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L’église de Morcourt, près de Crépy-en-Valois.


Clocher de l'église de Morcourt

Entre Crépy-en-Valois et Béthancourt-en-Valois s’étend un vaste plateau où le jaune éclatant du colza le dispute au vert des blés. A l’horizon, au milieu d’un ilot de verdure, émerge à peine une « tourelle » : château ou église ?

Empruntant la petite route qui descend sur Morcourt, serpentant sous un berceau de feuillage, on arrive dans un village paisible et curieusement agencé : une rue principale et de nombreuses impasses. Remontant la rue du Moulin où quelques jeunes daims pâturent en contrebas, on regagne le plateau.

Sur la gauche, se dresse la « tourelle » si intrigante, en fait le clocher d’une église en ruine. Il faut emprunter un chemin de terre pour atteindre l’entrée de ce lieu. Un panneau explicatif accueille le visiteur égaré et montre tout d’abord qu’il n’est pas à l’abandon et révèle l’existence d’un village aujourd’hui disparu « Bourgon ».

Après quelques pas sur un étroit sentier boisé, au nom évocateur, « le chemin des lépreux », on est saisi par une atmosphère surprenante : le sentiment d’être en Bretagne !!! Cette sensation est renforcée quelques dizaines de mètres plus loin par la présence d’une grande dalle rocheuse, plane, vestige d’une ancienne carrière.

Le propriétaire M. Daniel Gibert

Ce sentier débouche sur un petit enclos, délimité par de bas murets de pierres, qui ceinture les ruines. Quelques pâquerettes dans ce tableau idyllique parmi lesquelles se dresse, dans un recoin, la stèle d’une tombe ancienne qui invite au recueillement.

Un lieu enchanteur, havre de paix, presque hors du temps.

Apparaît au détour des ruines, la silhouette d’un homme barbu, celle du propriétaire : M. Daniel GIBERT qui nous fait la faveur d’ouvrir la grille de l’édifice pour une visite guidée. On apprendra qu’il eut le coup de cœur pour ce lieu en 1967 et que depuis il n’a de cesse de le restaurer et d’en chercher la moindre trace dans les archives. Il est intarissable.

La petite construction du 11ème siècle a été agrandie au 13ème siècle avant d’être ravagée par la guerre de Cent ans. Restaurée à la fin du 15ème siècle, son clocher a ensuite été rehaussé au 16ème siècle. Avec l’abandon du culte au 19ème siècle, elle a été délaissée et pillée. Il reste cependant un élément remarquable : la pierre tombale du seigneur du lieu Nicolas de Grouches, mort en 1582 et son épouse, Françoise d’Aumale.

En sortant de l’église, comme par le passé, il y eut une longue discussion au caquetoire pour évoquer pêle-mêle le chemin de procession, la fouille du cimetière, la vie d’antan…

Ainsi s’acheva une échappée en un lieu éminemment romantique et à découvrir.

Pour tout renseignement : dgibert(@)free.fr (sans les parenthèses)

Par Evelyne Fize, le 01/05/2014




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