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Un ancien élève du lycée Felix Faure de Beauvais devenu explorateur polaire: Robert POMMIER (1919-1961)


Robert PommierTimbre édité en 1994

Notre revue ayant publié dans son n° du printemps 2008 un article de Paul AIRIAU sur les débuts du lycée Félix Faure de Beauvais, cette étude a attiré l'attention d'un collègue et ami de notre fidèle collaborateur Alain RAISONNIER, le Dr Eugène NEUZIL, qui nous a écrit :

"Comme beaucoup de jeunes Parisiens dont la famille était très prises par ses occupations professionnelles, j'ai été pensionnaire au lycée Félix Faure de 1931 à 1938, de la sixième à Math Elem. Ce lycée qui dépendait alors de l'Académie de Paris, avait une excellente réputation, qui avait été confirmée à mes parents par leurs amis Pommier, où leur fils Robert était entré comme pensionnaire en 1930. Une grande amitié m'a rapidement rapproché de Robert Pommier, au lycée, aux sports, dans nos relations beauvaisiennes ainsi que dans nos promenades à Paris lors des vacances scolaires. Robert, après un sérieux accident de santé, a quitté Beauvais pour Paris et a dû être soigné plusieurs mois dans les Alpes. En 1938, son goût pour la montagne l'amène à s'engager dans les Chasseurs Alpins où il acquiert rapidement la pratique de la neige et des chiens de traîneau. En 1940, il participe à la victoire de Narvik, mais le corps expéditionnaire français doit revenir d'urgence en France en raison de l'offensive allemande du mois de mai. Démobilisé, Robert et ses amis Vallette et Martin consacrent, pendant l'occupation, la totalité de leurs temps libre à se documenter sur les missions polaires et à faire des projets d'avenir ; leurs pensées - comme les miennes dans un autre domaine - étaient très éloignées des idées et des aspirations du gouvernement de Vichy!

La guerre finie, Pommier et ses deux amis élaborent le projet puis organisent bientôt, malgré leurs moyens modestes et quelques rares soutiens, une expédition au Spitzberg (…). A leur retour en France, la presse fait une ovation à "ces jeunes explorateurs français inconnus", ce qui attire l'attention de Paul-Emile Victor, qui leur propose d'entrer dans "Les missions polaires françaises", organisme qu'il est en train de créer, fort de son expérience arctique. Pommier et ses camarades l'amènent à préférer au Groenland la Terre Adélie, petite enclave française du continent antarctique sur laquelle Dumont d'Urville avait planté notre drapeau national en 1840. Aucun Français ne s'y était rendu depuis. Robert Pommier a participé, avec ses deux amis, à la première expédition française (1947) et au premier hivernage en 1948, dont il a ramené de nombreux documents scientifiques et photographiques. Il a été ultérieurement conseiller scientifique du gouvernement des USA pour l'aménagement de la base aérienne américaine de Thulé, au nord-ouest du Groenland. Son mariage et la naissance de sa fille Sophie n'ont précédé que de quelques années sa mort, en 1961.

J'aimerais rappeler aux Beauvaisiens et par vos Annales aux habitants du département de l'Oise, le souvenir de Robert Pommier, le seul de mes amis dont le portrait figure sur un timbre-poste (Terres Australes et Antarctiques Françaises)".

Le Dr NEUZIL a ainsi entrepris de rédiger un article, avec Yves VALLETTE "seul survivant du trio qui a participé au premier hivernage", texte annoncé fin mars 2009 et confirmé lors d'une rencontre avec lui à Bordeaux en avril. Malheureusement, Eugène NEUZIL est décédé le mois suivant, mais le travail commun a pu être repris et achevé par Sophie POMMIER, qui trouve ainsi l'occasion de rendre un double hommage à son père et à ses fidèles amis du lycée de Beauvais. Nous avons donc le plaisir de présenter en primeur sur notre site l'article co-signé par E. NEUZIL et Y. VALLETTE adapté par Sophie POMMIER, que nous tenons à remercier très vivement pour leur initiative, qui permet de faire mieux connaître une figure d'exception ayant eu une forte relation avec l'Oise par son passage en quelque sorte initiatique au lycée Felix-Faure de Beauvais.

Par Jacques BERNET pour le chapeauEugène NEUZIL-Yves VALETTE, le 17/01/2010




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