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Conférence de Vincent Reig, lycée Pierre d'Ailly, Compiègne, samedi 19 mars, 14h30-16h30


D'origine catalane, notre ami Vincent Reig, principal de collège et historien de la période napoléonienne, a brillamment présenté des faits méconnus dans l'Oise des années 1930.

S'appuyant sur les archives départementales (Beauvais) et municipales (Compiègne), Vincent Reig montre le sort de centaines de réfugiés espagnols arrivés dans notre département d'abord en août 1937 puis en 1939 lors de la fameuse Retirada (l'exil en France des républicains avec leurs familles). Ils sont près de 300 en 1937 et 1300 en 1939 dont la moitié est constituée d'enfants. Ces derniers sont une priorité tant les stigmates de la guerre civile sont importants surtout pour ceux de 1939. De plus on compte de nombreux orphelins dont certains seront accueillis au château de la Brévière à Saint-Jean-au-Bois.

Si les réfugiés de 1937, peu nombreux, sont accueillis avec beaucoup d'indifférence de la part des populations locales, cela n'est pas le cas pour ceux de 1939. En effet, le jeune historien isarien montre une montée de la xénophobie à leur endroit car ils sont considérés comme "des indésirables" à l'image des autres immigrés (rappelons que nous sommes dans une période de crise économique avec un fort chômage). En revanche, des gestes de solidarité voire une véritable action humanitaire ont pu s'exprimer dans le bassin creillois et à Pont-Sainte-Maxence.

Le retour était possible pour ceux de 1937. Par contre, la loi répressive adoptée par les franquistes en 1939 a contraint les réfugiés espagnols à rester sur place. La mobilisation générale de 1939 voit l'incorporation des hommes volontaires dans les régiments de marche étrangers. Ces "régiments ficelles", parce que mal équipés, sont engagés pour renforcer les positions de défense comme celles de la ligne Chauvineau dans le Valois notamment à Ormoy-Villers et pendant la campagne de France en 1940. 5 000 trouvent la mort dans cette campagne.

Vincent Reig a conclu sur les multiples tâches réparties entre l'Etat pris dans son rôle de coordination de l'accueil et de la surveillance de ces réfugiés espagnols et les communes chargées de l'intendance et de l'accueil des réfugiés espagnols. Quant aux populations locales, celles-ci exprimaient des sentiments ambivalents entre l'indifférence et l'exclusion.

nb. Son article paraîtra dans la revue les Annales Historiques Compiégnoises au mois de mai 2016.

Par Eric Dancoisne, le 24/03/2016




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