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Soutenance du mémoire de Master 1 de Céline HAIGRON, sur le mosaïste Henri BICHI, décorateur de la villa Marcot à Compiègne.


Céline Haigron a brillamment soutenu en juin dernier à Paris, un mémoire de Master 1 en histoire de l’Art sur « Henri BICHI mosaïste florentin Art Nouveau établi à Paris ». Ce travail dirigé par Mme Catherine Méneux, maître de conférences à Paris, a obtenu la mention très bien (16/20). Nous tenons à féliciter Céline pour ce beau travail et la remercions vivement d’avoir accepté de nous présenter de manière synthétique la partie qui concerne plus particulièrement Compiègne, la villa Marcot de l’avenue Thiers, dont Henri Bichi fut le décorateur à la Belle Époque (J. Bernet).



La villa Marcot à Compiègne (1908)

Villa Marcot de Compiègne

Henri BICHI est le nom d'un mosaïste d'origine florentine, établi à Paris, et l'un des artisans du renouveau que connaît cette technique en France à partir de la seconde moitié du XIX° siècle. Son atelier très actif entre 1889 et 1909 environ, est l'auteur de décors mussifs exceptionnels comme l'intérieur de la brasserie Mollard et la façade de l'église Saint-Honoré d'Eylau à Paris, ou encore la chapelle du Grand Séminaire de Besançon et l'église Saint-Pierre de Luxeuil-les-Bains.

Les ateliers Bichi, et plus précisément Bichi Morino du nom de son gendre qui reprend l'entreprise de mosaïque, interviennent également en 1908 sur une villa de Compiègne ; elle constitue l'un des derniers chantiers au nom du mosaïste, avant que l'entreprise ne fasse faillite l'année suivante. Il s'agit d'une riche demeure bourgeoise construite pour le militaire Albert Marcot, par les architectes associés Henri Sauvage et Charles Sarazin . Cette construction manifeste une volonté de sortir de l'Art Nouveau, présentant en façade un sobre décor se résumant à d'élégantes ferronneries végétales et de rares frises et panneaux de grès flammé centrés sur les appuis et couronnements de fenêtres, réalisés par les établissements Gentil & Bourdet . Cependant, l'intérieur illustre le sens aigu de la décoration de Sauvage par l'emploi de riches matériaux : mosaïques, vitraux, lambris et parquets en bois précieux (merisier, citronnier, frêne, érable, chêne frisé) ; le mobilier intérieur, aujourd'hui dispersé, était signé Louis Majorelle (1859-1926).

L'ornement mussif concerne le revêtement des sols du premier étage, en particulier le vestibule abritant la cage d'escalier, qui présente une rampe en fer forgé au dessin et à l'exécution très délicate, ainsi qu'un paillasson marquant l'entrée. Pour plus de résistance, le marbre, matériau coûteux, a été retenu pour le pavement. L'andamento qui signifie le « cours » et désigne la manière dont les tesselles se suivent, se déploie en larges écailles parsemées de tâches bleues, entourées d'une bordure jaune et verte.

Inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1986 , la villa Marcot est aujourd'hui une annexe du collège Jacques Monod et abrite des salles de classe. Les mosaïques ont été conservées mais ne figurent pas dans la synthèse du dossier d'inscription, et ne bénéficient pas à ce titre d'une protection.

Références bibliographiques :

1 « Villa à Compiègne », La Construction Moderne,1er août 1908, p. 520-521, Pl. 109-112.

2 Henri SAUVAGE (1873-1932) et Charles SARAZIN (1873-1950) : collaborent ensemble de 1898 à 1912 et construisent un certain nombre de villas : Jika à Nancy, Oceania, Natacha et Leuba à Biarritz, Ker Guénolé au Décollé.

3 « Villa à Compiègne », L'Architecture, mai 1908, p. 33-35, fig. 28-30, Pl. 25.

4 Demande de publication aux hypothèques n°3265, daté du 16 décembre 1986, dossier d'inscription, D.R.A.C. Picardie.

Par Céline HAIGRON, le 03/09/2014




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