le secondaire, il y était revenu, à l’âge de la retraite, en 2002, présenter avec sa femme Laudyce une brillante conférence devant la Société Historique : « Les chasses royales en forêt de Compiègne sous le règne de Louis XV, d’après la presse périodique », dont le texte a paru dans le Bulletin de la Société Historique de Compiègne.

    Notre Société présente ses sincères condoléances aux familles éprouvées de nos deux éminents collègues disparus.


    par Jacques BERNET, publié le 27/06/2018




  • Parution d'un nouvel ouvrage



  • couv.png Compiègne, Images de la grande guerre
    Un livre écrit sous la direction de Marc Pilot, secrétaire de la Société d’histoire moderne et contemporaine de Compiègne, avec la contribution de Jacques Bernet, Jean-Marc Binot, Jean-Yves Bonnard, Jean-Pierre Duterne, Frédéric Guyon, Guillaume Roignant, Sophie Davril

    RESUMÉ

    Ce livre raconte, à partir d’archives photographiques, les épisodes marquants de Compiègne pendant la Grande Guerre.

    De l’évocation de Georges Guynemer, héros du roman compiégnois ou de l’incroyable crash du Zeppelin L-17 en plein ciel compiégnois, de l’histoire passionnante de Compiègne, Ville hôpital, à la pointe des découvertes médicales de son siècle, sans oublier la signature de l’Armistice, des photos surprenantes et parfois inédites raconteront le fabuleux destin de Compiègne durant ces quatre années de guerre.

    C’est un recueil d’une centaine de pages, largement illustré, que la Ville de Compiègne a souhaité accessible et grand public.

    2018, 140p.

    18.00€

  • Notre nouveau numéro des AHC est disponible

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    149-150 Les années 1960 Oise-Compiègne

    - Le député-maire Jean Legendre (1906-1994)

    - Michel Woimant (1932-2016)

    - L'année 1968 dans la presse de l'Oise

    - Affiches et slogans de mai-juin 68 à Compiègne

    - Mai 68 dans les lycées de Compiègne

    - Mai 1968 : Paris-Beauvais


    N°149-150, Printemps 2018

    10€ + port 2€
    149-150