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    147-148 Les bâtisseurs du nouveau Compiègne

    - Jean Philippot (1901-1988), Architecte en chef de la reconstruction de Compiègne après 1945

    - Notice sur Jacques Philippot (1906-1942)

    - André-Louis Guillaume

    - Autres bâtisseurs du nouveau Compiègne


    N°147-148, Automne 2017

    10€ + port 2€
    147-148


  • Excursion du samedi 18 novembre 2018 après-midi à Blérancourt (02) Nouveau musée franco-américain et maison de Saint-Just
  • Cette sortie automnale avait attiré quelque 25 participants, qui ont pu découvrir, après plus d’une décennie de fermeture pour travaux et agrandissement, le nouveau visage particulièrement réussi de ce beau musée consacré aux relations franco-américaines. Celui-ci est installé depuis les années 1920 sur le site historique de l’ancien château construit par Salomon de Brosse au XVII° siècle, dont ne subsistaient plus guère que les pavillons d’entrée et les douves, tandis que les fouilles occasionnées par les travaux d’agrandissement du musée ont permis d’en exhumer les fondations et les caves. Ces découvertes archéologiques d’importance imprévue ont certes considérablement retardé l’achèvement et la réouverture du musée, d’autant qu’elles ont imposé un complet réaménagement des plans des nouveaux bâtiments. Mais on y a gagné la belle mise en valeur de ces restes monumentaux, comme l’arche d’un pont classique abandonné, dont les traces sont présentement bien visibles à l’intérieur même du nouveau musée et qui le seront par la suite davantage, grâce à un parc archéologique en plein air prévu à l’arrière des bâtiments reconstruits, afin de mettre en valeur les vestiges d’une première forteresse médiévale méconnue.

    Quant au nouveau musée franco-américain, il a non seulement été enrichi dans ses collections déjà copieuses et variées, mais il a été surtout totalement repensé dans sa présentation muséographique, désormais beaucoup plus claire et pédagogique, grâce à la mise en valeur des objets, tels une maquette de la statue de la Liberté de Bartholdi ou les bustes originaux de La Fayette et Washington présentés dans la grande salle consacrée à la guerre d’Indépendance américaine et à sa contribution française. On a fait aussi un usage efficace des moyens audiovisuels les plus perfectionnés : ainsi une glace sans tain au-dessus d’une cheminée du XVIII° siècle sert d’écran à la présentation des textes fondamentaux des révolutions française et américaine du XVIII° siècle. De nouvelles salles ont été aménagées offrant des thématiques jusque là largement inédites dans le musée, comme la relation entre Européens et Amérindiens ou les entreprises françaises dans le nouveau monde depuis le XVI° siècle.

    Bien entendu la Première guerre mondiale conserve une place de choix, dans un musée né de la volonté de la bienfaitrice Anne Morgan, qui a tant œuvré au service des populations civiles de l’Aisne pendant et après la Grande Guerre. Le musée a d’ailleurs rouvert ses portes à une date symbolique, puisque cela a coïncidé avec le centenaire de l’entrée en guerre des USA dans le conflit européen aux côté de la France et de alliés, moment commémoré par une remarquable exposition temporaire intitulée : « La Fayette nous voilà » : présentée depuis cet été, cette évocation fort pédagogique a bénéficié de prêts de divers musées de la Grande Guerre comme celui de Meaux.

    Les salles consacrées aux Arts et aux échanges culturels franco-américains, plus particulièrement aux XIX° et XX° siècles, ont été heureusement rénovées et enrichies, présentant notamment des toiles remarquables illustrant les influences mutuelles des artistes des deux rives de l’Atlantique.

    La visite sous la conduite d’une excellente conférencière n’a certes permis de découvrir qu’une petite partie des richesses de ce lieu original et emblématique, que chacun s’est promis de venir revisiter pour compléter cette première redécouverte.

    Cette sortie a été prolongée en fin d’après midi, à l’autre bout du bourg, par la visite de la maison de la famille Saint-Just, sous la conduite de notre ami Bernard Vinot, lequel fut la cheville ouvrière de la sauvegarde et de la mise en valeur de cet intéressant bâtiment rural typiquement soissonnais de la seconde moitié du XVIII° siècle. Récemment restaurée après un incendie accidentel qui en avait gravement endommagé la charpente et la toiture, la maison présente en ce moment une belle exposition temporaire sur les portraits du Conventionnel Saint-Just.


    par Jacques BERNET, publié le 29/11/2017




  • Disparition de Claude GRIMAL [1923-2017]
  • Notre co-fondateur et premier Président, Claude GRIMAL, ancien proviseur du lycée Pierre d’Ailly de Compiègne, est décédé le 13 novembre 2017 à la maison de retraite de Lamorlaye, où il résidait depuis quelques mois, à proximité de son fils Jean-Claude de Coye-la-Forêt, au sud de l’Oise. Ses obsèques devraient avoir lieu prochainement au crematorium d’Angers, après quoi il reposera à Avrillé auprès de son épouse Jeanine décédée en 2009.

    Originaire de La Ferté Bernard dans la Sarthe, il était un homme de l’Ouest, ayant fait ses études à l’Ecole Normale d’Instituteurs d’Angers puis à la Faculté des Lettres de Rennes. Devenu professeur certifié puis agrégé d’histoire, il avait longtemps enseigné dans le secondaire, avant d’achever une belle carrière administrative comme proviseur dans la Sarthe, puis dans l’Oise successivement au lycée Cassini de Clermont et au lycée Pierre d’Ailly de Compiègne, poste qu’il occupa de 1976 à 1983, avant de prendre sa retraite avec son épouse, institutrice honoraire, à Avrillé dans la banlieue d’Angers.

    Il appuya et facilita la création de notre Société d’Histoire moderne et contemporaine de Compiègne, à l’automne 1977, lorsque jeune professeur, je lui demandai l’autorisation d’ouvrir au public compiégnois un premier groupe d’histoire et d’archéologie, que j’avais créé avec des élèves et des collègues au lycée Pierre d’Ailly. Il participa ainsi pleinement à la création de notre Société, d’abord section locale de la Société des Etudes Robespierristes, qui se consacrait à l’histoire de la Révolution française, puis élargie à l’histoire locale du XVI° au XX° siècle, sous la forme définitive d’une association loi de 1901, déclarée à la sous préfecture de Compiègne en février 1978. Claude Grimal accepta d’en être le tout premier Président et un des actifs animateurs, participant à la rédaction des Annales Historiques Compiégnoises revue trimestrielle de la Société dont la première livraison parut en février 1978, grâce au matériel d’impression de l’établissement. Il défendit avec fermeté la légitimité de notre association auprès des instances locales et contribua à son implantation durable dans le paysage culturel compiégnois, grâce à l’efficacité et à la prudence de sa présidence, jusqu’à son départ à la retraite à l’été 1983. Il nous permit ainsi de tenir nos réunions dans les locaux du lycée Pierre d’Ailly, une pratique que nous avons prolongée jusqu’à une période récente.

    Claude Grimal était longtemps resté un fidèle adhérent et correspondant de notre Société, qu’il continua de soutenir depuis sa retraite dans l’Ouest. C’était un intellectuel à la fois brillant et modeste, un homme de grande qualité, élégant et chaleureux, qui est devenu au fil du temps un conseiller efficace et un proche ami, que nous avions plaisir à revoir à Compiègne ou à Angers. Il a laissé un excellent souvenir au lycée Pierre d’Ailly de Compiègne, où une salle de réunion porte toujours son nom.

    En attendant de lui consacrer une notice plus complète, nous saluons sa mémoire et adressons à sa famille et à ses proches l’expression de nos très sincères condoléances.


    par Jacques BERNET, publié le 14/11/2017




  • Céline LAURENT-REIG a présenté l’anthologie d’Arthur Chevalier : Marie-Antoinette par ceux qui l’ont connue, Grasset, Paris 2017.
  • L’auteur ayant déjà présenté dans la même collection un Napoléon par ceux qui l’ont connu, ne devrait pas avoir moins de succès avec cette nième publication sur la malheureuse reine de France, dont la popularité ne se dément pas au XXI° siècle, après deux siècles d’historiographie déjà bien remplis depuis l’époque romantique.

    Qu’apporte de neuf cette anthologie sur un personnage aussi emblématique ? Sans doute la confrontation des témoignages de ses contemporains, compensant pour une part la faiblesse des sources directes (quelque 400 correspondances conservées), permet-elle d’éclairer les faces contradictoires de la personnalité controversée de la reine, dont la fortune historiographique s’est récemment muée en une véritable peoplelisation, surtout avec la biographie de l’historienne anglaise Frazer, plaçant le destin de Marie-Antoinette dans la lignée de la tragique disparition de Diana, la prétendue « princesse du peuple » si chère au public d’Outre Manche. On peut toutefois se demander si cette falsification audacieuse nous éclaire plus sur l’histoire du XX° siècle que sur le XVIII° et la Révolution française, dont Marie-Antoinette fut à la fois le témoin et une actrice de premier plan.

    Cette optique tendancieuse a été largement reprise à son compte par la cinéaste américaine Sophia Coppola dans son récent et somptueux film sur la reine de France, qui arrête, de manière symptomatique, sa carrière au seuil de la Révolution, ce qui permet d’évacuer complètement les questions qui fâchent, à savoir le rôle politique de Marie-Antoinette et ses responsabilités dans le naufrage de la Monarchie française confrontée aux événements de 1789.

    Or force est de constater à cet égard, quelques eussent été ses qualités humaines, la reine n’avait guère la tête politique et ses interventions croissantes dans les événements se sont avérées des plus désastreuses, d’autant que Louis XVI, qui l’avait tenue jusque-là, autant que possible, à l’écart des affaires de l’Etat, céda de plus en plus à ses sollicitations au fur et à mesure que le couple royal sombrait dans le malheur.

    Trois exemples l’illustrent bien, à notre sens. 1) En juin 1789, Marie-Antoinette obtint le renvoi du ministre Necker, qui aurait dû être le prélude à la dispersion de la Constituante issue des Etats Généraux, que Necker avait le grand tort de convoquer, pour tenter de trouver une issue à l’impasse financière du régime ; cette annonce enflamma aussitôt la capitale, en proie à la crainte d’une « Saint Barthélémy des patriotes », provoquant la prise de la Bastille le 14 juillet et contraignant Louis XVI à une piteuse capitulation, faute de moyens politiques et militaires pour juguler l’insurrection. 2) L’équipée catastrophique de Varennes, en juin 1791, concoctée par Marie-Antoinette et Fersen, imposée à Louis XVI réticent, aboutit au fiasco que l’on connaît, et si Louis XVI avait réussi à passer en force la Meuse, il aurait sauvé sa tête, mais la République eût été tout simplement proclamée un an plus tôt. 3) La Constituante ayant donné une dernière chance à la monarchie et à Louis XVI blanchi par la fiction bien commode d’un prétendu « enlèvement du Roi et de la famille royale par les ennemis de la Révolution », le roi retrouva sa couronne en prêtant serment à la Constitution de 1791 ; mais au lieu d’accepter son rôle de monarque constitutionnel, il joua un double jeu et céda une fois encore aux intrigues de Marie-Antoinette, qui ne vit plus le salut de la couronne que dans l’intervention extérieure pour rétablir la monarchie absolue. Elle poussa Louis XVI a déclarer la guerre, en avril 1792, « au Roi de Bohème et de Hongrie », escomptant la défaite des armées françaises, face à celles de l’Autriche et de la Prusse ; c’est elle-même qui poussa, début août 1792, à la publication du fameux Manifeste de Brunswick, menaçant les Parisiens « de subversion et d’exécution totale », et dont le résultat immédiat fut l’insurrection du 10 août, qui mit fin à la monarchie par la prise des Tuileries et la captivité de la famille royale.

    Marie Antoinette a évidemment toujours bonne presse auprès des royalistes, qui opposent sa « fermeté » - ou son obstination – à la faiblesse et aux tergiversations de Louis XVI, qui avait la tête un peu plus politique, même si cela n’a pas été suffisant pour la lui garder. Mais on comprend qu’aux yeux des révolutionnaires et des sans-culottes « l’Autrichienne », « Mme Déficit », « Mme Veto » soit apparue comme le mauvais génie de Louis XVI, le fossoyeur de la monarchie française, le symbole même de la trahison nationale.

    Telle est la face plus sombre de la reine, malheureuse victime finale de ses propres intrigues et de ses choix politiques désastreux, mais ce n’est pas évidemment ce que retiennent ni même mentionnent les hagiographes à la Frazer ou Coppola. L’image idéalisée de Marie-Antoinette, belle, moderne, aimante, maternelle, malheureuse victime de la Révolution, restera toujours la plus forte, au moins aux yeux d’une partie du public qui préfère le roman à l’histoire, sans doute parce qu’il y place ses rêves et ses phantasmes pour mieux surmonter ou oublier les dures réalités des faits et de la vie.

    Rendons grâce à la claire présentation historiographique de Céline, qui nous a donné l’occasion de mettre en évidence les contradictions d’une personnalité fragile et redoutable, dont le destin tragique, auquel elle a elle-même largement contribué, ne laissera jamais de faire couler des larmes et de l’encre.


    par Jacques BERNET, publié le 24/10/2017




  • Réunion du bureau de la Société d’Histoire de Compiègne, Samedi 14 octobre 2017 à 17 H., BM Saint-Corneille
  • Présents : Alain JM BERNARD, Jacques BERNET, Bertrand BRASSENS, Frédéric GUYON, Rémi HEBERT, Morgan HINARD, Olivier KOVAL, Céline LAURENT-REIG, Christian MAX, Marc PILOT, Jean POLAK, Vincent REIG.

    Absents excusés : Eric BLANCHEGORGE, Martine FOURNIER, Margaux GUILBERT, Françoise LECLERE-ROSENZWEIG.

    1°) Le bureau a mis au point le tour de garde pour la tenue du stand à La Collectionnoise dimanche 26 novembre 2017 : Jacques Bernet, Jean Polak, Morgan Hinard, 8 H – 12 H ; Vincent, Céline Reig 12 H-14 H, Marc Pilot Evelyne Fize 14 H-16 H ; Frédéric Guyon, Jacques Bernet, 16 H à 18 H.

    2°) Les grandes lignes du programme de la fin de saison ont été adoptées :

    - Samedi 10 mars 2018 : conférence de Bruno Poucet sur l’application de la loi Debré de 1959 dans l’enseignement privé en Picardie ;

    - Samedi 21 avril 2018 : conférence de Julien Sapori sur le Dictionnaire Fouché, sous réserve de sa sortie ;

    - Samedi 19 mai : journée commémorant le 40° anniversaire de la Société d’Histoire et le cinquantenaire de Mai 68 : communications générales le matin, Alain Monchablon et autres ; sur Compiègne et l’Oise l’après-midi, Jacques Bernet, Simone Meyssonnier et autres.

    Pour l’excursion de printemps, elle a été fixée début juin, en commun avec l’Association de Sauvegarde de la maison de Saint-Just à Blérancourt, à Nampcel (60), patrie de la famille Saint-Just, centrée sur la Grande Guerre et la reconstruction du village après 1920. Jacques Bernet et Rémi Hébert ont été chargés de sa préparation.

    3°) Marc Pilot a rendu compte de l’avancement de la prochaine revue 147-148 à paraître cet automne sur les architectes de la reconstruction de Compiègne après 1945, Jean Philippot, André-Louis Guillaume, Claude Charpentier, le sculpteur Georges Muguet. Pour le n° 149-150 du printemps 2018, le thème des années 1960 a été retenu, avec des articles sur le député-maire Jean Legendre, une biographie de l’adjoint Michel Woimant, Mai 68 à Compiègne et dans l’Oise, le rattachement de l’Oise à la région Picardie.

    4°) Des informations ont été fournies sur la préparation du colloque des 2-3 novembre 2018 pour le centenaire de l’armistice à Compiègne. L’affiche et l’appel à communication ont été mis en ligne en septembre ; date limite du 15 décembre pour les propositions. Prochaine réunion du collectif des sociétés de l’Oise prévue en janvier 2018 à Compiègne.

    La publication des Actes du colloque de Clermont est en cours, avec l’objectif de leur avant la fin 2017.


    par Jacques BERNET, publié le 24/10/2017




  • P.V. de l’assemblée générale annuelle ordinaire du 14 octobre 2017
  • La 41ème assemblée générale annuelle de la Société d’Histoire moderne et contemporaine de Compiègne s’est tenue dans la salle Le Chatelier de la BM Saint-Corneille de Compiègne samedi 14 octobre à 14 H 30, en présence de 24 membres et de 3 excusés représentés, sous la présidence de Jacques Bernet.

    Le Président a rappelé la première séance constitutive de l’Association tenue il y a tout juste 40 ans en octobre 1977 au lycée Pierre d’Ailly, la création formelle de la Société d’Histoire moderne et contemporaine de Compiègne et son inscription au JO n’étant effective qu’en février 1978, date à laquelle nous célébrerons notre 40ème anniversaire. La séance a été ouverte par un hommage à nos sociétaires disparus : en 2016, Madeleine d’Hersigneries en septembre, Michel Woimant et Jean Liéveaux en octobre, François Bourquelot et le colonel Disant en novembre, en 2017, le Dr Jean-Philippe Amboise en janvier, Eric Walter en juin. Nous accueillons les nouveaux membres nous ayant rejoints en 2016-2017 : Morgan Hinard, Serge Son, Margaux Guilbert, Valérie Ledieu-Vallée, Brigitte Bochand-Guio, Frédéric Guyon, Gérard et Danièle Leroy.

    1) Rapport d’activités du Président :

    Au cours de sa 40ème saison la Société d’Histoire a proposé 8 conférences mensuelles, dont deux communes avec la Société Historique, à Saint-Corneille, mais aussi au Mémorial de Royallieu, à la MCA de la Croix Saint-Ouen et en l’église de Beaulieu-les-Fontaines. L’excursion annuelle du 27 mai à Vic-sur-Aisne a attiré une trentaine de participants. Nous avons aussi pris part au forum des Associations et à la Collectionnoise, en septembre et novembre 2016, adhéré au nouvel Office culturel de Compiègne. Le site Internet de la Société animé par Céline Laurent-Reig a rendu compte régulièrement de nos travaux, d’annonces et de CR de livres concernant l’histoire locale et régionale.

    Nous avons participé au 2° colloque du centenaire de la Grande Guerre à Clermont-de-l’Oise les 30 septembre-1er octobre 2016 par plusieurs communications et nous occupons de la publication des Actes prévue en 2017. Nous sommes d’ores et déjà sur la brèche pour le 3° colloque prévu à Compiègne les 2-3 novembre 2018 pour le centenaire de l’armistice. Ont paru deux livraisons de nos Annales Historiques Compiégnoises, n° 143-144, architectes du Compiégnois aux XIX° XX° siècles, n° 145-146, Les civils dans la Grande Guerre.

    Le rapport moral a été adopté par l’unanimité des présents.

    2) Rapport financier du trésorier Jean Polak : il a fait apparaître un léger bénéfice en 2016-2017, grâce à la baisse de la facture d’imprimeur, permettant la poursuite de nos activités. Le rapport a été adopté à l’unanimité des présents.

    3) Renouvellement du bureau : Simone Meyssonnier et Eric Dancoisne ayant souhaité s’en retirer, les autres membres actuels ont été tous reconduits et quatre nouveaux membres élus par un vote unanime des présents : Morgan Hinard, Margaux Guilbert, Frédéric Guyon et Olivier Koval.

    La deuxième partie de la séance a été consacrée à la conférence de Céline Laurent-Reig, qui a présenté l'ouvrage : Arthur Chevalier : Marie-Antoinette par ceux qui l’ont connue.

    Le Président, Jacques BERNET.

    Présents

    Alain JM BERNARD, Jacques BERNET, Monique BESSE, Bertrand BRASSENS, Marie-Hélène CORDINA, Evelyne FIZE, Frédéric GUYON, Brigitte GUIO, Rémi HEBERT, Morgan HINARD, Olivier KOVAL, Céline LAURENT-REIG, Thérèse LIGNON, Christian et Janine MAX, Monique MERCIER, Simone MEYSSONNIER, Denys PECRIAUX, Marc PILOT, Catherine PINEL, Jean POLAK, Vincent REIG, Monique RUELLE, Claudine SCEZEPANIAK.

    Absents excusés : Eric DANCOINE, Martine FOURNIER, Margaux GUILERT.


    par Jacques BERNET, publié le 24/10/2017




  • Jean Liéveaux (1932-2016)
  • Jean Liéveaux est né en 1932 à Laon, dans l'Aisne. Il habita cette ville jusqu'en 1951, date à laquelle il fut bachelier après avoir été élève au lycée de garçons. Cette ville l'influença beaucoup. Grâce aux nombreuses déambulations dans les ruelles médiévales de cette ville perchée sur une colline serrée autour de sa cathédrale du XIIe siècle, au contact de ces vieilles pierres, son intérêt pour l'histoire et aussi pour l'archéologie se développa. Les récits sur la Grande Guerre que son père (Georges Liéveaux) avait faite (Verdun, Chemin des Dames) le sensibilisèrent également.

    Bac en poche, il poursuivit ces études à Paris. Étudiant en histoire et géographie, son diplôme d'études supérieures, réalisé sous la direction de Monsieur Aymard, porta sur la fortune de Cicéron. Il se maria en 1958 avec Claudine Paris (1936-2015) et obtint l'année suivante le CAPES d'histoire-géographie.

    Nommé professeur stagiaire, il commença d'exercer la profession d'enseignant pendant trois semaines quand il fut appelé par l'Armée française. Après avoir fait ses classes à Noyon, il partit en Algérie. Là-bas, il fut instituteur pendant 23 mois dans un petit village nommé Kherba. Il fut ébranlé par la misère (alimentaire, vestimentaire, médicale, intellectuelle) dans laquelle vivait les enfants dont il allait s'occuper. Il réussit, par ses réseaux, à leur faire venir de l'aide matérielle et à créer une école que les enfants du village ont fréquentée. Ce premier poste, ces élèves, leurs progrès furent pour lui une expérience marquante, forte, satisfaisante bien que fortement mêlée d'amertume.

    De retour en France, avec sa femme, il furent professeurs jusqu'en 1984 dans le Pas-de-Calais, à Avion. Il était professeur d'histoire-géographie, Elle était professeure de lettres classiques. Ils eurent trois enfants Fanny, Marianne et Nicolas.

    Au cours de ces longues années dans le Nord, il consacra une grande partie de ses recherches à sa famille paternelle et picarde. Celle-ci est originaire du village de Montigny-Lengrain (Aisne), situé à côté de Vic-sur-Aisne. Il effectua des recherches généalogiques approfondies sur cette famille remontant jusqu'à Nicolas Liévaux ayant vécu à Retheuil à la fin du XVIe siècle. Son ancêtre Louis Liéveaux (1748-1827) fut plus particulièrement l'objet de son attention. Il retraça son parcours de l'Ancien Régime à la Restauration, en décrivant minutieusement son environnement économique, social et mental très représentatif des mutations du monde rural en cette période charnière de l'histoire de France. Cette étude fut publiée en 1981 dans le numéro 16 des Annales Historiques Compiégnoises sous le titre « Louis Liéveaux, un paysan de Montigny-Lengrain sous l'Ancien régime et la Révolution ». Pour un numéro précédent, il avait écrit un article pionnier et remarqué sur les grèves des moissonneurs dans l'Aisne en 1791, un sujet développé ultérieurement par Jean-Marc-Moriceau.

    Désireux de renouer avec ses racines picardes, il quitta le Nord en 1985. Ayant obtenu une mutation, il s'installa à Compiègne cette année-là. Il devint professeur d'histoire-géographie au lycée Pierre d'Ailly jusqu'à sa retraite en 1992.

    En août 2015, Claudine Liéveaux décédait subitement au moment même où un cancer incurable lui était diagnostiqué. Il affronta cette maladie courageusement pendant plus d'un an, jusqu'en octobre 2016.


    par Nicolas Liéveaux, publié le 15/10/2017




  • Journées européennes du Patrimoine, 16 septembre 2017, intervention de la Société d'Histoire de Compiègne à Beaulieu-les-Fontaines.
  • C’est en travaillant sur la carrière et l’œuvre des architectes compiégnois Gaston Stra (1858-1914) et son fils Jean (1885-1957), que j’ai découvert l’église de Beaulieu-les-Fontaines, une réalisation particulièrement intéressante de la Reconstruction du Noyonnais, après les gros dégâts de la Première Guerre mondiale. Consacrée en octobre 1929, elle constitue à mon sens une des œuvres les plus remarquables de cette époque et l’une des plus abouties de la seconde période d’un architecte ayant eu une longue et prolifique carrière à Compiègne et dans son arrondissement, sous la III° et la IV° République, de la Belle Epoque à l’après Seconde Guerre mondiale.

    I) La longue et fructueuse carrière de Jean Stra (1885-1957)

    Avant d’évoquer le travail de Jean Stra à Beaulieu et la reconstruction de l’église Saint-Jean Baptiste, son œuvre majeure dans la commune, où il remplit la fonction d’architecte municipal de 1923 à 1932, nous évoquerons les grandes lignes de sa prolifique carrière et ses principales réalisations.

    Né à Paris en octobre 1885, mort à Compiègne en décembre 1957, Jean Stra était le fils aîné de l’architecte Gaston Stra, originaire de Ribécourt et formé aux Beaux Arts de Paris, venu à Compiègne comme architecte municipal, de 1887 à 1896, auteur de nombreux immeubles et villas de grande qualité dans la ville jusqu’à son décès précoce en octobre 1914.

    Son fils Jean, élevé et instruit à Compiègne, emprunta la voie paternelle, se formant aux Beaux Arts de Rouen ; il entama sa carrière, au retour du service militaire en 1908, dans le cabinet de son père, avec lequel il signa en commun plusieurs maisons et immeubles à Compiègne jusqu’en 1914. Mobilisé pendant toute la Première Guerre mondiale, il ne put reprendre le cabinet familial qu’en 1919. Ancien combattant, il fut l’auteur de plusieurs monuments commémoratifs de la Grande Guerre et s’investit particulièrement dans la reconstruction de Compiègne et de son arrondissement dans les années 1920-1930. Outre son travail à Beaulieu-les-Fontaines, on lui doit la reconstruction de Nampcel, d’Attichy et un certain nombre de réalisations de bâtiments publics scolaires et autres à Margny-lès-Compiègne, Clairoix, Estrées Saint-Denis. A Compiègne, outre des immeubles et maisons, il réalisa plus particulièrement, rue Saint-Lazare, l’important groupe scolaire Fournier-Sarlovèze, ouvert comme cours complémentaire en 1938, par la suite section féminine du lycée Pierre d’Ailly, de nos jours collège Jacques Monod, une réalisation tout à fait emblématique de son style, sachant marier la référence néo-classique aux proches haras du XVIII° siècle et la modernité Art Déco de son temps, dans la façade et la décoration.

    Après la Seconde Guerre mondiale, Jean Stra accomplit une troisième et ultime riche carrière, comme l’un des architectes de la reconstruction du centre-ville de Compiègne gravement endommagé en 1940, ce qu’il accomplit sous l’autorité de l’architecte en chef Jean Philippot, s’acheva avec la reconstruction du tribunal en 1955, peu avant sa retraite et la revente de son cabinet, à plus de 70 ans, en 1956, suivies de son décès un an plus tard.

    Pour se faire une idée plus complète de la riche carrière de Gaston et Jean Stra, j’invite les auditeurs intéressés à la lecture de l’article que je leur ai consacré dans l’avant dernier n° 143-144 des Annales Historiques Compiégnoises, paru à l’automne 2016, dont il reste quelques exemplaires disponibles à la vente [10 E]. Un complément sera apporté dans notre prochaine livraison de cet automne, consacrée à la reconstruction de Compiègne après la Seconde Guerre, où le travail de Jean Stra sera encore évoqué.

    II) La reconstruction de l’église de Beaulieu-les-Fontaines.

    Nous ne savons pas exactement dans quelles conditions Jean Stra prit la succession, en 1923, comme architecte municipal de Beaulieu, de son confrère Charles Thierstein, un architecte compiégnois venu au lendemain de la guerre expertiser les dommages de guerre de la commune, estimés en octobre 1920 à 2 423 222 Fr, dont 191 467 pour la mairie-école et 2 109 500 Fr. pour l’église et le presbytère, de loin les édifices plus touchés.

    Il semble en fait que ce soit le coût trop élevé de la restauration de l’église proposé en 1921 par un premier projet de Charles Thierstein, pour un résultat jugé insuffisant, qui incita le maire Caron et son conseil municipal, à rechercher une solution alternative et à faire appel à un autre architecte.

    Avant même de concevoir et construire la nouvelle église, son grand œuvre à Beaulieu, Jean Stra fut chargé de la restauration de la mairie-école et du presbytère en 1925, puis de l’édification de nouveaux bâtiments fonctionnels plus modestes, financés par une portion des Dommages de guerre, tels la remise de la pompe à incendie et le jeu d’Arc en 1926, une petite salle des fêtes réalisée en 1927-1928, dont la façade a été heureusement restaurée dans le style typique des années folles. L’architecte municipal devait encore construire les deux étages de la nouvelle aile de l’hospice, en 1932. Il a vraisemblablement édifié le second monument aux morts du village au seuil des années 1930.

    Voyons la reconstruction de l’église de Beaulieu-les-Fontaines, après un rappel historique sur la paroisse et ses édifices depuis le XIII° siècle.

    Etablie en 1233 par le chapitre cathédral de Noyon, Saint Jean Baptiste est devenue l’église paroissiale de Beaulieu en 1271. Détruite à plusieurs reprises au cours de la guerre de Cent ans, elle fut reconstruite en brique et pierre de taille en 1607, avec une grande nef unique couverte par une voûte en bois, dotée en 1786 d’un maître-autel à colonnades torses de style baroque en chêne sculpté. Convertie un temps en atelier de salpêtre en 1794, sous la Révolution, époque où Beaulieu était devenu un chef-lieu de canton du district de Noyon, l’église fut restaurée et rouverte au culte avec le Concordat de 1802, conservant une poutre maîtresse où était gravée la date de 1607.

    L’église subit de gros dommages pendant la Première Guerre mondiale : située dans la partie du Noyonnais occupée par les Allemands de 1914 au printemps 1917, son clocher étant considéré comme un point stratégique fut abattu par l’ennemi le 17 mars, lors de l’épisode du retrait Hindenburg, destiné à raccourcir le front. La commune évacuée de sa population fut aussi dévastée.

    Le chœur et la partie moins endommagée de la nef furent réutilisés pour le culte, mais la seule restauration d’un édifice non classé, avec reconstitution du clocher, eût représenté un coût bien plus élevé qu’une complète reconstruction, comme l’indiqua Jean Stra en sa notice descriptive, le 1er mars 1928 :

    « L’église de Beaulieu-les-Fontaines a été détruite par moitié, il n’en reste que la partie du chœur et une partie de la nef.

    La restauration des ruines aurait entraîné une dépense supérieure à celle d’une construction nouvelle et surtout aurait mis l’architecte dans l’obligation de faire un édifice beaucoup trop important en hauteur. De plus les murs subsistants sont non d’aplomb de 0, 20 et ont une épaisseur de 1, 15, ce qui rendrait les raccordant très onéreux. Les parties subsistantes ne représentent aucun intérêt artistique et archéologique, et il a été jugé préférable et moins coûteux de construire une église neuve en se servant des anciennes fondations » […]

    [L’église] « était construite en pierre et briques et en grande partie en craie du pays ne présentant aucune garantie de solidité. A l’intérieur un autel Louis XV en bois sculpté surmonté d’un ciberium oratoire présentant un certain intérêt sera replacé dans le nouvel édifice après avoir été restauré ; ceci explique la forme du plan adopté par l’Architecte.

    L’Eglise est construite en bordure de la route et l’abside enclavée dans la Cour du Presbytère.

    Le projet présenté est exécuté en respectant les fondations. Seul le clocher a été remis en bordure de la route pour donner plus d’intérêt à la façade latérale qui sera la seule visible de la place publique de Beaulieu. Le niveau du sol sera remonté, car l’église actuelle est enterrée de deux mètres.

    Les matériaux employés sont la brique, la pierre et le moellon, inspiré du style gothique légèrement modernisé. La voûte sera en bois comme celle qui existait. Le projet étudié d’accord avec la Municipalité et en accord avec M. l’abbé Dardenne, curé de Beaulieu les Fontaines, paraît répondre aux besoins du culte. La commune de Beaulieu compte une population de 554 habitants et n’a pas vu sa population augmenter depuis la guerre. L’église peut contenir 290 places ».

    Le nouvel édifice, en briques et pierre, matériaux du pays, utilisa aussi le béton armé, notamment pour la croix du clocher-porche particulièrement élancé qui le coiffe, apportant une touche Art Déco à une construction d’esprit néo-gothique « légèrement modernisé ». L’intérieur, conservant le maître-autel de 1786 et la poutre maîtresse datée de 1607 sous la voûte en chêne, bénéficia d’un ensemble décoratif particulièrement soigné, de style moderne, c’est à dire Art Déco, avec une série de vitraux originaux réalisés par le verrier parisien Raphaël Lardeur, pour une part sur des cartons dessinés par l’architecte, un chemin de croix en mosaïques réalisé par la maison parisienne Gaudin, un mobilier cultuel de Brechet, place Saint-Sulpice à Paris, 3 nouvelles cloches fournies par la maison Blanchet de Paris, une belle chaire et deux autels latéraux en pierre calcaire, ainsi que les fonts baptismaux en béton façon pierre, dessinés par l’architecte, de même que l’ancienne grille de chœur Art Déco, aujourd’hui démontée, avec son équivalent près des fonts baptismaux.

    Construite par l’entreprise Sis de Compiègne, de janvier à octobre 1929, la nouvelle église fut solennellement bénie et consacrée le 29 octobre par Mgr Le Senne, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis. L’édifice devait encore être doté, les années suivantes, de l’électricité et d’un premier chauffage, enrichie d’une horloge, du paratonnerre réglementaire et d’un coq.

    L’ensemble des travaux, achevés en 1932, avait bénéficié d’une assez confortable enveloppe de 600 000 Fr, avancés par la coopérative diocésaine de reconstruction des églises, à laquelle la commune avait cédé ses droits pour l’église. Le gros œuvre avait coûté 449 313 Fr., dont 31 395 Fr. d’honoraires d’architecte ; 15 900 Fr avaient été consacrés aux vitraux, 28 900 Fr. au mobilier cultuel, 23 100 Fr. pour les cloches, 7644 Fr. pour le chemin de croix.

    Lors de son inauguration, en octobre 1929, la construction de Jean Stra avait été unanimement saluée par le public et par la presse comme une réalisation de grande qualité, servant de référence jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Parmi les nombreuses églises reconstruites après 1918 dans le Noyonnais, elle se distingue par son élégance, grâce à sa belle façade sur la place et son haut clocher-porche original, marqueur du paysage de la commune. L’utilisation de la brique et de la pierre, matériaux du pays employés dans de nombreux bâtiments autour de la place, dont le presbytère restauré également par Jean Stra, assure son insertion harmonieuse dans le paysage architectural d’un bourg resté typique, tout en rehaussant sa place centrale, cœur de la commune.

    A l’approche du centenaire de la reconstruction de nos régions au lendemain de la Grande Guerre, il paraissait important d’en souligner les réalisations les plus remarquables, comme à Beaulieu. A cet égard, je tiens à saluer l’action de la municipalité et de la paroisse, qui ont su entretenir et sauvegarder l’intégrité d‘un édifice, qu’il était temps de mettre en valeur : les Journée européennes du patrimoine nous en ont donné l’occasion.


    par Jacques BERNET, publié le 27/09/2017




  • Mémoires de la Fédération des sociétés savantes de Paris et d’Ile-de-France, Tome 68, Paris, 2017, 30 E.
  • La jaquette de cette dernière livraison annuelle des Mémoires s’orne d’une image du Parlement de Paris, rappelant, au moment où le Palais de Justice qui en est l’héritier va quitter ses lieux traditionnels sur l’Ile de la Cité, le rôle fondamental joué par cette institution dans l’histoire de France, comme l’illustre bien un article du volume intitulé « Le Parlement de Paris et les pays de l’Ouest (XIII°-XIV° siècles) (Valérie MENES-REDORAT), tandis qu’un article d’Aurélie LEVASSEUR s’intéresse à la gouvernance des villes médiévales.

    Pour la vie religieuse, on se transportera dans la vallée de la Seine à Clamart et à Ville d’Avray pour découvrir l’histoire de leurs établissements religieux, grâce aux études respectives de Pierre GILLON et de Karine BERTHIER.

    Retour à Paris, d’abord pour la mise au point d’un instrument informatique destiné à l’étude de l’Université et des écoles parisiennes au Moyen-Âge, sous la direction de Jean-Philippe GENET. Puis on suivra, sous la Révolution et l’Empire, les vicissitudes de la rue de la Pelleterie, vouée à l’industrie du cuir puis réaménagée en marché aux fleurs de la Cité (Pierre COFFY). On découvrira le destin de la famille Blanche, composée de docteurs « aliénistes », qui reçurent dans leur clinique de Passy l’élite parisienne du XIX° siècle, peinte par Jacques Emile Blanche (Jeanine SAURAT, François BERGOT). Paris et plusieurs villes d’Ile-de-France, comme Saint-Germain-en-Laye et son Lycée international abritèrent les rencontres entre De Gaulle et Eisenhower (François BOULET). L’étude des listes électorales de Fresnes met en valeur la croissance démographique de cette ville du Val-de-Marne après la Seconde Guerre mondiale (Thierry LEVIANDER).

    Sans oublier les études de Stéphane CASTELLUCCIO : « Régler une succession à Paris aux XVII° et XVIII° siècle » et de Karine BERTHIER : »Le établissements religieux et zones humides dans la vallée de la Seine », on voit que ce copieux et riche n° de varias couvrant une longue période historique et un large périmètre géographique ne manque pas d’originalité ni d’intérêt pour nos lecteurs franciliens.

    par Jacques BERNET, publié le 27/09/2017




  • Cent ans après la disparition de Georges Guynemer 11 septembre 1917 – 11 septembre 2017
  • Pour le centenaire de la disparition de l’aviateur compiégnois Georges Guynemer, l’as aux 53 victoires tombé dans le ciel de Flandre le 11 septembre 1917, on était en droit d’attendre un hommage national à la hauteur de ce que fut ce jeune et célèbre héros de la Grande Guerre. Force est de constater que son image a bien pâli en cette période de commémoration prolongée de l’événement traumatique qui nous fit entrer avec fracas dans le terrible XX° siècle.

    En dehors de l’Armée de l’Air, qui l’a célébré dans la confidentialité de ses bases aériennes, cette date n’a guère fait l’objet que de commémorations locales à Compiègne et dans les Hauts de France : FR 3 l’a mentionné dans son feuilleton hebdomadaire sur la Grande Guerre et a couvert les manifestations compiégnoises, émanant avant tout de la Ville et des Associations patriotiques ou culturelles. Comme chaque 11 septembre, un rassemblement officiel accompagné d’un dépôt de gerbes s’est tenu devant le monument du sculpteur Navarre érigé en 1923 au bas de la rue Saint-Lazare. En dehors des Anciens Combattants et des officiels, malgré l’effort louable de communication municipale, le public compiégnois n’était guère au rendez-vous, représenté tout au plus par une délégation d’élèves de la ci-devant Institution privée Guynemer, qui a eu de surcroit l’idée de génie de se rebaptiser Jean-Paul II, l’année même du centenaire de la disparition du héros compiégnois. Le monument n’a été ni ravalé ni nettoyé à cette occasion et si la municipalité a accompli dignement son devoir, l’Etat n’était même pas représenté par le sous-préfet de Compiègne, tandis que l’Armée s’est contentée d’envoyer le colonel en charge de la base aérienne de Creil en sursis avec une maigre délégation du personnel de l’Armée de l’Air. En guise de musique militaire, nous n’avons eu droit qu’à une bande son diffusée par de simples haut-parleurs. Bien triste cérémonie, malgré la succession des discours, la profusion des gerbes de fleurs.

    Par delà cette cérémonie compiégnoise, l’absence certes regrettable du public même local reflète sans doute d’abord une certaine lassitude à l’égard de la prolongation de la commémoration d’un centenaire, qui nous paraît interminable, certes à l’image de ce que furent les quatre ans et demie de la Grande Guerre en son temps. Seuls quelques temps forts ont pu retenir l’attention : l’entrée en guerre en août 14 et toutes les interrogations sur ses causes et responsabilités, les évocations des méta-batailles comme Verdun, la Somme, l’offensive ratée du Chemin des Dames ayant entrainé la crise de l’armée française et signé la fin de l’Union sacrée. A cet égard 1917 nous paraît davantage de nos jours comme le véritable tournant de la guerre, l’année zéro d’un XX° siècle de fer et de sang, avec les révolutions russes ouvrant la voie d’une vaste recomposition de l’Europe et du monde, comme la boite de Pandore des futurs totalitarismes et des prochaines conflagrations mondiales. Dans ce tableau dramatique, la figure héroïque de Guynemer, qui avait été tant mise en exergue par les civils et militaires, dès avant mais plus encore après sa mystérieuse disparition, afin de remonter le moral national alors au plus bas, paraît bien anachronique, effacée de notre paysage mental et de nos actuelles catégories. Le destin singulier de Georges Guynemer, sa courte vie et sa fabuleuse légende ne peuvent plus avoir la même résonnance de nos jours et appartiennent désormais pleinement à l’histoire : c’est pourquoi, il était temps, au moment du centenaire de sa disparition de laisser le dernier mot aux historiens, ce qu’a fait avec talent et métier notre collègue Jean-Marc BINOT dans son dernier livre paru chez Fayard au printemps 2017, dernière biographie en date de Georges Guynemer et à ce jour de loin la plus aboutie.

    Rappelons que l’auteur viendra nous présenter son livre lors d’une conférence commune aux deux sociétés d’histoire et historique de Compiègne, le Samedi 2 décembre à 15 H. à la BM Saint-Corneille, salle Le Chatelier.


    par Jacques BERNET, publié le 14/09/2017




  • Vendredi 02 novembre 2018 : Colloque Oise 2018 - Appel à communication
  • COLLOQUE – appel à communication

    1918 Finir la guerre

    dans l’Oise

    2 – 3 NOVEMBRE 2018

    COMPIEGNE, France

    Un contexte local

    Département libéré de l’occupation allemande à la suite du repli Alberich de mars 1917, l’Oise demeure dans la zone des armées en raison de sa proximité du front et de sa situation de carrefour fortement emprunté. Siège du Grand Quartier Général des armées françaises, Compiègne est un centre décisionnel soumis aux menaces des bombardements.

    Avec l’offensive allemande du 21 mars 1918, l’Oise devient de nouveau un territoire de combat marqué par des batailles célèbres (Noyon les 24 et 25 mars, le Mont-Renaud du 25 mars au 30 avril, le Matz du 9 au 11 juin) particulières destructrices dans son quart nord-est et de violents bombardements aériens sur ses principaux centres urbains (Compiègne, le bassin creillois, Beauvais…) et ses voies de communication.

    Le 2 septembre 1918, le département de l’Oise est libéré définitivement et connaît une célébrité internationale, le 11 novembre suivant, avec la signature de l’armistice en forêt de Compiègne.

    Le projet

    Après avoir organisé un premier colloque à Senlis en 2014 sur le thème « 1914 , Entrer en guerre dans l’Oise » puis un deuxième colloque à Clermont en 2016 sur le thème « 1915-1917, l’Oise en guerre », le Collectif des sociétés historiques de l’Oise se propose d’organiser deux journées d’études autour de la thématique « 1918, Finir la guerre dans l’Oise ».

    Ce colloque se tiendra les 2 et 3 novembre 2018 aux salles Saint-Nicolas, à Compiègne, ville où sera célébré le 11 novembre suivant le centenaire de l’Armistice.

    Par cet appel à communications, le Collectif des sociétés historiques de l’Oise propose aux historiens professionnels et amateurs de venir partager le fruit de leurs recherches historiques portant sur la période 1917- 1919 (du repli Alberich à l’immédiat après-guerre) avec comme dénominateur commun le département de l’Oise.

    Thèmes liés à l’Oise pouvant être abordés

    Axe 1. Aspects militaires

    La préparation de l’offensive allemande de 1918 – Les batailles de mars à juin 1918 (Mont-Renaud, Plémont, Matz…) – Les chars dans la guerre – L’aviation – Les forces coloniales – Les Alliés dans l’Oise - Les gaz – les bombardements…

    Axe 2. Les médias

    La presse de l’Oise – La presse nationale et l’Oise – Le traitement médiatique de l’armistice – Regards sur la révolution russe – Images filmés de l’Oise…

    Axe 3. Aspects politiques

    L’armistice – Clemenceau dans l’Oise - Les traités de paix – Les plénipotentiaires allemands – Les maires face à l’invasion de 1918…

    Axe 4. Aspects économiques

    L’économie de guerre – Le rationnement - Le bilan de la guerre – Taxes et impôts - Les profits de guerre…

    Axe 5. Aspects Sociaux et culturels

    Femmes en guerre – Les mouvements de contestations contre la vie chère – les artistes et écrivains de l’Oise - Le retour dans les foyers – L’évacuation des œuvres d’art – La protection de monuments – Culture et loisirs de guerre - Le spectacle cinématographique - Les polytraumatisés – Le pacifisme – les mouvements d’anciens combattants

    Forme des propositions de communication

    Texte de 2 000 à 3000 signes – Les communications finales ne devront dépasser 25 minutes

    Les communications retenues feront l’objet d’une publication dans les actes du colloque.

    Date limite de soumission

    des propositions de communication

    15 décembre 2017

    Adresse des propositions

    de communication

    jean-yves.bonnard@reseau-canope.fr

    Comité scientifique

    - Jacques Bernet, président de la Société d’Histoire moderne et contemporaine de Compiègne.

    - Jean-Yves Bonnard, président de la Société Historique et archéologique de Noyon, Directeur du CANOPE 60 - Beauvais),

    - Eric Dancoisne, président de la Société d'Histoire et d'Archéologie du Valois,

    - Régis Moreau, président de la Société historique de Nanteuil-le-Haudouin,

    - Philippe Nivet, Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Picardie Jules Verne (Amiens)

    - Philippe Papet, historien, docteur en histoire, Société Historique et Archéologique de Senlis,

    - Clotilde Romet, directrice des Archives départementales de l’Oise (Beauvais),

    - Françoise Rosenzweig, historienne, docteur en histoire (Beauvais).

    Comité d’organisation

    Le Collectif des Sociétés historiques de l’Oise : la Société d’histoire moderne et contemporaine de Compiègne, la Société historique de Compiègne, les Amis du Vieux Verneuil, l’Association Histoire et Archéologie de Nanteuil-le-Haudouin, le Département d’histoire locale du centre culturel Marguerite Dembreville de Chantilly, la Société archéologique et historique de Clermont, la Société historique archéologique et scientifique de Noyon, la Société d’histoire et d’archéologie de Senlis, Société d’histoire et d’archéologie du Valois,

    Les Archives départementales de l’Oise,

    L’ONACVG de l’Oise,

    L’atelier Canopé 60 - Beauvais





  • Parution d'un nouvel ouvrage



  • IMG_0423.JPG Entrer en guerre dans l’Oise, 1914-1918
    Actes du colloque organisé par le collectif de sociétés d’histoire et d’archéologie de l'Oise,

    l’ONACVG et les archives départementales de l’Oise.

    avec le soutien de la Mission Centenaire, du Conseil général de l’Oise et de la Ville de Senlis

    Senlis, 26 et 27 septembre 2014

    SOMMAIRE

    Discours de Pascale LOISELEUR, maire de Senlis

    Discours d’Alain BLANCHARD, vice-président du Conseil Général de l’Oise

    Le colloque à Senlis, entre enjeux historiographiques et réalités locales (Philippe PAPET)

    Le département de l’Oise à la fin de la Belle Epoque (Jacques BERNET)

    L’entrée en guerre vue par la presse isarienne (Françoise LECLERE-ROSENZWEIG)

    Marcel Boulanger, un dandy à la guerre (Philippe LAMPS)

    D’Annunzio à Chantilly (Jean-Paul BESSE)

    Le comité clermontois des Dames françaises (Claude BOULET)

    Les « Scottish women of Royaumont » (Marie-France WEINER)

    L’incendie de Senlis en 1914, un événement médiatique (Gilles BODIN)

    Creil et Senlis « villes martyres » de l’invasion allemande : relecture d’un imaginaire (Mathilde MARGUERIT-HOUTE)

    Les exactions allemandes lors de l’invasion de l’Oise en 1914 (Marc PILOT)

    Faire face à la guerre : analyse du journal de Gustave Chopinet, maire de Crépy-en-Valois (30 août-31 décembre 1914) (Eric DANCOISNE)

    La cathédrale de Senlis à l’épreuve des bombardements de 1914 : bilan patrimonial et cicatrisation d’un monument (Mathieu LEJEUNE)

    L’occupation des troupes allemandes à Clermont (Emmanuel BELLANGER)

    Les hôpitaux militaires à Clermont-de-l’Oise au début de la Grande Guerre (Guy ISAMBART)

    Les six frères Bouchet (Caroline BITSCH).

    De la guerre de mouvement à la guerre de position : entrer d’une guerre à l’autre (Jean-Yves BONNARD)

    Index des noms de personnes.

    Index des noms de lieux.

    Cette publication de 183 pages, abondamment illustrée, est vendue au prix public de 25 E. (20 E. pour les membres de la Société et les abonnés à la revue + frais de port éventuels). A commander au siège de la Société d’Histoire de Compiègne, 82 bis rue de Paris - 60200 COMPIEGNE - Tel. : 03 44 20 26 52 - Courriel : jbernet@wanadoo.fr. 2015, 183p.

    25.00€