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Promenade à Monchy-Humières et Gournay-sur-Aronde


Le château de Monchy-Humières

Situés sur la basse vallée de l’Aronde, petit affluent de rive droite se jetant dans l’Oise à Clairoix dont le tracé en baïonnette s’enfonce profondément dans le crétacé crayeux du plateau picard, les charmants villages de Monchy-Humières et de Gournay-sur-Aronde offrent les restes de leurs châteaux et parcs, leurs anciennes maisons de pierre et de brique ordonnées le long de rues tortueuses ayant parfois conservé leurs pavés d’antan.

Le château de Monchy est le plus monumental, avec son ancienne tour féodale et sa double façade, en pur style Louis XIII côté parc, ouverte par une entrée néoclassique encadrée de colonnes côté bourg et précédée de deux gracieux pavillons d’angle incurvés en brique et pierre. L’Aronde venue du jardin et château de Baugy, ancienne propriété d’Edouard de Tocqueville, baigne le grand parc de Monchy, dont elle alimentait autrefois les bassins ; cet immense espace de plus de 50 ha en grande partie boisé est entouré de kms de murs de pierre sèche courant le long de la RD 122, jusqu’à la grille d’entrée située près d’un hameau dépendant de Rémy.

Le relais de poste de Gournay-sur-Aronde

À Gournay, du château du XVII°, qui fut au XVIII° siècle la propriété de l’économiste Vincent de Gournay, si cher à Simone Meyssonnier, il ne reste que les caves et entresols voûtés, depuis l’incendie survenu sous la Révolution française, lorsqu’il hébergea des troupes de passage et un grand hôpital militaire. Mais le premier sous-préfet de Compiègne ayant acquit le domaine ruiné, transforma au début du XIX° siècle les anciens communs en un élégant château de style troubadour, désormais loué en appartements, qui bénéficient du décor champêtre du grand parc. Situé à une journée de Paris sur la grande route de Flandre, Gournay était vivifié au temps des diligences par son intense trafic routier. Témoignage de cet âge d’or, la belle façade XVI° de l’ancien relais de poste, donnant sur la grande place d’armes au cœur du village, où l’on trouve aussi un gracieux pavillon du XVIII° siècle, ancienne prison et actuelle mairie ; dans la rue principale aux belles façades de pierre ou de brique, nombre d’anciennes auberges, tel l’hôtel du Grand Cerf, où Mozart aurait passé la nuit lors de son premier séjour en France.

Si leurs pavés ont (assez récemment) disparu sous le bitume, les rues et places pittoresques bordées de maisons et de fermes anciennes ou de jardins ruraux donnent à Gournay comme à Monchy un charme et un parfum particuliers spécifiquement picards, si près si loin de Compiègne, la cité la plus proche.

NB. La Société d’Histoire a déjà consacré deux n°s spéciaux de sa revue à l’histoire et aux monuments de Gournay-sur-Aronde, en 1979 et 2000, publications épuisées dans leur version papier mais désormais accessibles sur notre site Internet.

Par Jacques BERNET, le 29/03/2013




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