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Conférence de Claude Legout, gens de rivière d’Oise, XVIII°-XIX° siècle


Notre conférencierClaude Legout

Samedi 9 mars 2013, à 14 H 30 au lycée Pierre d’Ailly, la Société d’Histoire moderne et contemporaine de Compiègne et la Société Historique son invitée ont eu le privilège d’assister à la brillante conférence de notre collègue et ami Claude Legout, vice-président de la Société Historique et Archéologique de Pontoise et du Vexin. Né à Parmain, au bord de l’Oise, Claude Legout est depuis toujours un passionné de navigation fluviale. Enseignant d’histoire géographie dans le Val d’Oise, il est devenu un des meilleurs spécialistes de cette vallée fluviale qui lui est si chère, de sa géographie, de son évolution historique et de son devenir, militant ardemment pour la réalisation du canal à grand gabarit Oise-Nord entre Compiègne et Cambrai, seul moyen à ses yeux d’assurer l’avenir économique d’une voie d’eau qui connut ses plus beaux jours au temps du charbon aux XIX°-XX° siècles.

C’est pour évoquer ces temps révolus, que l’orateur a convoqué une série de gravures ou de cartes postales anciennes, témoignant de la vitalité et de l’animation de la rivière et de ses abords, en des époques où elle avait de multiples fonctions économiques et sociales, faisant vivre une grande variété de professions pittoresques et souvent disparues, comme les lavandières, les conducteurs de trains de bois ou les charretiers de bateaux. Les fleuves et rivières étaient en effet source d’eau potable, pour les hommes comme pour les animaux, moyen d’assainissement pour les riverains, mais aussi source d’énergie hydraulique, force motrice des moulins à eau qui jalonnaient leurs cours, sous les arches des ponts ou sur des dérivations accompagnées de pertuis pour la navigation.

Un auditoire captivé

L’Oise flottable depuis La Fère, navigable depuis Chauny, a été depuis des temps immémoriaux une grande voie de transport des hommes, par coches d’eau, comme des marchandises, sur des bateaux ayant passablement évolué en taille et en tonnage au fil des progrès techniques de leur mode de propulsion et grâce à la canalisation de la rivière naturelle par des barrages et des écluses à partir du XIX° siècle. Le monde des mariniers, des éclusiers ou des dockers a beaucoup évolué avec la mécanisation qui a restreint la présence humaine et réduit fortement l’animation des anciens ports ou des rives fluviales qui comptaient autrefois tant d’estaminets et d’auberges, d’ateliers de charpente et de réparation de bateaux, de grands et petits métiers annexes à la voie d’eau. C’est toute l’évolution économique, sociale et professionnelle de ces trois derniers siècles que l’on trouve en filigrane. Claude Legout nous a ainsi brossé un tableau très vivant tant par l’iconographie que par les textes, souvent tirés des riches archives notariales, qui ont conservé des contrats ou des actes, apportant maints témoignages originaux sur les activités, les conflits, les anecdotes, les heurs et les malheurs d’un monde laborieux et souvent pittoresque.

Cette communication passionnante et passionnée, en écho à celle que notre brillant orateur avait présentée, il y a quatre ans, sur l’évolution technique de la voie d’eau, a ravi le nombreux public de nos deux sociétés réunies.

Par Jacques Bernet, le 12/03/2013




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