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Max Brézillon, « De l’armée secrète au commando des charpentiers de Buchenwald », SCEREN, CNDP-CRDP, septembre 2012, collection « Témoignages », n°12. Texte de Jean-Yves Bonnard. 8 euros


Max Brézillon

Le 12e numéro de la série « Témoignages » dirigée par le directeur du CDDP de l’Oise, Jean-Yves Bonnard est consacré à une des personnalités fortes du département de l’Oise, Max Brézillon (1921-2008).

Comme l’indique le titre, le sujet du livre sur Max Brézillon est centré sur ses activités résistantes, commencée dès 1942, sinon 1941 et sur sa déportation à Buchenwald en août 1944, consécutive à la dénonciation d’un collaborateur. A travers l’action du résistant, le lecteur découvrira en fait l’action des résistants de la région de Noyon, active d’après Jean-Yves Bonnard dès septembre 1940.

L’auteur souligne l’engagement de la famille Brézillon dans la Résistance locale. Son père, André Brézillon, entrepeneur noyonnais du BTP, contribue à l’implication de son jeune fils Max, à peine âgé de 21 ans en mai 1942. Celui-ci entre, en effet, dans l’Armée secrète puis dans le mouvement « Résistance » à la fin 1942. Les pages sur l’aide de la famille Brézillon aux aviateurs alliés tombés dans le Noyonnais en février 1944 illustrent le danger de mort que pouvait entraîner cette solidarité active menée par les habitants. Jean-Yves Bonnard montre bien dans cette partie du petit livre, l’importance des réseaux de résistants pour réaliser le sauvetage et le transfert des aviateurs vers la Grande Bretagne.

Devenu réfractaire du STO au début 1944, il rejoint le maquis des Usages conduit par un des chefs de la résistance locale, Marcel Fourrier. Alors que son père vient d’être désigné chef du sous-secteur FFI de Noyon, Max Brezillon est arrêté avec lui et passé à tabac par la feldgendarmerie. Il est ensuite déporté avec son père, Marcel Fourrier et d’autres Noyonnais le 18 août 1944. Il découvre l’enfer de Buchenwald et notamment le Petit camp de Buchenwald où les conditions de logement et d’hygiène sont épouvantables. Ses compétences dans le BTP le conduisent avec son père à faire partie du « commando des charpentiers » ; Celui-ci contribue à la libération du camp par les Américains en avril 1945.

L’ouvrage de Jean-Yves Bonard est bien mené, très clair et agrémenté de nombreux documents, notamment iconographiques. Il s’agit d’une bonne synthèse sur l’implication des « hommes et femmes de l’ombre » pendant la Seconde Guerre mondiale. Les jeunes générations pourront par conséquent mieux s’imprégner des heures difficiles mais aussi des actions héroïques de ces anciens résistants.

Par Éric Dancoisne, le 15/09/2012




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