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Pierrefonds attire toujours les foules !


Chateau de PierrefondsPhoto du Chateau de Pierrefons

Samedi 21 novembre 2009, 14 H 30 -18 H,

Excursion de la société sous la conduite de Rémi HEBERT.

Bénéficiant d'un temps clément, cette visite de Pierrefonds a connu un franc succès, avec une bonne cinquantaine de participants. Notre conférencier, Rémi HEBERT, a rappelé les grandes lignes de l'histoire du bourg marqué par la construction de la célèbre forteresse de Louis d'Orléans à la fin du XIV° siècle puis son démantèlement par Louis XIII en 1617, suivi d'un long déclin jusqu'au début du XIX° siècle, où Napoléon 1er racheta en 1813 les ruines du château, dont son neveu Napoléon III devait entreprendre à ses frais la complète reconstruction à partir de 1858, confiée à l'architecte Viollet-le-Duc. Ce fut l'amorce du renouveau touristique du bourg, dont le premier apogée coïncida avec la redecouverte et l'exploitation d'eaux thermales, qui firent de Pierrefonds-les-Bains une station très prisée du Second Empire à la veille de la Première guerre mondiale.

Rémi Hébert, notre conférencierPhoto de Rémi Hébert, notre conférencier.

Notre visite ayant pour principal objet de découvrir des témoignages originaux de cette époque révolue, a commencé devant l'ancienne gare construite en 1883 par la Compagnie du Nord sur la ligne Compiègne-Villers-Cotterêts déferrée depuis 1964. L'impressionnant bâtiment voyageurs, monument classé en pierre de taille au décor néo-médiéval, l'ampleur des vestiges de l'exploitation ferroviaire témoignent de leur splendeur passée. L'avenue de la gare bordée de platanes conduit devant une maison cossue en briques, qui fut habitée par Séverine (1855-1929), journaliste et femme de lettres disciple de Jules Vallès, enterrée dans le cimetière du bourg.

Photo du groupeUn groupe fourni pour suivre Rémi Hébert. A l'arrière-plan l'ancienne gare de Pierrefonds.

En cheminant le long de l'ancienne voie ferrée jusqu'au centre-bourg ancien, nous découvrons les magnifiques villas, chalets et manoirs construits à flanc de coteau à partir de la seconde moitié du XIX° siècle : le château de Jonval, édifié par la famille du général de Failly (1810-1892) aide de camp de Napoléon III, au début des années 1900, dans un style composite "gothico-Renaissance", agrémenté de jardins étagés à l'italienne ; la belle villa "Colombine" de style florentin, fut la demeure du dentiste Ferrand, qui fit fortune en inventant un dentifrice à la bioxine et fut actionnaire des thermes ; puis la curieuse maison néo-gothique dite des chats, dont les blasons décoratifs en façade rappellent la présence de la "faïencerie héraldique" établie à Pierrefonds en 1903 par le Comte Hallez d'Arros.

Chapelle du château de JonvalLa chapelle du château de Jonval, réplique du château de Chantilly

Passé l'ancien "hôtel des étrangers" datant de 1830, seul rescapé de la commune, maintenant rénové et rebaptisé "hôtel Beaudon", nous atteignons le cœur de l'ancien bourg, où les traditionnelles maisons soissonnaises avec pignons à redans ont fait place, à partir de 1858, à des constructions plus modernes, selon le plan d'urbanisme du maire Cottenet, gendre de Fublet, l'inventeur des thermes. Une percée "haussmanienne" longeant le lac débouche sur la grande place triangulaire servant de parvis à un hôtel de ville monumental, dont la construction bénéficia des largesses impériales. Sur l'autre bord du lac qui en fait partie, s'étend l'ancien domaine des thermes, occupant quelque 5, 5 ha, et dont les constructions datent du Second Empire.

La villa ColombinePhoto de la villa Colombine

Si l'établissement de bains, aux caractères néo-byzantins, a malheureusement été démoli, il subsiste encore dans le parc paysager deux beaux bâtiments de style néo-classique, l'ancien casino et le vaste hôtel thermal, reconverti de nos jours en hôtel-restaurant. On observe aussi les vestiges d'une des deux portes d'entrée monumentales donnant accès au domaine depuis la place de l'hôtel de ville, à proximité de laquelle a été érigé l'émouvant "monument des infirmières", sur l'emplacement d'un hôpital de campagne détruit par une bombe allemande au printemps 1918, rappelant que Pierrefonds, situé en zone protégée proche du front, fut un important centre de soin des blessés pendant la Première Guerre mondiale.

Ancien casino des Thermes de Pierrefonds - Eglise Saint SulpicePhoto de l'ancien casino des Thermes de Pierrefonds; l'église Saint Sulpicel

Notre visite s'est terminée dans l'ancien Prieuré, situé derrière l'actuelle église paroissiale Saint-Sulpice, qui conserve une crypte du XI° et une belle tour Renaissance. Il est occupé de nos jours par l'Institut Charles Quentin, école d'agriculture catholique, qui nous a réservé le meilleur accueil. Le domaine comporte, face à la forteresse médiévale qu'il a restaurée, une œuvre plus modeste mais originale de Viollet le Duc, la maison de M. Sabatier, construite vers 1860, ravissant petit château de style urbain en brique et pierre, composé d'une façade régulière néoclassique, avec un avant corps central, un étage noble, des toits en ardoises à versants et brisis. Le décor intérieur est resté Second Empire, avec ses escaliers en pierre, cheminées en marbre, peintures murales et des plafonds à caissons, colonnes doriques en bois peint du grand salon. L'ensemble est doté d'un beau jardin romantique, avec cascades de pierre et d'eau, rocaille, une petite chapelle, des plantations de haute tige exceptionnelles.

Demeures du lacVue sur les demeures du lac depuis le parc des anciens thermes

Par Jacques BERNET, le 24/11/2009




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