Accueil -> Articles -> Lecture d'un article

Les forces alliées libèrent l'Oise (28 août - 2 septembre 1944)


Une du numéro de l'automne 1995Rédigé par Benoit Cottereau, cet article a été publié dans le cadre du cinquantième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. In Annales Historiques Compiégnoises, automne 1995, n°61-62, p 21-38

Alors que Paris vibre aux accents des musiques de la Liberté retrouvée, les étapes suivantes de la libération du sol français se préparent. Partout, les troupes allemandes livrent des combats retardateurs car l'heure est désormais au repli général vers le nord-est. L'Oise s’étend, dès ce moment, en travers des axes de pénétration décidés par le commandement allié. A partir des têtes de pont conquises sur la Seine, de Paris à Pont-de-l'Arche, plusieurs corps d'armée vont s'élancer en direction de la Belgique. Pour la première fois depuis deux mois et demi de campagne, une guerre de mouvement peut enfin se développer. L'Oise se trouve être la zone d'où l'effort principal doit partir. Du 28 août au 2 septembre 1944, le département est traversé par cinq corps d'armée et des combats meurtriers éclatent en divers endroits.

Avertissement : un certain nombre d'abréviations sont utilisées dans le texte. Toutes sont reprises et explicitées en annexe n° 4.

Pour plus de clarté dans la désignation des unités militaires, un code a été adopté : la langue d'origine est conservée dans l'appellation des divisions allemandes, des corps d'armée et le plus souvent des armées. Les divisions américaines et britanniques sont désignées en français. Les chiffres romains sont utilisés pour les corps d'armée.

I - STRATEGIES ET TACTIQUES DANS LE CAMP ALLIÉ

Les discussions au plus haut niveau de l’état-major allié, sur la forme que doit prendre la suite de la campagne de la libération, débutent réellement à la mi-août 1944. Indirectement, le résultat de ce débat doit décider de la manière dont l'Oise sera libérée.

- Situation militaire à la mi-août :

La 7e armée allemande est quasiment encerclée dans la "poche de Falaise". Bien que de nombreuses troupes parviennent à s'en échapper, la situation est très critique. La 5e Panzerarmee s'efforce de contenir les alliés de part et d'autre de la poche ; vers le nord, sur le cours de la Dives et vers l'est, sur une ligne Argentan-Mantes-Gassicourt. Les forces allemandes cherchent désormais à repasser la Seine dans les meilleurs délais, harcelées par l'aviation alliée. Un "Korps de la Somme" doit se constituer afin d'ériger une ligne de défense. Le franchissement éclair de la Seine à Mantes par le XV Corps U.S. rend déjà très aléatoire une défense efficace sur le cours de ce fleuve. Paris vient de déclencher son soulèvement. La priorité du Generalfeldmarschall W. Model (entré en fonction à la tête des forces allemandes de l'ouest, le 18 août 1944) est désormais d'exécuter un repli ordonné vers l'est et le nord-est.

Les armées alliées s'apprêtent à bousculer les plans allemands en lançant leur offensive vers le Reich. Mais du fait des problèmes de ravitaillement inhérents à toute armée œuvrant loin de ses bases, le général D.D. Eisenhower doit encore répartir ses efforts. Chaque chef allié (Montgomery, Bradley et Patton en particulier) cherche donc à obtenir la priorité pour ses troupes afin d'entrainer les forces alliées à sa suite.

Les forces alliées dans l'OiseOrganisation des forces alliées entre le 28 août et le 2 septembre 1944

- Le débat des stratèges alliés :

Le but commun des Britanniques et des Américains est d'atteindre le « Westwall » (la fameuse « ligne Siegfried » défendant la frontière ouest du Reich). Les Américains du 12th Army Group (Généraux Bradley et Patton) préconisent de leur côté une poussée directe par l'est de la France, vers la Sarre puis le Rhin près de Francfort. Cela implique l'utilisation associée des lst U.S. Army (Général Hodges) et 3rd U.S. Army (Général Patton) dans cette direction ; le 21st Army Group du Général Montgomery n'ayant qu'un rôle secondaire près des côtes de la Manche (incluant l'Oise) en direction du port d'Anvers. Bien sûr, Monty (surnom de Montgomery) ne l'entend pas ainsi et propose une stratégie dite de la poussée sur un front étroit (single thrust) ; celle-ci devant se réaliser en direction de la Ruhr, par Beauvais, Amiens et Bruxelles, avec la 1st U.S. Army en flanc-garde de son 21st Army Group.

Durant plusieurs jours, chacun défendit énergiquement son point de vue auprès d'Eisenhower.

- L'option choisie met l'Oise au milieu de l'effort principal

Libération des alliésCarte de synthèse du plan allié

Le 23 août, Eisenhower finit par accepter un compromis très largement en faveur du plan de Monty. Il prescrit en effet, à ce dernier, de faire porter son effort principal en longeant la côte vers Anvers et Bruxelles. La lst U.S. Army doit mettre ses 9 divisions à disposition pour soutenir l'opération. Mais la 3rd U.S. Army, du bouillant George Patton, ne doit pas rester inactive : ses 3 corps fonceront vers l'est par Metz sous la contrainte cependant de limiter leur consommation d'approvisionnements, car Monty bénéficiera de la priorité dans ce domaine.

Patton fut amer de cette décision, Bradley ne pouvait pas non plus y trouver une entière justice. Il convint plus tard pourtant du bien-fondé de la stratégie adoptée. La lst U.S. Army s'étant révélée bien plus qu'une simple unité de flanc-garde face à une résistance allemande plus accrocheuse que prévue. De plus le nettoyage de la côte allait permettre d'annihiler les sites de lancement des fusées V1 qui s'abattaient sur la Grande-Bretagne et de s'emparer des aérodromes de Belgique.

Le département de l'Oise est destiné à être traversé par le fer de lance de Montgomery, le XXX Brit. Corps du Général Horrocks flanqué à sa gauche du XII Corps du Général Ritchie et à sa droite du XIX U.S. Corps du général Corlett. Sur le flanc Ouest de Monty, progressera la lst Canadian Army du Général Crerar qui aura la lourde tâche de nettoyer les ports de la côte ; sur le flanc est, les V et VII U.S. Corps des généraux Gerow et Collins assureront la liaison avec l'armée de Patton. Mais ils chercheront avant tout à protéger le flanc de Monty. L'Oise sera donc traversée d'ouest en est par le XII Brit. Corps, le XXX Brit. Corps, le XIX U.S. Corps, le V U.S. Corps et le VII U.S. Corps (voir la carte de synthèse du plan allié).

II - L'OISE, TREMPLIN DES ALLIÉS EN MARCHE VERS LA SOMME ET LA BELGIQUE

- La directive M. 520 du général Montgomery

Trois jours après l'approbation de sa stratégie, Monty émet la directive qui fixe concrètement le déroulement des opérations pour les forces placées sous ses ordres ; il s'agit de la directive M.520 du 26 août.

L'intention du 21st Army Group (et de la lst U.S. Army qui lui est rattachée) est « de détruire toutes les forces ennemies présentes dans le Pas-de-Calais et les Flandres, et de capturer Anvers ». Par la suite, sa mission pourrait s'avérer être : « avancer vers l'est, sur la Ruhr ». La 2nd Brit. Army (général Dempsey), au centre du dispositif doit, après son passage de la Seine « s'emparer du secteur Amiens-St-Pol-Arras » avec une puissante force blindée exécutant une percée sur Amiens, ceci sans tenir compte de la progression des autres armées (lst U.S. et lst Can.) sur ses flancs. « La bonne tactique, écrit Montgomery, est maintenant que de puissantes colonnes blindées mobiles contournent tous les centres de résistance de l'ennemi et avancent hardiment pour créer inquiétude et découragement sur ses arrières. Des colonnes d'infanterie arrivant ensuite s'occuperont de l'ennemi contourné. Je compte sur les chefs et les officiers à tous niveaux pour charger sans relâche avec la plus grande énergie ; toute tendance à s'attarder sur place ou à être trop précautionneux doit être réprimée impitoyablement ».

Les limites des différents couloirs de progression des armées et corps d'armée sont soigneusement fixées. Au niveau des deux groupes d'armées (le 21 et le 12), la séparation s'établit selon la ligne Mantes-Beauvais-Albert-Douai. La lst U.S. Army reçoit l'ordre pour épauler le 21st Army Group de progresser vers le nord-est sur un axe général Paris-Bruxelles pour venir s'établir dans le secteur Bruxelles-Maastricht-Liège-Namur-Charleroi. Finalement Bradley demeure peu enclin à envoyer son aide gauche si loin au nord et le 29 août, il parvient à concéder la région du Bruxelles comme objectif supplémentaire pour la 2n British Army.

Les grandes lignes d'opération étant fixées, les troupes peuvent se mettre en marche.

- Préludes aux combats dans l'Oise :

Selon la rapidité et la facilité des armées alliées à franchir la Seine, les différents corps se présentent dans le département de l'Oise avec parfois plusieurs jours de décalage.

Sur l'aile droite de la lst U.S. Army de Hodges, le VII U.S. Corps de Collins passe la Seine à Melun et s'élance vers le nord-est dès le 26 août. Le LVIII (58) Panzerkorps est rapidement bousculé puis repoussé près de Meaux. Le QG de la lère armée à Fontenay-Trésigny doit même quitter précipitamment le secteur, les premiers Sherman de la 3 D.B. U.S n'étant qu'à 2 km de là ! Le lendemain 27 août la 3 D.B. U.S. est aux portes de l'extrémité sud-est de l'Oise.

Sur l'aile droite de la 2nd Brit. Army de Dempsey, le XXX Corps de Horrocks vient de réaliser un brillant franchissement d'assaut de la Seine à Vernon. Après 3 jours de combats (25-28 août) aux sorties de la vallée de Seine, les tanks des 11 D.B. Brit. et 8 Brigade blindée Brit. s'élancent dans le Vexin normand et en vallée d'Epte. Au soir du premier jour (29 août), ces unités du fer de lance du Groupe d'Armées se trouvent aux portes de Gisors à l'est et devant Sérifontaine et Talmontiers à l'ouest. Le cours de l'Epte est l'ultime obstacle avant les plaines du Beauvaisis.

Immédiatement à sa droite, le XIX U.S. Corps de Corlett (formant l'aile gauche de la lst U.S. Army) débute son avance principale ce 29 août. Arrivant de la tête de pont de Limay-Vétheuil (rive droite de Seine, face à Mantes) où les premiers GI's avaient traversé le fleuve dès le 18 août, puis livré des combats pour renforcer et accroître la superficie de leur tête de pont, le corps vient de s'engager sur les premiers reliefs annonçant le Vexin français. Au soir du 29 août, ses trois divisions (2 D.B. U.S., 79 et 30 D.I. U.S.) sont établies au sud de Magny-en-Vexin, sur une ligne Maudétour-Enfer-Gadancourt-Avernes-sud de Vigny. Plus à l'est, l'élément de reconnaissance du Corps s'est avancé jusqu'à Chauvry et Béthemont-la-Forêt. Pontoise, entre ces deux avancées, demeure allemand. Dans le secteur, le LXXXI (81) Korps, et le I SS Panzer Korps n'ont plus d'éléments en mesure d'arrêter véritablement les Américains.

Sur la droite du XIX U.S. Corps, et donc au centre de la lst U.S. Ar¬my, le V U.S. Corps de Gerow est en reformation ce 29 août. Ses deux divisions d'infanterie (4 et 28 D.I. U.S.) prennent position au nord de Paris mais sa nouvelle division blindée (la 5 D.B U.S.), affectée en remplacement de la 2 DB Française, est encore stationnée à l'ouest de Paris (zone Septeuil-Mantes-Meulan-Poissy) où elle se refait des forces depuis 4 jours. Les divisions d'infanterie marcheront donc les premières dans l'Oise le lendemain 30 août rejointes en fin d'après-midi par les tanks du général L.E. Oliver qui réalisera une traversée éclair de la capitale avec toute sa division. Le V U.S. Corps est certainement l'unité qui a le terrain le plus difficile: les forêts de Pontarmé, Ermenonville et Compiègne barrent son axe en plus des cours de l'Oise et de l'Aisne.

Enfin, le XII Brit. Corps de Ritchie, sur l'aile gauche de l'armée de Dempsey, démarre de sa tête de pont sur la Seine près des Andelys, le 30 août au matin. Il est emmené par la 4 brigade blindée Brit. suivie de la 53 (Welsh) D.I. Brit.. Au soir du 30 août il occupe Gournay-en-Bray et le terrain plus à l'ouest jusqu’à l'Andelle. Avec l'arrivée prévue pour le lendemain de la 7 D.B. Brit. (les fameux « Rats du Désert ») le corps sera en mesure de poursuivre son avance en libérant le coin nord-ouest de l'Oise.

Côté allemand, du 28 au 30 août, la situation se détériore sans cesse. Un front quasi-continu d'unités très affaiblies ou de faible valeur combattive se reconstitue au nord de la Seine. Le 28 août, le Generalfeldmarschall Walter Model donne des instructions précises pour la défense de la Somme par le Korps de Kitzinger. Là encore, les unités mises à sa disposition sont fortes sur le papier mais incapables d'assumer la défense de la rivière sur le terrain. Le front reconstitué au sud de la Somme est placé sous le commandement de la 5 Panzerarmee du SS-Oberstgruppenfuhrer « Sepp » Dietrich, forte de 6 Korps mais comptant peu de vétérans endurcis par les combats de Norman¬die. Ceux-ci sont en effet expédiés vers le nord-est pour aller se reposer et se réorganiser. Les formations blindées sont pratiquement absentes du front, à l'exception du II SS Panzer Korps. Le I SS Panzer Korps, établi entre Magny-en-Vexin et le nord de Paris, compte seulement deux divisions d'infanterie (une de parachutistes, mais incomplète ; une autre issue de la Luftwaffe ayant subi de lourdes pertes lors des combats sur la Seine). Le LVIII (58) Panzer Korps du Generalleutnant Krüger, disposé du cours de l'Oise à Villers-Cotterêts, ne possède pas une seule véritable unité blindée ; il ne peut compter que sur la 47 I.D. et des éléments de la 348 I.D. Si les « Panzer Korps » comptent déjà peu ou pas de chars, les Korps (d'infanterie) n'en ont certainement pas plus. A l'ouest, le LXXIV (74) Korps n'aligne que 4 divisions d'infanterie éprouvées dans le pays de Bray, jusqu'à l'ouest de Beauvais (les 271, 331 et 344 I.D. et la 17 Luftwaffe Felddivision, toutes quatre ayant subi de lourdes pertes, au sud de la Seine). Enfin, le LXXXI (81) Korps de Kuntzen, disposé dans le secteur Gournay-Magny en Vexin, possède 3 divisions peu expérimentées et déjà affaiblies par les combats livrés à la mi-août de part et d'autre, de la Seine (49, 85 et 353 I.D.).

Forces allemandes dans l'OiseLes forces allemandes dans l'Oise le 30 août 1944

En arrière de la 5 Panzerarmee se trouve la 7 Armée du General H. Eberbach, taillée en pièces dans la poche de Falaise et ne regroupant plus que des restes de divisions. Le Korps de la Somme de Kitzinger relève de son autorité.

Très organisé, mais réaliste, Model reconnaît la supériorité tactique des Alliés. Malgré ses efforts, il sait que la ligne de la Somme n'a pas plus de chance d'arrêter les Alliés que ne l'a permis la Seine. Ses ordres sont donc « de se retirer en combattant, de ralentir au maximum l'avance ennemie dans chacun des secteurs délimités et au sein de chacune des armées et d'atteindre le plus tard possible, et seulement sous la pression de l'adversaire, et au minimum après 10 jours, une nouvelle ligne de résistance jalonnée par la tête de pont de l'Escaut près de Breskens (à l'ouest), Anvers, le Canal Albert, Hasselt, Maastricht et la Meuse (à l'est) ».

Les ordres du 28 août stipulent en outre, que la 7 Armée doit s'apprêter à relever la 5 Panzerarmee sur la ligne Neufchâtel-Beauvais-Compiègne à midi le 31 août. Le cours de l'Oise constitue un élément capital des combats de retardement à mener contre les Alliés.

La réalité des événements va balayer tous ces projets.

- Les opérations dans l'Oise

• 28 août 44 : le VII U.S. Corps écorne l'Oise et s'empare de Soissons.

N'ayant rencontré que très peu d'opposition lors de son passage de la Seine au sud de Paris, le VII U.S. Corps est prêt avant les deux autres corps de la lst U.S. Army pour l'avance. Le Corps d'Armée du Général John Lawton Collins (surnommé « Lightning Joe » ; « Joe l'éclair ») s'articule autour de la 3 D.B. U.S. du Major-Général Maurice Rosé, soutenu par les l. D.I. U.S. du Major-Général Clarence Huebner et 9 D.I. U.S. du Major-Général Louis A. Craig.

La 3 D.B. U.S. a le privilège d'être la première unité alliée à pénétrer dans l'Oise. Au matin du 28 août, les avant-postes conquis la veille se trouvent au nord de la Marne, de part et d'autre de Meaux et de la Ferté-sous-Jouarre. Dès l'aube, les 2 Combat Commands de la division blindée s'ébranlent vers leurs deux objectifs : Soissons et Pont d'Arcy sur l'Aisne. Rapidement une colonne ennemie fonçant sur la division est disloquée : plusieurs canons anti-aériens sont détruits et capturés ainsi que 7 véhicules.

Dans la matinée le Combat Command (ou C.C. « B ») du Brigadier-Général Truman E. Boudinot traverse le coin sud-est de l'Oise, s'emparant de Betz et Vaumoise avant de filer plus à l'est sur Villers-Cotterêts. L'action a été rapide car aucun élément allemand n'est venu s'interposer. Au soir, la 3 D.B. U.S. est dans tes faubourgs de Soissons et tient une portion des rives de l'Aisne à l'est de la ville. Cette action conforme à la réputation du Général Collins permet la capture de ponts intacts sur l'Aisne. Les Allemands, surpris, tardent à réagir. Dès le 27 août, la 9 Panzer Division et la 348 I.D. avaient reçu l'ordre d'établir des barrages au nord de Betz, mais il faut attendre 15h00, le 28 août, pour que le LVIII (58) Panzer Korps reçoive l'ordre de tenir fermement une ligne Dammartin-en-Goële - Nanteuil-le-Haudouin - Betz - Neuilly-St-Front. Lorsque Villers-Cotterêts est libéré (vers 15h00), la 348 I.D. à ordre d'occuper une ligne Nanteuil-Betz-Mareuil-sur-Ourcq (ces deux derniers villages étant déjà aux mains des Américains!). Plus à l'ouest, le front se prolonge sous la responsabilité de la 47 I.D.

Carte des opérationsOpérations du 28 et 29 août

Suivant les tanks à quelque distance, les 1 et 9 D.I. U.S. viennent occuper les arrières et les flancs du front américain. Des éléments de la 1 D.I. U.S. (« The Big Red One ») s'installent au sud-est de Betz.

Le 30 août le VII U.S. Corps s'emparera de Laon. Engagé comme flanc-garde, le Corps se retrouve en tête de l'avance ; position qu'il conservera jusqu'au dernier jour du mois.

• 29 août 44 : journée de répit dans l'Oise

Aucune autre unité alliée ne pénètre dans le département ce mardi 29 août. Pourtant, les Britanniques et les deux autres Corps américains ont pris l'offensive au nord de la Seine. Les Allemands tentent de réajuster leur dispositif avec les faibles moyens dont ils disposent.

La 5 Panzerarmee de Dietrich ordonne à ses LXXXVI (86) et LXXIV (74) Korps de se replier. Au centre, le LXXXI (81) Korps est talonné de près à l'ouest de Gisors. Plus à l'est, le I SS Panzer Korps du SS Obergruppenfuhrer Georg Keppler émet un ordre de repli sur plusieurs lignes successives : pour le soir même, de St-Clair-sur-Epte à Pierrelaye via Pontoise; pour le lendemain de l'est de Gisors à Luzarches via Beaumont ; pour plus tard encore (date et heure non fixées), sur la « ligne 5 » allant du sud-est de Beauvais à Senlis, via la vallée du Thérain et Creil. Toutes les unités de logistique non nécessaires aux combattants sont renvoyées au nord de la Somme (zone d’Albert). Tous les ponts situés dans le secteur des deux divisions du I SS Panzer Korps (18 Luftwaffe Felddivision du General Von Treskow et 6 Fallschirmjäger Division (parachutiste) du général Von Heyking) doivent être préparés à la destruction et détruits par les unités d'arrière-garde. Ce soir « le QG de Korps est à Froidmont au sud-est de Beauvais ».

Les motivations qui animent le commandement allemand sont clairement exprimées par le Général-major Mahlmann dont la 353 I.D. défend, ce soir, le cours de l'Epte au sud de Gournay-en-Bray : "Conduite de la bataille : dans les nouvelles positions de défense, des poussées ennemies auront lieu. Face à de grosses attaques, la division se repliera en se battant vers la position suivante" [écrit au QG divisionnaire établi en l'église de St-Germer-de-Fly]. Toute idée de contre-attaque est donc exclue!

• 30 août 44 : Beauvais libéré par la percée du XXX Brit. Corps.

Ce jour est l'un des deux plus importants (avec le lendemain) au regard des événements de la libération de l'Oise. Presque tous les corps d'armée concernés sont engagés aux côtés du fer de lance britannique. Dans la journée, mais plus encore dans la nuit qui suit, va se produire l'opération qui permettra au 21st Army Group de Montgomery d'emporter la décision finale en France du nord-ouest.

- « Supercharge II » : le XXX Corps à l'assaut de la Somme

Le Général B. L. Montgomery porte une grande confiance en Brian G. Horrocks (vétéran de la guerre d'Afrique du Nord). C'est en grande partie la raison pour laquelle son corps d'armée a été choisi pour mener l'avance du 21st Army Group. La « progression-éclair » prévue jusqu'à Bruxelles était divisée en plusieurs opérations intermédiaires. La première consistait à porter le Corps sur la rive nord de la Somme, elle reçut le nom ambitieux et prometteur de « Supercharge II (« Supercharge » avait permis à Monty de parachever sa victoire à El Alameim en 1942, et ainsi de gagner ses lauriers). « C'était le genre de guerre que j'aimais particulièrement, écrit Horrocks, (...), j'avais plus de 600 chars sous mon commandement et nous avancions sur un front large de 80 km ». Il compare volontiers ses formations blindées (11 D.B. et 8 Brigade blindée le 30 août, auxquelles s'ajoutera la D.B. de la Garde, le 31) à des moissonneuses-batteuses marchant de front et ouvrant des passages sur les arrières de l'ennemi ; alors que la 50 D.I. Brit. règle le sort des groupes ennemis contournés ou oubliés. La Résistance française apporta aussi une grande contribution au succès britannique désormais en marche.

- La 11 Division Blindée du général « Pip » Roberts traverse l'Oise en quelques heures

Arrêtée la veille, devant Mainneville et Sérifontaine, la division cherche dès l'aube des passages sur l'Epte. Les tanks de la 29 Brigade ouvrent la route couverts par les escadrons du régiment de reconnaissance de corps d'armée (The Inns of Court Regiment). Sur la gauche, le 2 Fife and Forfar Yeomanry prend Senantes à midi. Le 3 Royal Tank Régiment nettoie Amécourt puis une partie de Talmontiers avant d'emboîter le pas au 23 Hussars. Ce dernier libère le Coudray et atteint Hodenc-en-Bray pour midi. Complètement désorganisé et manquant de moyens, le LXXXI (81) Korps ne peut opposer aucune vraie résistance. Dans l'après-midi, Bonnières, Grillon et Songeons sont libérés. A 16h00, Marseille-en-Beauvaisis voit entrer ses premiers Sherman. A 21h00, au terme d'une journée de folle chevauchée, les tanks sont à Hétomesnil, Crèvecœur-le-Grand et Catheux. Les pertes sont moindres, alors que côté allemand, les prisonniers se comptent par centaines. La limite nord de l'Oise au sud de Conty, n'est qu'à 5 km des colonnes de tête. Les équipages refont le plein avec l'espoir d'une bonne nuit de sommeil réparateur.

- « Une des plus fantastiques avances nocturnes de la guerre » :

16hl5. Le QG de la 11 D.B. Brit. de « Pip » Roberts, arrêté sur la place de St-Germer de Fly, voit débouler le « Corps Commander » en personne. Le général Horrocks veut saisir la balle au bond et transformer l'essai sans perdre de temps. L'avance du jour s'est faite si facilement qu'il ne veut pas s'arrêter si près du but. Après une rapide discussion entre les deux généraux, il est convenu d'expédier la division de Roberts droit sur Amiens par une audacieuse approche de nuit. La capitale de la Somme et ses précieux ponts ne sont qu'à une quarantaine de kilomètres des colonnes de tête et l'ennemi ne semble rien avoir à opposer.

En quelques heures, les ordres circulent. A 22h30 les équipages éberlués remontent dans leurs tanks. La fatigue se fait sentir; les paupières sont lourdes et la poussière d'une longue journée brûle les yeux. Bientôt la pluie s'en mêle. Mais grâce au talent des hommes de tête, qui seuls décident des routes à prendre, la division entière s'enfonce dans l'obscurité et trouve son chemin. L'ennemi ne s'y attend pas et plusieurs fois, ses véhicules se mêlent aux colonnes britanniques, persuadés de rejoindre un convoi d'unités se repliant. L'ébauche de front tenue par Dietrich se désintègre avec les heures de cette mémorable nuit. Le General Eberbach chef de la squelettique 7 Armée se fait surprendre à l'aube du lendemain dans la banlieue d'Amiens : il est capturé avec une partie de son état-major. Cette avance nocturne fut bien « l'une des plus fantastiques de la guerre », car le front allemand ne put réellement se reconstituer que sur la frontière hollandaise. Grâce à Horrocks, Montgomery vient de frapper un grand coup. Partie de l'Oise, cette opération provoque l'accélération du repli allemand. A l'aube du 31 août, Amiens est sur le point d'être pris avec ses ponts intacts. Seuls les fantassins de la 50 D.I. Brit. sont encore dans l'Oise ; les tanks de la 1 D.B. sont déjà loin.

- Sur l'aile droite du XXX Brit. Corps, la 8 Brigade blindée s'empare de Beauvais.

A 10h30 du matin, ce 30 août, les tanks du 4/7 Royal Dragoon Guards entrent dans Gisors. Sans s'arrêter, ils emmènent le reste de la brigade vers Beauvais. Après une courte pause à Lalandelle les chars obliquent vers l'est et pénètrent sans encombre dans les faubourgs de Beauvais, par l'ouest. Plus au sud le 13/18 Royal Hussars tente d'accéder à la ville par Auneuil. A hauteur de la ferme du Point du Jour (sud d'Auneuil), les Allemands ont établi un barrage. Un véhicule de reconnaissance et 3 chars Sherman brûlent bientôt dans la plaine. Le 13/18 Royal Hussars doit s'en tenir là et installe son bivouac à La Houssoye. Protégés par un rideau anti-char, les Allemands se replient vers Beauvais où ils découvrent qu'ils sont presque encerclés, les Britanniques tenant déjà la ville. Une succession d'escarmouches et de combats a lieu, les Allemands perdant de nombreux véhicules hippomobiles et 3 chars Tigre (deux à Goincourt et un dans le centre de Beauvais). Les Britanniques du 12th K.R.R.C. déplorent la perte de 3 tués et d'un véhicule au nord de Goincourt. En soirée, la 8 Brigade a deux régiments à Troissereux (Sherwood Rangers) et Juvignies (4/7 R.D.G.) et un à La Houssoye (13/18 R.H.). Entre les deux, des Allemands errent encore dans la « poche d'Auneuil ».

- Le XIX U.S. Corps en flanc-garde prend Méru et Noailles

Les ordres du corps émis la veille stipulent que la 2 D.B. U.S. du Général Brooks doit « foncer immédiatement pour agrandir la tête de pont de la Seine et avancer rapidement sur Montdidier ». Les 30 et 79 DI U.S., des généraux Hobbs et Wyche entament la progression à partir de 8h00 ce 30 août. La division blindée roule sur la gauche du XIX U.S. Corps en étroite liaison avec la 8e Brigade blindée Brit.

Front de la 2 D.B. U.S. : le C.C « A » traverse la Seine à 6h00 du matin rejoignant le C.C. « B » déjà rive nord et prenant place à sa droite. Dans la foulée, il s'élance et progresse toute la journée contre une opposition « légère ». A gauche, le C.C. « B » du Brigadier-Général I.D. White subit un retard dès le début car il doit livrer combat à Fleury. Le 67 Armored Regiment (3e bataillon) engage une colonne allemande à distance. Il est alors à 2 km du nord du village. Mais les Allemands répliquent au canon anti-char et des tanks destroyers M 10 doivent se déployer. Sous couvert de la fumée d'un incendie, les Allemands se replient. En soirée, les colonnes du Général E.H. Brooks sont à 15 km au sud de Beauvais, laissant ouverte la « poche d'Auneuil », d'où les derniers Allemands refluent. Le gros des forces U.S. a évité les villes. Ainsi Chaumont (en territoire britannique !), Méru et Noailles sont libérés par des éléments légers de la division.

Front de la 79 D.I. U.S. : dès 8h00, les 3 colonnes de fantassins à pied se sont mises en route. Sur la gauche, le 314 I.R. bénéficie de quelques véhicules disponibles et roule jusqu'à Hénonville, où l’avant-garde engage le combat contre une équipe de démolition ennemie, qui parvient à faire sauter un bunker à munitions avant d'être dispersée. 130 prisonniers sont faits. Sur la droite, le 315 I.R. fait un nombre équivalent de prisonniers et, sans pertes pour lui-même, vient s'établir à Berville (à la limite de l'Oise). Derrière, le 313 I.R. demeure en réserve. En fin de journée, 35 km ont été parcourus. « C'est le début d'une avance mémorable et historique! » précise l'historien divisionnaire.

Front de la 30 D.I. U.S. : la division est aussi à pied pour le début des opérations. Son aile droite, sur l'Oise, libère Pontoise et s'établit au nord de la ville. L'aile gauche est au contact avec la 79 D.I. U.S. Elle parcourt 20 km dans la journée sans encore fouler le sol du département de l'Oise. La rive gauche de l'Oise voit arriver les véhicules de reconnaissance du 113 Cavalry Group (reconnaissance du XIX U.S. Corps). Le soir, ils occupent L'Isle-Adam et Beaumont-sur-Oise.

Opération britaniqueLes britaniques percent à l'Ouest

- Le V U.S. Corps libère Chantilly, Senlis et Nanteuil-Ie-Haudouin.

Au lever du jour et alors que la 5 D.B. U.S. commence seulement sa traversée de Paris, le Corps d'armée du Général Léonard T. Gerow débute sa progression. Les 4 et 28 D.I. U.S. se mettent en marche, respectivement sur les ailes droite et gauche du Corps. La 4 D.I. U.S. du Général Raymond O. Barton progresse sans difficulté du secteur de Montfermeil vers Montge, puis Nanteuil-le-Haudouin, qu'elle libère sans encombre. Les avant-postes divisionnaires occupent les lisières du Bois-du-Roi, plus au nord. À l'ouest, les fantassins de la 28 D.I. U.S. du Général Norman D. Cota quittent St-Denis. Avant même d'atteindre le sud du département de l'Oise, la 5 D.B. U.S. les rattrape et les dépasse. En fin de journée, la 28 D.I. U.S. s'établit en forêt d'Ermenonville, au sud de Senlis.

Parties à 6h30 du sud-ouest de Paris, les 3 colonnes de la 5 D.B. U.S. se joignent réellement à la progression du V U.S. Corps à partir de 14h00. Les autos blindées M8 et M20 du 85 Cavalry Reconnais¬sance Squadron ouvrent alors la route aux 5 colonnes d'attaque qui se constituent. Au cours d'une escarmouche, le Lt-Colonel Kent Fay, chef de l'unité est tué.

Sur l'aile droite, le Combat Command « A » (C.C.« A ») du Brigadier Général Eugène A. Régnier demeure derrière la 4 D.I. U.S. et finit par prendre position à Lagny-le-Sec, Villers-St-Genest et Nantouillet. Sur l'aile gauche, le C.C. « B » roule sans difficulté jusqu'à Lamorlaye. Là, la Company « B » du 81 Tank Battalion se heurte à une colonne de véhicules légers de la 6 Fallschirmjäger Division (6 Flak Abteilung). Un camion d'essence est détruit ainsi qu'un semi-chenillé Sdk fz 7/1 équipé d'un affût quadruple de canons de Flak (20 mm) et un véhicule d'état-major. « Trois Allemands sont tués ». En soirée, les éléments du C.C. « B » bivouaquent à la sortie nord-est de Chantilly (qui vit ce soir les joies de la libération), mais aussi à l'est et au sud-ouest. Des éléments du 15th Armored Infantry Battalion ont poussé jusque dans Senlis où, après des échanges de coups de feu, la ville est libérée à son tour. Des reconnaissances ont lieu vers Chamant et Barbery. Plus au sud, le C.C. « R » du colonel Glen H. Andersen prend position autour de la Chapelle-en-Serval.

Toute la journée, les éléments allemands ont évité le contact avec les Américains, leur ligne de défense principale étant située plus au nord : la 348 I.D. défend l'est de la forêt de Compiègne et la 47 I.D. le sud ; alors que la 6 F.J.D. imbriquée dans la 18 L.F.D. tente de résister au sud-est de Beauvais avec ses faibles moyens. Plus à l'ouest, la situation est chaotique à l'extrême : les LXXXI (81) et LXXIV (74) Korps ont été laminés par la percée britannique vers Amiens. Leurs 7 divisions ont presque perdu tous contacts entres elles. La journée du lendemain, avec la découverte de l'avance nocturne britannique, s'annonce déjà dramatique.

• 31 août 44 : la défense allemande se raidit au sud de Compiègne.

Au cours de ce deuxième jour crucial, les Britanniques veulent parachever leur victoire de la veille et débarrasser l'ouest de l'Oise des derniers traînards allemands. Au centre et à l'est, les XIX et V U.S. Corps reprennent leur mouvement vers le nord-est face à une opposition de plus en plus active.

- Le XII British Corps s'empare du coin nord-ouest de l'Oise.

Arrivé sans difficultés jusqu'à Gournay-en-Bray et le terrain plus à l'ouest, le XII Brit. Corps du Général Neil O. Ritchie s'apprête à appuyer avec tous ses moyens la percée du XXX Brit. Corps sur sa droite. Cette manœuvre va se trouver facilitée par l'ordre allemand, donné la veille au soir, prescrivant d'abandonner la « Dieppe Linie » (Dieppe-Neufchâtel-Beauvais-Creil-Senlis) au profit du cours de la Somme.

Le XII Brit. Corps aligne 2 formations fortes chacune de 250 tanks environ : la 4 Brigade blindée du Brigadier R.M.P. Carver et la 7 D.B. Brit. du Major-Général D. Verney. Cette fameuse division des « Rats du Désert » se joint en milieu de journée seulement à l'avance car il lui a fallu faire la route d'un seul trait depuis Le Neubourg (rive gauche de la Seine) pour rejoindre le front.

Déjà sous commandement de la 7 D.B. Brit., la 4 Brigade blindée démarre à 7h00. Bazancourt et Villers-Vermont sont nettoyés par le 3/4 County of London Yeomanry (tanks), qui fait 200 prisonniers et capture des canons. Le 44 R.T.R. poursuit la progression par Cam-peaux, St-Arnoult-Epeaux puis Feuquières livrant plusieurs petits combats contre des arrière-gardes. Après avoir enveloppé la ville, le 44 RTR entre dans Grandvilliers vers 17h00. Des engins de reconnaissance du XXX Corps s'y étaient brièvement hasardés la veille au soir, sans suite. Vers 17h30, le 44 RTR taille en pièces des convois allemands fuyant aux abords de Poix puis libère la petite cité picarde avant de prendre position autour, en soirée. Sur la gauche, la colonne du Royal Scots Greys se heurte à un barrage à Grumesnil, perdant 2 Sherman et plusieurs hommes. Puis le régiment libère Canny-sur-Thérain, Campeaux, évite Formerie par l'Est et fonce sur Monceaux-1'Abbaye et Broquiers : Sarcus, contourné par le sud-ouest, un combat plus violent éclate à Fouilloy. Avec l'aide des F.F.I., une centaine d'Allemands sont pris en plus de 8 canons anti-chars, 2 canons de campagne et divers autres armements. Autour d'Escles-St-Pierre les Allemands résisteront toute la soirée avant de se replier de nuit.

A gauche, devant la 7 D.B., des véhicules de reconnaissance des 1st Dragoons et 11th Hussars se heurtent à des éléments anti-chars à Abancourt, tandis que d'autres libèrent Formerie. Le 5 R.I. D.G. (Rgt de tanks) lutte toute la fin de journée pour s'emparer d'Abancourt. Les Allemands ne l'évacueront qu'en fin de nuit, le lendemain.

En quelques heures, le XII Brit. Corps a lui aussi mis l'Oise derrière lui. Demain il sera sur la Somme. Près de 1000 prisonniers ont été fait dans l'Oise, appartenant principalement aux 17 LFD, 353 et 49 I.D.

- Au nord de Beauvais, la Division Blindée de la Garde s'élance vers la Somme.

Avant l'aube et après avoir passé une courte nuit près de Gisors, sur le bord de la route, la D.B. de la Garde du Major-Général Alan Adair roule en direction de la Somme. Les véhicules de reconnaissance du 2 Household Cavalry Regiment sont partis de l'avant à 3h00 du matin afin de trouver une route contournant Auneuil et son barrage d'armes anti-chars. Le gros de la division gagne ainsi Beauvais par la Neuville-Garnier, Vaux et St-Martin-le-Nœud. La colonne des Grenadier Guards roule en tête, précédée par le 2 H.C.R. dont la première patrouille atteint la Somme peu avant midi. Sans opposition (suite à la percée de la 11 D.B. plus à gauche) Froissy et Breteuil sont libérés. Dans l'après-midi, les « Guards » tiennent la Somme et ses précieux ponts aux abords de Corbie. Le général Horrocks parachève ainsi brillamment sa manœuvre entreprise hier au soir. Ses 600 tanks ont atteint la Somme.

- Le XIX U.S. Corps étiré de Mouy jusqu'au sud-ouest de Montdidier.

La 2 D.B. U.S. de Brooks renouvelle ses assauts à partir du secteur de Noailles. Son avance à l'est de Beauvais, en plus de celle des « Guards », réduit et ferme définitivement la poche d'Auneuil dont les derniers défenseurs ont fui ou se rendent. Le C.C. « A » du Colonel John H. Collier a pour objectif les ponts de Péronne et Aubencheuil-au-Bac. Le 82 Reconnaissance Battalion ouvre la route. Le C.C. du Brigadier-Général Isaac D. White ne rencontre qu'une difficulté à Bresles (pris à 15h00), sous forme de canons anti-chars et de mitrailleuses. L'avance reprend et les Sherman rattrapent des colonnes allemandes se repliant. L'aviation tactique est très active. Partout dans l'Oise ces convois sont mitraillés sans relâche. Après une soixantaine de kilomètres parcourus, la 2 D.B. U.S. prend position à 8 km au sud-ouest de Montdidier. En limite est de l'avance divisionnaire, St-Just-en-Chaussée est libéré tardivement.

Sur la droite et très nettement en retrait, les troupes à pied de la 79 D.I. U.S. prennent pied dans l'Oise. « Avec encore moins d'escarmouches que la veille », 20 miles sont couverts dans la journée. A 20h00, les 3 régiments sont à St-Félix (313 I.R.), Hermès (314 I.R.) et Angy (315 I.R.). Bien établie au-delà du Thérain, la division a expédié des reconnaissances dans Mouy.

Plus à l'est, la 30 D.I. U.S. de Hobbs exécute une progression semblable. Ses seules difficultés sont quelques tirs d'artillerie à longue portée subis (sans dommages), trois ponts détruits et une opposition très minime et limitée. Après 30 kilomètres, le Thérain est franchi en amont et en aval de Mello. Le 120 I.R. est fier des 22 villages libérés ce jour ; il bivouaque à Cramoisy. Le 119 I.R., en réserve s'installe autour de Neuilly-en-Thelle. Le 117 I.R. occupe le sud-est de Mouy. Des reconnaissances ont atteint Montataire et Nogent. Les ordres reçus pour le lendemain parlent de la Belgique et plus seulement de la Somme. Les choses promettent d'aller encore plus vite.

Les camions, jusque là non disponibles en nombre suffisant, arrivent ce soir dans les unités d'infanterie du XIX U.S. Corps. Le Général Corlett espère ainsi réaligner ses 3 divisions sur la Somme, le 1er septembre.

- Le LVIII Panzer Korps bloque le Y U.S. Corps en Forêt de Compiègne

La 4 D.I. U.S. de Barton demeure au nord de Nanteuil-le-Haudouin et effectue des missions de ratissage des Allemands isolés, derrière les chars de la 5 D.B. U.S. Elle libère Crépy-en-Valois.

Sur le flanc gauche, la 28 D.I. U.S. de Cota effectue des préparatifs en vue du franchissement de l'Oise. Le 110 I.R. du Colonel Théodore A. Seely traverse Chantil¬ly, atteint Creil par le sud (où les ponts sautent devant les véhicules de reconnaissance) puis marche sur Pont-Ste-Maxence. La Company « L » y franchit l'Oise, établissant un périmètre rive gauche pendant que les Engineers assemblent un pont « treadway ». Le 112 I.R. du Colonel Henry Hodes patrouille en forêt de Pontarmé avant d'aller occuper Senlis, Montépilloy, Brasseuse, Raray et Villeneuve-sur-Verberie en soutien des tanks de la 5 D.B. U.S. Le 109 I.R. du Colonel William L. Blanton se joint aussi aux éléments de cette division en vue du franchissement de l'Aisne. Mais auparavant, il faut traverser l'imposante forêt de Compiègne.

Le LVIII (58) Panzer Korps dispose, pour barrer les accès des ponts de Compiègne, de la 47 I.D. du Général-major Wahle dont le 104 Grenadier Régiment défend la Forêt et du 512 Schnelle Régiment.

Le C.C. « B » (5 D.B. U.S.) attaque à 8h00 en direction de Fleurines et rencontre des difficultés : ses tanks détruisent 2 canons et un Panzer III. La Task Force Andersen poursuit jusqu'à Creil avec le 110 I.R. de la 28 D.I. U.S., puis Pont-Ste-Maxence où elle soutient les Engineers de ses tirs sur les Allemands encore rive droite. La Task Force Gilson, plus à droite, entre dans Verberie où elle découvre le pont détruit (il est 11h15) mais s'empare de l'aérodrome proche. Se décalant vers le nord-est, la Task Force remonte l'Oise, rive gauche, vers La-Croix-St-Ouen.

Le C.C. « A », beaucoup plus à l'est ne rencontre aucune difficulté ce matin. Sa colonne de gauche dépasse le 8 I.R. (4 D.I. U.S.) à Crépy-en-Valois et se heurte à l'ennemi à l'ouest de Morienval. Il est 17h00. Ne pouvant contourner l'obstacle, la colonne s'installe au nord de Feigneux pour la nuit. La Task Force Burton (colonne de droite) parvient sans encombre jusqu'à... l'Aisne ! En effet, la 348 I.D. a quitté le secteur de Vic-sur-Aisne et les Sherman n'ont aucun mal à libérer Ressons-le-Long. Grâce au pont intact de Pommiers, la Task Force traverse et pousse jusqu'à Epagny, 7 km plus au nord, où elle campe. Lors d'une tentative, rive sud, en direction de la forêt de Compiègne, un véhicule et plusieurs hommes ont cependant été perdus. Cette Task Force réalise la plus belle avance du jour sur le front du V U.S. Corps.

Au centre enfin, le C.C. « R » attaque la forêt par sa lisière sud. Un violent combat s'engage à Béthisy contre le I Btl. du 6 Sicherung Regiment et une batterie de 105 mm tractés du 1143 Artillerie Bataillon. Les 10 canons sont détruits ou capturés au terme de 2 heures d'échanges de tirs. 14h30 : Béthisy est libéré: Le C.C. « R » se scinde alors en 2 colonnes : la Task Force Hamberg, aborde la forêt par Orrouy (18h00). En combattant, elle atteint une position à 2 km au sud-ouest de St-Jean-aux-Bois à 20h00. Un bivouac tactique est organisé.

Vers 23h00, un convoi ennemi débouche par l'arrière occasionnant un nouveau combat. L'historique du C.C « R » apporte le bilan suivant pour la Company « B » en forêt : « 100 Allemands tués, 6 prisonniers faits ; 3 canons de 75 mm, 2 canons de 20 mm, 1 char Panther, une cui¬sine roulante, 2 véhicules d'état-ma¬jor, 3 semi-chenillés, 4 remorques, 20 bicyclettes et 2 mortiers de 81 mm » capturés. Le nombre des tués est (comme souvent) nettement exagéré. La Task Force Boyer entre dans les bois par Gilocourt mais perd bientôt 4 Sherman, dont 2 sont réparables. La lisière sud-est est donc tout aussi bien défendue. Il est possible d'y recenser des fantassins enterrés, appuyés par 2 canons de 88 mm sur le côté de la route et, en lisière, 2 canons automoteur de 20 mm Flak et un de 37 mm. « Tous sont détruits ou capturés (...) avec en plus environ 100 Allemands tués dans le découvert devant la forêt ». La Task Force demeure sur place (lisière sud-est) et détruit même un Panzer fuyant au loin.

Dans la nuit, le 112 I.R. du Colonel Modes se glissera des avant-postes de la Task Force Gilson (C.C « B ») vers Compiègne, atteignant Royallieu. A l'Aube, il entrera dans Compiègne où les ponts auront malheureusement sauté.

Les combats livrés dans et aux abords de la Forêt sont les plus rudes auxquels des Américains ont pris part dans l'Oise. Une tête de pont est gagnée à l'ouest de Soissons au-delà de l'Aisne mais le LVIII Panzer Korps résiste encore sur la confluence de l'Oise et de l'Aisne et le SS-Oberstgruppenführer Dietrich peut être satisfait de ce coup d'arrêt infligé. A 15h00 en effet, l'ensemble des forces allemandes à reçu l'ordre par radio de se replier sur une ligne Amiens-Noyon-La Fère-Marle-Montcornet-Rethel, ce soir ; l'action de la forêt de Compiègne apporte un répit qui sera exploité au mieux. Le maître-mot du Feldmarschall Model reste : « se battre à tout prix ! »

Carte des opérations31 août : Combats pour Compiègne

• 1 septembre 44 . Noyon, dernier bastion allemand dans l'Oise

La situation générale du front allemand ne s'améliore guère car l'espoir de voir les Britanniques regrouper leurs forces sur la Somme s'évanouit avec la prise de Doullens et Arras. Le I SS Panzer Korps de Keppler a quitté l'Oise et remis ses divisions sous l'autorité du LVIII (58) Panzer Korps. De faibles éléments du LXXXI (81) Korps, issus des 84 et 85 I.D. tiennent la Somme de part et d'autre de Péronne pour permettre aux 49, 353 et 271 I.D. dont les arrière-gardes quittent en ce moment même le nord de l'Oise, de franchir la rivière. La défense de l'Oise dans sa partie nord-est est désormais aux mains des LXXXI Korps et LVIII Panzer Korps disposant des restes des 49 I.D., 18 LFD, 6 FJD, 47 I.D. et 348 I.D., renforcés par diverses unités de Flak et des Panzer isolés.

- Le XIX U.S. Corps des rives du Thérain à celles de la Somme.

Les 3 divisions du Corps exécutent un mouvement rapide et puissant grâce à la motorisation des fantassins.

La 2 D.B. U.S. est obligée de contourner Montdidier défendu par plusieurs canons de 88 mm. Rien ne l'arrête plus jusqu'à ce que son C.C « A » atteigne Arleux et les faubourgs de Cambrai et son C.C. « B » le secteur Péronne-Combles.

Le 113 Cavalry Group franchit enfin l'Oise à Beaumont-sur-Oise, sur un pont du Génie U.S. et ses deux Squadrons ouvrent la voie à chacune des deux divisions d'infanterie. A 12h00 débute cette mémorable « charge de cavalerie », que seule l'absence de certains ponts espérés sur la Somme ralentira. La 30 D.I. U.S. constitue une Task Force « Harrison », entièrement motorisée et comprenant des éléments de toutes ses unités à l'exception du 117 I.R. Celui-ci séjournera jus-qu' au 4 septembre à Mello. La Task Force rencontre une « opposi¬tion négligeable », libérant Liancourt, Estrées-St-Denis et Ressons-sur-Matz, puis poursuit au même rythme jusqu'à Péronne. Le plein y est refait et la tête de la colonne continue dans l'obscurité jusqu'à Cambrai.

En deux colonnes, la 79 D.I. U.S. suit le mouvement : le 314 I.R. libère Etouy - St-Just-en-Chaussée (définitivement), Maignelay et poursuit jusqu'à Feuillères sur la Somme. La destruction des ponts arrête temporairement la colonne. La colonne des 313 et 315 I.R. libère Clermont - Lieuvillers - Méry-la-Bataille et continue jusqu'à Ommiécourt-les-Cléry, où un pont doit aussi être reconstruit. Plus de 100 km ont été parcourus face à une opposition presque nulle. Le XIX U.S. Corps a quitté l'Oise.

- Le LV1I1 (58) Pauzer Korps se replie sur Noyon en combattant.

Seul le C.C. « A » de la 5 D.B. U.S. est rive nord de l'Aisne, ce matin, loin sur la droite du V U.S. Corps. Pour cette raison, l'unité est placée sous l'autorité de la 4 D.I. U.S. avec mission de mener son infanterie vers le nord-est. Les 8 et 22 I.R. investissent, grâce au soutien de ces tanks, le secteur au nord de Soissons. A gauche, le 12 I.R. du Colonel James S. Luckett franchit l'Oise à Vic-sur-Aisne et progresse au nord-est, hors de l'Oise. La 28 D.I. U.S. et le reste de la 5 D.B. œuvrent de concert. Le 112 I.R. entre dans Compiègne au petit matin, franchit l'Oise sur les ruines du « pont de bois » qui vient de sauter et protège la construction d'un « treadway bridge » de 80 mètres par la Compagny « B » / 22 Engineers Bn. Celui-ci est achevé vers 18h00 et la Task Force Gilson (C.C. « B ») s'y engouffre aussitôt en direction de Ribécourt-Dreslincourt et Noyon. A 16h00, plus au sud-ouest, le pont du Génie à Pont-Ste-Maxence est terminé à son tour, emprunté immédiatement par la Task Force Anderson (C.C. « B »). Au centre, le C.C. « R » entreprend le nettoyage final de la forêt de Compiègne ; le 109 I.R. de la 28 D.I. U.S, l'appuie et le devance parfois. Dans la nuit, la 47 I.D. a repassé l'Aisne près de Choisy et pris soin de faire sauter le pont derrière elle. Après de longues heures sans presque de combats, C.C. « R » et 109 I.R. entrent dans Choisy (14h00). La traversée devenue impossible aux tanks, tous deux filent sur Compiègne où ils arrivent vers 18hl5 prenant leur place dans la file d'attente pour le pont. Le 109 I.R. embarque dans des camions. De nouveaux ordres arrivent : le V Corps doit se porter au plus vite sur la frontière belge, près de Condé. Une progression nocturne est planifiée pour respecter le délai imparti.

De nuit donc, la Task Force Gilson approche de Noyon. Ses 3 tanks de tête sont soudain détruits. Plus à l'ouest, 3 half-tracks subissent le même sort alors qu'ils ouvrent la route à la Task Force Anderson. Le C.C. « B » se trouve arrêté par la 348 I.D. redéployée au sud-ouest de Noyon et des éléments de la 6 FJD qui la soutiennent énergiquement. Plus au nord-ouest, à Lagny, un détachement du Combat Command est bloqué alors qu'il lente un contournement. Au sud de Noyon, le C.C. « R » est aussi arrêté, par de l'artillerie, (au nord de Chiry-Ourscamp). Une nouvelle fois, le LVIII Panzer Korps vient d'entraver la marche du V U.S. Corps, permettant à plus d'hommes et de matériels de repasser la Somme.

Les premières heures du 2 septembre verront la situation se fluidifier autour de Noyon, les Allemands ayant, comme à leur habitude, profité de l'obscurité pour se replier. Ils évitaient ainsi la menace aérienne alliée. La 5 D.B. U.S. avancera de 150 km dans la journée du 2, atteignant Valenciennes. Le Heeresgruppe « B » de Model qualifiera d'ailleurs la situation entre Lille et Mons « d'extrêmement tendue ».

Carte des opérations1er septembre : ultime combat dans l'Oise


Parmi les combats livrés dans l'Oise, on retiendra 4 secteurs importants : la forêt de Compiègne et le cours de l'Aisne, Noyon, Auneuil et Abancourt. Dans ces 4 endroits, les Allemands ont tenu en échec temporairement la puissance alliée. A l'inverse c'est dans le Beauvaisis et le Pays de Bray que les Alliés ont commencé à faire craquer le fragile front allemand, lançant leurs blindés dans une course folle vers la capitale belge et le précieux port d'Anvers. Tous deux seront libérés les 3 et 4 septembre.


[sous-titre]Annexe 1[/sous-tire]

Annexe 1La libération des villes de l'Oise

[sous-titre]Annexe 2[/sous-tire]

Bilan militaire des pertes subies dans l’Oise (28 août - 2 septembre 1944)

I - ARMÉES ALLIÉES

2eme armée britannique :

12e Corps : - 5 tués,

- environ 10 blessés

- 1 chenillette Bren-Carrier détruite (à Bazancourt)

- 1 scout car détruit (à Blargie)

30e Corps : - 15 tués,

- environ 5 blessés

- 3 chars Sherman détruits (à la Neuville-sur-Auneuil)

- 1 chenillette Bren-Carrier détruite (à la Houssoye)

- 1 half-track M3 détruit (au nord de Goincourt)

- 2 scout cars détruits (à la Neuville-sur-Auneuil)

1ers armée américaine :

19e Corps : - aucun tué

- environ 10 blessés

-

5e Corps : - environ 25 tués

- environ 50 blessés

- 5 chars Sherman détruits et 2 endommagés

- 3 half-tracks M3 détruits

- 2 jeeps

- 1 auto-blindée M8 détruite

7e Corps : - aucune perte

Total des pertes alliées :

- environ 50 tués

- environ 75 blessés

- 8 chars Sherman

- 12 véhicules de tous types

II –ARMÉE ALLEMANDE :

II est particulièrement difficile d'avoir des chiffres précis concernant les forces allemandes. Cependant à l'aide des quelques documents de référence exploitables et des sources alliées, il est possible d'obtenir les estima lions suivantes :

. Unités impliquées des I SS et 58 Panzer Korps, ainsi que des 74 et 81 Korps : environ 3000 hommes perdus, comprenant :

- environ 2 500 prisonniers de guerre (minimum)

- environ 300 blessés

- environ 150 tués

Pertes de Chars (d'après textes officiels, photos et témoignages) :

- 10 Panzer recensés dans l'Oise :

- 2 Königstiger, 1 Tiger, 3 Panther, 2 Panzer IV, 1 Panzer III et un de type indéterminé

De très nombreux véhicules, tant à moteur qu'hippotractés, ont été détruits ou abandonnés sur les routes et dans les forêts de l'Oise.

III - LE CAS PARTICULIER DES COMBATTANTS BRITANNIQUES TUÉS DANS l'OISE

Contrairement aux autres armées belligérantes, les forces du Commonwealth n'ont pas procédé à des rapatriements de corps à la fin de la guerre. L'état des tombes sur le territoire français permet donc de fournir des chiffres précis et vérifiés.

Voici donc la liste des soldats britanniques tués dans l'Oise : (il n'y a pas eu de Canadiens, mais il existe 3 tombes de Sud-Africains, issus de la 2ème Division Sud-Africaine, capturés à Tobrouk en juin 1942 et morts en captivité en France).

5 soldats du Spécial Air Service (dont un Captain) fusillés à Berthecourt le 9 août 44 et enterrés à Beauvais-Marissel,

1 soldat du 1st Royal Dragoons (régiment de reconnaissance du XII Corps) tué et enterré à Blargie,

2 soldats du 2nd K.R.R.C. (4ème Brigade blindée Brit.) tués et enterrés à St-Samson-la-Poteries et Villers Vermont. 2 autres soldats ont été tués dans l'Oise mais enterrés à Forges-les-Eaux (76).

2 soldats de la 8th Rifle Brigade reposent, l'un à Sérifontaine (tué près d'Amécourt), l'autre à Beauvais (blessé mortellement près d'Amiens).

5 tankistes du 13th/18th Royal Hussars tués à la ferme du Point du Jour (La Neuville-sur-Auneuil) sont enterrés à Auneuil.

4 soldats du 12th K.R.R.C. (dont un Major) reposent à Beauvais (il s'agit de 3 hommes tués à Goincourt) et à la Houssaye (1 homme tué lorsque sa chenillette s'est retournée).

3 Coldstream Guards (5th Battalion) se trouvent à Beauvais, certainement victimes d'accidents de la route.

1 soldat du 1st Irish Guards est mort (accident) et enterré à Enancourt-Léage.

2 hommes du 6th Durham Light Infantry (50e Division)"blessés mortellement près de Dury (80) sont enterrés à Beauvais.

2 soldats du 2nd Household Cavalry Régiment (Reconnaissance du XXX Corps) tués au Point du Jour sont aussi enterrés à Auneuil.

Enfin, 3 hommes de l'intendance, des transmissions et du train, tués accidentellement plusieurs Jours après la libération, sont enterrés à Beauvais.

Pour conclure sur les tombes du Commonwealth, il faut noter que les aviateurs sont les plus nombreux à reposer dans les cimetières de l'Oise (301, hommes) puis viennent les libérateurs (25 hommes), ceux du corps expéditionnaire de 1940 (12 hommes), les S.A.S. (5 hommes) et les Sud-Africains (3 hommes). On recense 11 soldats inconnus.

Les soldats américains tués reposent à St-Laurent-Colleville, St-James, Epinal et aux Etats-Unis ; les soldats allemands à Beauvais, dans divers cimetières du nord-est et en Allemagne.

[sous-titre]Annexe 3[/sous-tire]

PRINCIPALES SOURCES DE CETTE ÉTUDE

1 - SOURCES NON-PUBLIÉES :

Historiques des unités militaires déposés aux archives des pays concernés :

National Archives (Washington) ; Public Record Office (Londres) ; Bundesarchiv (Koblenz et Freiburg).

Témoignages de civils, de vétérans et diverses lettres et notes.

2 - SOURCES PUBLIÉES :

Françaises :

BONNET-LABORDERIE Ph., Bulletin n° 61-63 et 67-68 du GEMOB.

DELAME-LELIEVRE M., L'opération Lynnet 1 n'aura pas lieu, 1978.

MAIGNON J. L'Oise dans la guerre, 1939-45, Horvath, 1989.

PILOT M., La région de Compiègne pendant la seconde guerre mondiale, AHC, 1994.

Allemandes :

BLISS H. et BOSSHAMMER B., Das Fallschirmjäger Lehr Régiment, Traditionsgemeinschaft Fallschirmjäger Lehr-Regiment, 1992.

HAUPT W., Die deutschen Luftwaffen-Felddivisionen, 1941-45, Podzun-Pallas, 1993. HAUPT W., Ruckzug im Western 1944, Stuttgart, 1978. '

SHULMAN M., Defeat in the West, Pan Books.

Américaines :

BLUMENSON M., La Libération (traduction de "Breakout and Pursuit"), l'histoire officielle américaine, C. Corlet, 1994.

HEWITT R.L., The story of the 30th Infantry Division, Work Horse of the western front, Washington, The Battery Press (reprint).

Historical and pictorial review of the 28th Infantry Division in W.W.II, The Battery Press (reprint), 1980.

Houston D.E., Hell on wheels, the 2nd Armored Division, Presidio, 1977.

Paths of Armor, the 5th Armored Division in W.W.II, The Association, 1950.

Spearhead in the west, the 3rd Armored Division, 1941 -45, The Battery Press, 1986.

Steadfast and Loyal, "the 4th Infantry Division, 1940-45", Vol. I and II.

The Cross of Lorraine, A combat history of the 79th Infantry Division, June 1942-December 1945, The Battery Press (reprint) 1986.

Britanniques :

CLAY E.W., The Path of the 50th, Gale and Polden, 1950.

ELLIS L.F., Victory in the West, HMSO, 1962.

GILL R. and GROVE I., Club route in Europe, Hanovre, 1946.

HORROCKS B.G., A full Me, Léo Cooper, 1974.

HORROCKS B.G., Corps Commander.

Taurus Pursuant, A history of the 77th armoured Division, B.A.O.R., 1946.

The Earl of Rosse and Hill E.R., The Story of the Guards Armoured Division, London, 1956.

The history of the 4th Armoured Brigade, 1940-45.

The history of the 8th Armoured Brigade, 1939-45.

VERNEY G.L, The Desert Rats, (7th Armoured Div.), Hutchinson, 1955.

[sous-titre]Annexe 4[/sous-tire]

ABRÉVIATIONS UTILISÉES

1/ NOMS D'UNITÉS MILITAIRES :

- C.L.Y : (3rd/4th C.LY.) County of London Yeomanry.

- F.F.Y. : (2nd F.F.Y) Fife and Forfar Yeomanry

- Grenadier : (2nd Grenadier) Grenadier Guards

- H.C.R. : (2nd H.C.R.) Household Cavalry Regiment

- H. : (11th H. ou 23rd H.) Hussars.

- I. of C. : Inns of Court Regiment

- K.R.R.C. : (2nd and 12th K.R.R.C.) Wing’s Royal Rifle Corps.

- R.D. : (1st R.D.) Royal Dragoons.

- R.D.G. : (4th/7th R.D.G.) Royal Dragoon Guards.

- R.I.D.G. : (5th R.I.D.G.) Royal Inniskilling Dragoon Guards.

- R.T.R. : (3rd and 44th R.T.R.) Royal Tank Régiment

2/ ABRÉVIATIONS GÉNÉRALES :

Bde : Brigade britannique

Bn. : Battalion (bataillon britannique)

Brit. : Britannique

Btl : Bataillon allemand

Can : Canadien

Cav : Cavalry

C.C : Combat Command (groupement tactique de combat (chars) américain)

Coy. : company (compagnie) britannique ou américaine.

D.B. : Division Blindée britannique ou américaine.

D.I. : Division d'Infanterie britannique ou américaine.

Div. : Division

F.J.D. : Fallschirmjägerdivision (division de parachutistes allemande)

G.R. : Grenadier Régiment (Régiment d'infanterie allemand)

I.D. : Infanterie-Division (Division d'infanterie allemande) *

I.R. : Infanterie-Regiment (allemand) / Infantry Regiment (américain)

LF.D. : Luftwaffe Felddivision (Division de campagne de la Luftwaffe)

Pz Ar. : Panzer Armée (armée blindée allemande)

Pz Div. : Panzer Division (division blindée allemande)

RC : Cavalry Reconnaissance Squadron ou Troop (reconnaissance américaine)

Rgt : Régiment

RI. : Régiment d'infanterie (annexe 1 - américain).

T.D. : Tank Destroyer (canon auto-moteur anti-char américain)

T.F. : Task Force (groupe de combat américain)

U.S. : Américain


"Pour en savoir plus" sur le site de l'Oise 1939-1945 nous vous recommandons la lecture dans la section Armée allemande(Wehrmacht) des historiques des unités suivantes:

6. Fallschirm Division : Méru 29/8/44, secteur de Compiègne 30/8/44, Noyon 31/8/44 47.

Infanterie-Division : du 29 août 1944 au 1er septembre 1944 : Plessis Belleville - Chantilly - Senlis - creil - Crépy-en-valois - Montépilloy - Ognon - Rully - Trumilly - Jonquières - Pont St Maxence - Compiègne - La Croix st Ouen - Noyon - (l'Aisne).

Dans la section Armée américaine (armée de terre)vous trouverez :

71st Armored Field Artillery Battalion : Chantilly, Saint-Maximin, Fleurines, Verberie, Royallieu, Compiègne, Noyon 5th Armored Division - 85th Cavalry

Reconnaissance Squadron, Troop B : 30 et 31 août 1944 : Lamorlaye, Chantilly, Creil et Compiègne. Vous trouverez également dans ce site une bibliographie régulièrement mise à jour.

Marc Pilot, co-administrateur du site l'Oise 1939-1945.

http://oise-1939-1945.jed.st/

Par Benoît COTTEREAU, le 21/12/2009




>Revenir à la liste des articles<