Les récentes mises à jour

  • Samedi 16 juin 2018 : Samedi 16 juin 2018 après-midi : Excursion à Nampcel (60), berceau de la famille Saint-Just, village du front pendant la Première guerre, reconstruit par l’architecte Jean Stra dans les années 1920.
  • RDV place de l’église à 15 H.

    [Excursion commune avec l’Association de Sauvegarde de la Maison de Saint-Just à Blérancourt ; possibilité de déjeuner commun au Griffon à Blérancourt avant l’excursion] [inscription obligatoire au repas]



  • Samedi 13 octobre 2018 : Samedi 13 octobre 2018, 14 H 30, BM Saint-Corneille, salle Le Chatelier Assemblée général ordinaire de la Société.
  • Présentation de l’ouvrage collectif « Compiègne, images de la Grande Guerre » par Marc Pilot, coordinateur de l’équipe rédactionnelle.





  • Disparition de deux professeurs de philosophie du lycée Pierre d’Ailly : Marianne LAPEYRE de CABANES (1960-2018) Marc SCHMITTER (1946-2018)
  • La section de philosophie du Lycée Pierre d’Ailly de Compiègne a été bien éprouvée en ce mois d’avril 2018, avec la disparition presque concomitante de deux enseignants bien connus de l’établissement.

    Disparue le 11 avril, à l’âge de 57 ans, Marianne Lapeyre de Cabanes née Brocheux, ancienne élève de l’ENSIF (Sèvres), agrégée de philosophie, enseignait en classe préparatoire littéraire depuis 1992. Elle avait adhéré à notre Société dès son arrivée à Compiègne. Elle était un professeur très écouté, particulièrement consciencieuse et estimée de ses élèves comme de ses collègues.

    Décédé le 16 avril à l’hôpital de Lille, Marc Schmitter, ancien élève de l’ENS Ulm, aussi agrégé de philosophie, était arrivé au lycée Pierre d’Ailly à la rentrée de septembre 1973. Il y avait accompli l’essentiel de sa carrière, sauf ses deux dernières années au lycée Marie Curie de Nogent-sur-Oise, jusqu’à sa retraite en 2006, où il était resté à Compiègne. C’était un homme d’une grande culture, très attaché à sa mission d’enseignant, ne laissant personne indifférent dans la communauté éducative. L’ayant eu comme collègue pendant vingt ans, je me suis beaucoup enrichi intellectuellement à son contact, dans un domaine qui m’était forcément moins familier que l’histoire.

    A leurs familles éprouvées, à leurs proches, notre société présente ses sincères condoléances.


    par Jacques BERNET, publié le 26/04/2018




  • Réunion du bureau de la Société d’Histoire de Compiègne, samedi 21 avril 2018 à 17 H, BM Saint-Corneille, après la conférence de Frédéric Seitz.
  • Présents : Alain J.M. BERNARD, Jacques BERNET, Martine FOURNIER, Margaux GUILBERT, Remi HEBERT, Morgan HINARD, Olivier KOVAL, Marc PILOT, Jean POLAK, Vincent REIG.

    Absents excusés : Eric BLANCHEGORGE, Frédéric GUYON, Céline LAURENT-REIG, Christian MAX, Françoise ROSENZWEIG.

    1°) Dans son rapport financier, le trésorier Jean Polak a souligné le redressement des finances de l’association : avec 5 600 E en caisse et l’annonce d’une subvention municipale exceptionnellement augmentée à près de 2 000 E. en cette année du centenaire de l’armistice, nous devrions faire face à nos prochaines échéances : journée d’études du 19 mai, n° 149-150 de la revue.

    2°) Le nombre d’adhérents de la société (89) est resté stable en 2018, l’érosion se poursuivant pour les abonnements à la revue (152), nous obligeant à en réduire le tirage à 450 ex. au lieu de 500, sauf n° exceptionnel.

    3°) Vincent Reig, au nom de Céline excusée, a rendu compte de la fréquentation toujours soutenue du site Internet. Nous nous heurtons toutefois à des obstacles techniques, dans nos essais pour élargir le site à de nouvelles entrées, comme le recueil de témoignages et de documents sur Mai 68.

    4°) Le programme du reste de l’année 2018 a été mis au point. Ont été précisés les contours et l’avancement de la journée d’études du 19 mai, consacrée au 40° anniversaire de notre Association et à l’évocation de l’année 1968, pour le cinquantenaire des événements de mai-juin. L’excursion a été fixée au samedi 16 juin : avec l’Association de Sauvegarde de la Maison de Saint-Just à Blérancourt nous découvrirons le proche village de Nampcel, berceau de la famille Saint-Just, marqué par les épreuves de la Première Guerre mondiale et par une importante reconstruction due à l’architecte Jean Stra. A la rentrée 2018, outre le forum des associations de Compiègne à la mi-septembre, l’AG ordinaire prévue le 13 octobre sera l’occasion de présenter l’ouvrage collectif « Compiègne, Images de la Grande Guerre », dont notre secrétaire général Marc Pilot a assuré efficacement la coordination ; le bureau lui a accordé unanimement 200 E. pour ses frais de déplacement et autres. Le 3ème colloque départemental du centenaire, « Sortir de la Grande Guerre dans l’Oise », dont nous sommes co-organisateurs, se tiendra les 2-3 novembre aux salles Saint-Nicolas à Compiègne. A la séance de décembre, commune avec la Société Historique de Compiègne, Frédéric Guyon, archiviste municipal, nous fera découvrir le nouveau visage des Archives communales et communautaires de Compiègne restructurées sur les hauts de Margny à partir de 2019.

    5°) La maquette du prochain N° 149-150 de la revue, consacré aux années 1960, dont la partie magazine est prête et les quatre principaux articles rédigés, en cours de réalisation, dans l’attente de compléments iconographiques pour l’année 1968, permet d’espérer une sortie fin mai-début juin. Pour la livraison d’automne sur le thème de l’enseignement, on souhaite disposer de l’article promis après sa conférence par Bruno Poucet, sur la genèse de la loi Debré de 1959 et l’enseignement privé en Picardie. Un article a été proposé sur la dénomination des établissements scolaires de la ville, d’autres suggérés sur l’alphabétisation des Compiégnois aux 17°-18° siècles, la société d’agriculture et l’enseignement agricole, les écoles spécialisées d’Annel et de la Faisanderie.

    6°) Le scanner à débit rapide, acquis en 2014 pour la numérisation complète de la revue et dont nous n’avons plus l’usage, sera proposé à titre de don aux Archives communales et communautaires de Compiègne, un service public dont nous bénéficions gracieusement et qui nous réserve toujours le meilleur accueil. La Société sera représentée par son Président lors de l’ouverture du Congrès du CTHS à Paris lundi 23 avril ; nos récentes publications seront présentées dans le stand de la Fédération des Sociétés Savantes de Paris et d’Ile de France à laquelle nous appartenons de longue date (1982). Nous nous réjouissons enfin de participer à la séance et au banquet auquel nous sommes invités le 5 mai, pour les 150 ans de la Société Historique de Compiègne, où je représenterai aussi la Fédération de Paris.


    par Jacques BERNET, publié le 26/04/2018




  • Nos amis publient
  • Commissaire de police et historien, Julien Sapori est l’auteur de nombreux

    ouvrages et articles traitant de l’histoire de l’Italie et de l’histoire judiciaire : Les

    troupes italiennes en France pendant la première guerre mondiale (Anovi), Crimes

    et châtiment en Picardie sous l’Ancien Régime (L’àpart), Il était une fois l’Italie de

    Mussolini (Anovi), etc.

    Sommaire

    1) Mussolini décide d’intervenir en Russie - 2) L’environnement - 3) L’avant-garde :

    le CSIR - 4) L’ARMIR : structures, hommes et moyens - 5) En route vers le Don - 6)

    Les prémices stratégiques - 7) Désastre sur le Don - 8) Le retour - 9) Les prisonniers

    - 10) Considérations - Épilogue) Histoire et empathie

    Caractéristiques :

    EAN: 9782813811240

    Format : 16 x 23 cm

    Reliure : souple

    Pages : 272

    Intérieur : texte et illustrations

    Parution : 2e semestre 2017

    23 €

    éditions Sutton

    6, place Jean Jaurès

    37000 Tours

    02 47 40 66 00

    http://www.editions-sutton.com Nouveauté

    2e semestre 2017


    par Webmaster, publié le 26/04/2018




  • Les architectes Gaston et Jean STRA honorés à Compiègne : un nouveau rond-point et une borne historique à leur nom, avenue Alphonse Chovet.
  • Avant même leur inauguration officielle par la Ville, nous avons découvert avec beaucoup de satisfaction que la plaque indiquant le nom du nouveau rond point Gaston et Jean Stra vient d’être posée en double face sur le lampadaire occupant le terre-plein central du rond point situé à l’intersection de l’avenue Alphonse Chovet, des rues Boyenval et d’Alsace-Lorraine, au cœur du lotissement Dumars dans le Petit-Margny, partie de Compiègne située sur la rive droite de l’Oise, au delà de la gare et de la voie ferrée. Une borne historique avec le texte que nous avions proposé aux services municipaux a été installée en même temps sur le rond-point, côté Villa blanche, la réalisation la plus remarquable de Gaston Stra dans le quartier, datée de 1905. Rappelons que ce lotissement du terrain Dumars avait été divisé en 69 parcelles donnant sur quatre rues par Gaston Stra en 1897 et que l’architecte y avait construit une grande partie des maisons à la Belle Epoque, notamment celle qu’il habitait au 13 av. A. Chovet, datée de 1908, où son fils Jean vécut également jusqu’à la Première Guerre mondiale.

    Cette reconnaissance publique est l’heureux aboutissement du travail d’histoire et de mémoire accompli par notre société sur l’œuvre remarquable de ces deux architectes père et fils à Compiègne et dans le Compiégnois de 1886 à 1956, dont les réalisations constituent des fleurons de notre patrimoine architectural des XIX° et XX° siècles. [Voir l’article paru dans n° 143-144 des Annales Historiques Compiégnoises, à l’automne 2016].

    Nous avons eu tout récemment pu prendre contact avec la descendante en ligne directe de ces deux architectes, Madame Claire STRA, fille aînée de Gabriel Stra (1913-2004), fils unique de Jean Stra et de Gabrielle Fleurant. Elle a pu nous fournir les portraits de famille qui nous manquaient et s’est montrée très heureuse de pouvoir partager avec nous ce moment commémoratif avec ce nouvel hommage de la Ville à sa famille, après le monument consacré à Fleurant Agricola en 1937. Une autre borne historique devrait aussi rappeler prochainement la belle reconstruction de l’église de Beaulieu-les-Fontaines par Jean Stra en 1928.


    par Jacques BERNET, publié le 13/04/2018




  • Samedi 21 avril 2018 : Samedi 21 avril 2018, 14 H 30, BM Saint-Corneille, salle Le Chatelier,
  • Conférence de M. Frédéric SEITZ : Gustave Eiffel, l’art de l’ingénieur.

    Gustave Eiffel a laissé un nom à la postérité, grâce à la tour qu’il a construite pour l’Exposition universelle de 1889. Constructeur audacieux d’édifices et d’ouvrages d’art dans le monde entier, promoteur des technologies nouvelles, défenseur acharné de l’industrialisation, mais aussi homme de sciences, il jette les fondements d’une pensée renouvelée de l’ingénierie.

    Son oeuvre influence fortement ses contemporains et ses successeurs, restant de nos jours d’une grande actualité.

    Cette nouvelle biographie de Gustave Eiffel permet de confronter par des approches multiples, les objectifs qui étaient les siens, ses travaux et les résultats qu’il a obtenus, avec notre regard d’aujourd’hui, et par là même de percer les mystères de la naissance et de la permanence de son mythe.





  • Samedi 21 avril 2018, 14 H 30, bibliothèque Municipale Saint-Corneille, salle Le Chatelier, conférence de Frédéric SEITZ, architecte DPLG, professeur honoraire à l’Université de Technologie de Compiègne : Gustave Eiffel, le triomphe de l’ingénieur.
  • Gustave Eiffel a laissé un nom à la postérité, grâce à la tour qu’il a construite pour l’Exposition universelle de 1889. Constructeur audacieux d’édifices et d’ouvrages d’art dans le monde entier, promoteur des technologies nouvelles, défenseur acharné de l’industrialisation, mais aussi homme de sciences, il jette les fondements d’une pensée renouvelée de l’ingénierie.

    Son oeuvre influence fortement ses contemporains et ses successeurs, restant de nos jours d’une grande actualité.

    Cette nouvelle biographie de Gustave Eiffel permet de confronter par des approches multiples, les objectifs qui étaient les siens, ses travaux et les résultats qu’il a obtenus, avec notre regard d’aujourd’hui, et par là même de percer les mystères de la naissance et de la permanence de son mythe.


    par Webmaster, publié le 03/04/2018




  • Mercredi 21 mars 2018, l’Assemblée générale annuelle de la Fédération des Sociétés Savantes de Paris et d’Ile-de-France s’est réunie à 17 H dans le cadre prestigieux de la salle des mariages de la Mairie du VI° arrondissement de Paris
  • Le président a rappelé les actions de la Fédération en 2017 : excursion à Provins, réunion des Présidents à Nanterre, tome 68 des Mémoires et il a présenté la prochaine saison : excursion à Sucy-en-Brie le 23 mai, réunion des Présidents à Pontoise en novembre, publication du tome 69 de varia des Mémoires et colloque d’histoire régionale au printemps 2019 à Saint-Maur-les-Fossés, sur le thème : « L’Ile-de-France aux origines de la Nation et de l’Etat », pour lequel un guide a été envoyé aux sociétés.

    Après l’adoption du rapport moral du Président et du rapport financier du trésorier par l’unanimité des présents, le délégué général du CTHS a présenté le Congrès annuel des Sociétés savantes, qui doit se tenir du 23 au 27 avril prochains à Paris, dans les locaux de l’INACO, 65 rue des Grands Moulins, 75013, sur le thème de la « Transmission des savoirs ». La Fédération et ses sociétés sont invitées à assister aux conférences publiques et à présenter leurs publications dans un stand commun. La nouvelle Société d’Histoire de Levallois-Perret a été admise dans la Fédération par le vote de l’unanimité des présents.


    par Jacques BERNET, publié le 27/03/2018




  • Samedi 10 mars 2018, 14 H 30, BM Saint-Corneille, salle Le Chatelier, conférence de M. Bruno POUCET, professeur en Sciences de l’Education à l’Université de Picardie Jules Verne : La loi Debré de 1959 et l’enseignement privé en Picardie.
  • Enseignant la philosophie de 1976 à 1997 en lycées privés, dont la Providence d’Amiens, Bruno POUCET a soutenu en 1996 une thèse en Sciences de l’Education portant sur l’enseignement de la philosophie en France dans le secondaire de 1863 à 1965, puis une habilitation à diriger les recherches en 2002 sur l’enseignement de la philosophie dans les établissements privés. Professeur en sciences de l’Education à l’IUFM d’Amiens puis à l’Université de Picardie Jules Verne à partir de 2007, dirigeant depuis 2012 le Centre Amiénois en Education et Formation (CAREF), il était le mieux placé pour nous expliquer la genèse de la loi Debré de 1959 et ses incidences sur l’enseignement privé en Picardie.

    Profession théoriquement réglementée par l’Etat depuis le Premier Empire dans le cadre du monopole de l’Université, l’enseignement comportait néanmoins un secteur libre toléré sous le régime de l’autorisation ou licence, mieux encadré dans le primaire par la loi Guizot de 1833, dans le secondaire par la loi Falloux de 1850, puis dans le supérieur avec la loi Dupanloup de 1875. A partir de 1880, le monopole de la collation des grades universitaires fut définitivement l’affaire de l’Etat et jusqu’en 1941 les écoles dites « libres » ne recevaient en principe aucune aide financière publique, à quelques exceptions près, telles l’Ecole Alsacienne (protestante) et Sainte Barbe (catholique) à Paris, ou des formations techniques.

    Si la loi de 1904 interdisant d’enseigner aux congrégations religieuses avait affaibli le réseau d’écoles libres très majoritairement catholiques en France, ce type d’enseignement « privé » conservait toute sa place avant la Seconde guerre, moins dans le primaire, où il ne scolarisait que 13 % des élèves, surtout des filles, que dans le secondaire où il représentait, en 1937-1938, la moitié des effectifs, soit quelque 150 000 élèves encadrés par 13 000 enseignants, pour une bonne part ecclésiastiques et religieux. La part de l’enseignement supérieur libre, avant tout les 5 Instituts catholiques de Paris, Lille, Angers, Lyon et Toulouse restait marginale. La répartition géographique des écoles libres était par ailleurs inégale : représentant 10 % en Picardie, le primaire « libre » faisait presque jeu égal avec le public en Vendée et dans l’Ouest ; le secondaire privé dans l’Oise rivalisait en revanche avec le public, avec 1 300 élèves en 1941, jusqu’à 2 000 en 1945, grâce aux subventions de l’Etat français.

    L’école « libre » en France, était avant tout confessionnelle, disposait de ses propres manuels et préparait des diplômes spécifiques, encadrée par un personnel enseignant pour une grande part ecclésiastique, prêtres mais aussi membres de congrégations sécularisées comme les Dames du Sacré Cœur, Les Jésuites ou les Frères des écoles chrétiennes.

    La gratuité de l’enseignement secondaire public adoptée à partir de 1933 et la crise des années 1930 accrurent les difficultés financières d’un secondaire « privé », que la gauche voulait remplacer par une école publique gratuite unique, et qui reçut des concours financiers providentiels mais temporaires du régime de Vichy favorable à l’enseignement catholique.

    Sous la IV° République, l’enseignement privé à nouveau dépourvu de subventions absorba pour une part l’inflation des effectifs scolaires (25 % dans le secondaire), reposant la question des aides publiques, qui furent réintroduites subrepticement, sous l’influence du MRP, par la loi Marie-Barangé de 1951 accordant des aides aux élèves de tous types d’établissements. Des négociations secrètes furent par ailleurs entreprises de 1952 à 1957 avec le Saint-Siège en vue d’un nouveau Concordat susceptible de légaliser le financement public des écoles catholiques au prix du renforcement de leur contrôle étatique.

    La V° République héritant de cette situation d’attente, trancha en décembre 1959 par l’adoption de la loi Debré, préparée avec le ministre de l’Education Nationale André Boulloche, socialiste SFIO mais aussi ancien Résistant gaulliste. Cette loi réduite à quelques articles clés, s’efforça de concilier les principes constitutionnels de la laïcité de l’Etat et du respect de la liberté de conscience religieuse, en créant un nouveau régime de l’enseignement privé, qui eut désormais le choix entre un contrat simple et un contrat d’association avec l’Etat, assorti d’un financement public des établissements et de leur personnel enseignant, en contrepartie du contrôle par l’Etat de leur programme et de leur pédagogie, tout en laissant leur « caractère propre » et leur liberté d’organisation intérieure aux établissements.

    Cette révolution dans l’organisation scolaire rencontra de fortes oppositions, tant dans le camp clérical redoutant la perte d’indépendance et l’affaiblissement du caractère confessionnel de son éducation, que dans celui des « laïques » opposés par principe à toute forme de financement public de l’enseignement privé, surtout catholique. Une décennie plus tard pourtant, 80 % des établissements privés du secondaire s’étaient placés sous le régime du contrat d’association, assurant la pérennité de nombreuses écoles tout en les rapprochant de l’enseignement public. La gauche revenue au pouvoir lors de l’alternance de 1981, échoua d’ailleurs dans sa tentative de remise en cause de la loi Debré, en tentant de lui substituer par la loi Savary la promotion d’un « grand service public de l’Education nationale » qui aurait absorbé le privé sous contrat : les manifestations massives de 1984 en faveur de la « liberté de l’enseignement » (privé), conçu avant tout comme un recours, amenèrent l’abandon du projet.

    1959 marque donc incontestablement une date clé dans l’évolution de ce qu'étaient devenus les établissements « libres ». Le premier secrétaire général du « nouvel enseignement privé » désormais sous contrat avec l'Etat fut d’ailleurs un prêtre d’Amiens. Le nombre d’établissements privés devait certes se réduire, mais la mise en œuvre de la loi permit non seulement le maintien d'un nombre non négligeable d‘entre eux, mais aussi leur modernisation aussi bien matérielle que pédagogique ; les enseignants ont par ailleurs été recrutés progressivement selon des modalités voisines de celles de leurs homologues de l'enseignement public. Pris dans le mouvement général de sécularisation, ces établissements se sont ainsi, de droit et de fait, déconfessionalisés, devenant éventuellement une voie de recours par rapport aux établissements publics (l'inverse étant bien entendu également vrai).

    La loi Debré de 1959 représente donc une véritable rupture, car c'est le moment où naquit un nouvel enseignement privé en Picardie comme ailleurs, avec des contrastes départementaux affirmés : ainsi l’Aisne et la Somme comptent chacune presque autant d’établissements privés que l’Oise bien plus peuplée, mais avec des effectifs nettement inférieurs, témoignant de la vitalité et de la plus grande solidité du privé secondaire isarien en proximité de la région parisienne, une position renforcée par la croissance du privé supérieur.

    Cette passionnante conférence, s’appuyant sur une solide érudition, fut une belle leçon d’histoire contemporaine, qui n’a pas manqué de susciter d’intéressants débats.


    par Jacques BERNET, publié le 14/03/2018




  • Notre nouveau numéro des AHC est disponible

  •  
    147-148 Les bâtisseurs du nouveau Compiègne

    - Jean Philippot (1901-1988), Architecte en chef de la reconstruction de Compiègne après 1945

    - Notice sur Jacques Philippot (1906-1942)

    - André-Louis Guillaume

    - Autres bâtisseurs du nouveau Compiègne


    N°147-148, Automne 2017

    10€ + port 2€
    147-148


  • Parution d'un nouvel ouvrage



  • IMG_0423.JPG Entrer en guerre dans l’Oise, 1914-1918
    Actes du colloque organisé par le collectif de sociétés d’histoire et d’archéologie de l'Oise,

    l’ONACVG et les archives départementales de l’Oise.

    avec le soutien de la Mission Centenaire, du Conseil général de l’Oise et de la Ville de Senlis

    Senlis, 26 et 27 septembre 2014

    SOMMAIRE

    Discours de Pascale LOISELEUR, maire de Senlis

    Discours d’Alain BLANCHARD, vice-président du Conseil Général de l’Oise

    Le colloque à Senlis, entre enjeux historiographiques et réalités locales (Philippe PAPET)

    Le département de l’Oise à la fin de la Belle Epoque (Jacques BERNET)

    L’entrée en guerre vue par la presse isarienne (Françoise LECLERE-ROSENZWEIG)

    Marcel Boulanger, un dandy à la guerre (Philippe LAMPS)

    D’Annunzio à Chantilly (Jean-Paul BESSE)

    Le comité clermontois des Dames françaises (Claude BOULET)

    Les « Scottish women of Royaumont » (Marie-France WEINER)

    L’incendie de Senlis en 1914, un événement médiatique (Gilles BODIN)

    Creil et Senlis « villes martyres » de l’invasion allemande : relecture d’un imaginaire (Mathilde MARGUERIT-HOUTE)

    Les exactions allemandes lors de l’invasion de l’Oise en 1914 (Marc PILOT)

    Faire face à la guerre : analyse du journal de Gustave Chopinet, maire de Crépy-en-Valois (30 août-31 décembre 1914) (Eric DANCOISNE)

    La cathédrale de Senlis à l’épreuve des bombardements de 1914 : bilan patrimonial et cicatrisation d’un monument (Mathieu LEJEUNE)

    L’occupation des troupes allemandes à Clermont (Emmanuel BELLANGER)

    Les hôpitaux militaires à Clermont-de-l’Oise au début de la Grande Guerre (Guy ISAMBART)

    Les six frères Bouchet (Caroline BITSCH).

    De la guerre de mouvement à la guerre de position : entrer d’une guerre à l’autre (Jean-Yves BONNARD)

    Index des noms de personnes.

    Index des noms de lieux.

    Cette publication de 183 pages, abondamment illustrée, est vendue au prix public de 25 E. (20 E. pour les membres de la Société et les abonnés à la revue + frais de port éventuels). A commander au siège de la Société d’Histoire de Compiègne, 82 bis rue de Paris - 60200 COMPIEGNE - Tel. : 03 44 20 26 52 - Courriel : jbernet@wanadoo.fr. 2015, 183p.

    25.00€