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Une nouvelle restauration du temple baptiste de Compiègne, ancienne chapelle anglicane de l’avenue Thiers.


Dimanche 6 avril 2014 à 15 H., lors d’une sympathique séance culturelle et musicale, ont été présentés au public les beaux résultats d’une nouvelle et importante campagne de travaux de restauration extérieure et intérieure du temple baptiste de Compiègne, pour un montant de quelque 300 000 euros. Elle assure la pérennité d’un édifice original, dont la façade austère et le gracieux clocher surmonté d’une haute flèche de pierre avaient bien failli disparaître du paysage des avenues compiégnoises au seuil des années 1970.

La chapelle anglicane Saint-Andrew de Compiègne, contemporaine de celle de Chantilly, fut bâtie en 1867 par l’architecte parisien Louis Calla sur des plans de son confrère Thorton Shiels d’Edimbourg. Sa construction avait en effet bénéficié de la générosité de Maria Jane Bowes Lyon, une riche veuve écossaise, parente lointaine de la reine Victoria et Compiégnoise d’occasion. L’édifice fut inauguré en 1868 pour accueillir la modeste communauté britannique vivant dans le Compiégnois, liée notamment aux activités hippiques, ainsi que les invités aux Séries de Compiègne sous le Second Empire.

L’édifice néogothique offre un mélange de styles typiquement britannique de la seconde moitié du XIX° siècle, avec ses fenêtres en lancettes surmontées d’arcades de pierre, ses ornements sculptés en feuillages sur les chapiteaux et les culots, ses contreforts plats, ses portes et portails en ogive moulurés et son oculus trilobé. À l’intérieur, on remarque une belle charpente apparente en coque de bateau renversé, ouvrant l’espace de la nef où est suspendu un lustre d’origine en tôle de fer comportant les symboles britanniques. Le mobilier et la décoration sont aussi en grande partie d’origine, bien que l’édifice ait souffert des bombardements de 1918, qui nécessitèrent la reconstruction de la charpente et de la toiture ainsi que la pose de nouveaux vitraux de style Art Déco en 1926.

Définitivement abandonné par l’Eglise anglicane qui concentra son activité cultuelle à Chantilly en 1960, l’édifice fut alors menacé de démolition au profit d’un projet immobilier. Des Compiégnois se mobilisèrent pour sa conservation, en créant en 1971 la Sauvegarde du Vieux Compiègne. L’église évangéliste baptiste de Saint Sauveur, qui y tint des cultes hebdomadaires à partir de 1954, s’y installa définitivement au milieu des années 1980 et s’en porta acquéreur en 1989. Dès 1977, elle entreprit à ses frais d’importants travaux de préservation de l’édifice, refaisant la toiture et l’électricité, le dotant d’un chauffage central moderne, restaurant la cloche et le carillon.

La toute dernière campagne menée de 2011 à 2013, a donné lieu à une souscription publique, toujours en cours, dont le succès appréciable a facilité le concours de la Fondation du Patrimoine. À l’extérieur : la mise en sécurité du fronton Est de la sacristie, la réfection du revers pavé du pourtour du bâtiment, des descentes et regards d’évacuation des eaux pluviales, la révision des vitraux. À l’intérieur : la réparation et le traitement des charpentes, la réfection des peintures avec restitution ponctuelle des décors peints d’origine, la restauration des portes et du mobilier, l’amélioration de l’éclairage.

Cette nouvelle restauration de l’édifice était nécessaire et elle est particulièrement réussie. Elle permet de perpétuer ses missions cultuelles et culturelles pour les générations futures. Mais aussi elle préserve et embellit un bâtiment cher aux Compiégnois, qui s’inscrit harmonieusement dans le paysage de notre ville et contribue donc à son rayonnement artistique.

Par Jacques Bernet, le 11/04/2014




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