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Monument aux victimes civiles de la Grande Guerre dans l’Oise inauguré le 9 décembre 2018 à Chiry-Ourscamps


Selon les époques et les conflits, les guerres ont pu causer autant voire bien plus de pertes civiles que de victimes militaires. On pourrait rappeler à cet égard les ravages de la Guerre de Trente ans qui dépeupla massivement les pays germaniques et l’Europe centrale entre 1618 et 1648. Dans les guerres contemporaines comme celle de 1914-1918, les pertes proprement militaires colossales ont atteint des millions de jeunes hommes et décimé des générations chez tous les belligérants. Leurs listes interminables figurent sur les monuments aux morts érigés dans presque toutes les communes au lendemain de la Grande Guerre, comportant parfois les noms de victimes civiles de l’ennemi, comme pour les otages de Senlis en septembre 1914.

Notre collègue et ami Jean-Yves Bonnard, spécialiste de la Grande Guerre et maire de Chiry-Ourscamps a eu l’idée d’ériger dans sa localité du Noyonnais, réputée « première commune occupée par les Allemands sur la route de Paris de septembre 1914 à mars 1917 », un espace mémoriel recensant les victimes civiles de l’Oise de la Grande Guerre avec les noms des quelque 120 communes concernées. Son inauguration a eu lieu le dimanche 9 décembre 2018, en présence des autorités locales civiles et militaires, attirant un public nombreux, en dépit de conditions atmosphériques peu favorables.

Cet espace sobre situé rue du Point du Jour à la périphérie de la commune non loin de la rocade à double voie du CD 200, comporte une dalle aux victimes civiles du département (plus de 500 recensées à ce jour), un mur avec des plaques au nom des communes, un sentier d’évocation et un jardin du souvenir clos par une statue de Tardieu. Cette cérémonie émouvante achevait opportunément le cycle commémoratif du centenaire de la Grande Guerre dans l’Oise, en rendant un juste hommage à des victimes trop souvent méconnues ou oubliées, dont la liste devrait d’ailleurs s’enrichir grâce au témoignage des familles et au travail des historiens.

Par Jacques BERNET, le 12/12/2018




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