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Les architectes Gaston Stra (1858-1914) et Jean Stra (1885-1957), architectes compiégnois sous la III° et la IV° République, par Jacques BERNET conférence commune de la Société d’Histoire et de la Société Historique de Compiègne


Samedi 5 novembre 2016 à 15 H. salle Le Chatelier de la Bibliothèque Municipale Saint-Corneille de Compiègne, un nombreux public des deux sociétés réunies est venu assister à une conférence consacrée à une lignée d’architectes locaux des 19°-20° siècles ayant marqué de leur talent le paysage de notre ville et de son arrondissement.

Né à Ribécourt le 8 septembre 1858, Gaston Stra se forma aux Beaux-Arts de Paris et fit ses premiers pas d’architecte dans la capitale où il se maria. Ayant remporté le concours pour la construction de la halle au Légumes de la place aux Herbes, il s’installa à Compiègne en octobre 1886 et y devint architecte de la Ville de 1887 à 1896. A ce titre, il réalisa les tribunes de l’hippodrome, l’école primaire de la rue Vermenton, l’agrandissement du collège municipal, le déplacement de la statue de Jeanne d’Arc. Il démissionna de son poste en 1897 pour se consacrer plainement au lotissement des terrains Dumars, à l’origine du nouveau quartier du Petit Margny, où il construisit toute une série de maisons et de villas de grande qualité, souvent dans l’esprit de l’Art nouveau. Il fut aussi l’auteur de plusieurs immeubles remarquables comme les gracieuses façades de l’imprimerie Bourson, rue Eugène Floquet ou du 40 rue Vivenel, datées de 1904, puis de gracieuses villas au centre-ville, telles celles numérotées 1 et 3 rue des Domeliers, construites avec son fils en 1912. Gaston Stra fut aussi élu conseiller municipal sous le dernier mandat du maire Alphonse Chovet, de 1900 à 1904. Deux fois veuf et marié trois fois, il décéda en octobre 1914 à l’âge de 56 ans.

Son fils Jean, né à Paris en mai 1885, formé aux Beaux Arts de Rouen, commença sa carrière d’architecte dans le cabinet de son père à son retour du service militaire en 1907. Marié en 1911 avec Gabrielle Fleurant, fille du futur fondateur du Parti Agraire Français, il fut mobilisé en août 1914 et combattit sur divers fronts jusqu’à sa démobilisation en mars 1919. Ancien combattant, il édifia plusieurs monuments aux morts à Compiègne et dans les environs. Il devint un architecte fécond de la reconstruction d’après 1914-1918 dans la ville et dans des communes du Noyonnais ou du Soissonnais meurtries par le conflit, notamment à Nampcel, Beaulieu-les-Fontaines, dont il édifia les nouvelles églises, ou à Attichy. Il se spécialisa dans la construction de bâtiments publics : mairies, écoles, bureau de poste, comme à Margny ou Clairoix, Caisse d’Epargne à Estrées-Saint-Denis. Sa plus remarquable réalisation scolaire à Compiègne fut le Cours complémentaire de la rue Saint-Lazare, achevé en 1938, un beau bâtiment de facture néo-classique avec une touche Art déco, devenu l’actuel collège Jacques Monod. Il a aussi construit dans l’entre-deux guerres, à Compiègne et dans ses alentours, des immeubles et des villas de style Art déco. Après 1945, Jean Stra participa très activement à la reconstruction du centre-ville de Compiègne sous la direction de l’architecte-urbaniste Jean Philippot, presque jusqu’à son décès à 72 ans, en décembre 1957.

Ces deux prolifiques architectes locaux, hommes de caractère et de talent, sont aujourd’hui bien oubliés. Leurs œuvres toujours bien visibles dans notre paysage architectural méritent d’être mieux connues, sauvegardées et remises en valeur.

Cette communication illustrée de nombreux documents d’archives et de photos d’édifices, a été publiée sous la forme d’un copieux article paru dans le n° 143-144 des Annales Historiques Compiégnoises, daté de l’automne 2016.

Par Jacques Bernet , le 13/11/2016




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