Accueil -> Articles -> Lecture d'un article


Roger PUFF, 1914-1918, Les écrivains isariens tombés au champ d’honneur Bulletin des Amis du Vieux Verneuil, n° 137, mars 2016


Le dernier bulletin trimestriel publié par notre consoeur de Verneuil-en-Halatte (60), propose dans le cadre du Centenaire de la Grande Guerre, une contribution particulièrement intéressante et originale consacrée aux écrivains du département morts pendant la Première Guerre mondiale. Cette étude de Roger PUFF s’appuie pour l’essentiel sur l’Anthologie des écrivains morts à la Guerre, publiée aux Editions Malfère à Amiens, de 1924 à 1926. Cet ouvrage en cinq tomes fut réalisé au lendemain du conflit pour l’Association des Ecrivains combattants, sous la conduite du poète et écrivain parisien Thierry Sandre (1891-1950) et de l’éditeur amiénois Edgar Malfère, qui publia notamment des œuvres d’écrivains picards, tel Philéas Lebesgue. Il présente la biographie et l’œuvre de quelque 525 écrivains morts à la guerre ou de ses suites, dont 31 étrangers, notamment des Américains et des Belges. A côté de quelques grands noms de la littérature française, tels les poètes Charles Péguy et Guillaume Apollinaire, les romanciers Alain-Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes (1913) ou le Franc-comtois Louis Pergaud, prix Goncourt 1910 pour De Goupil à Margot et auteur en 1912 de La guerre des boutons, on trouve ici une majorité d’écrivains peu connus, voire inconnus, d’autant qu’il s’agit souvent de jeunes-gens en tout début de leur carrière littéraire ou éditoriale. C’est le cas des 19 Picards de naissance, dont 9 de l’Aisne, 5 de la Somme (dont Maurice Blanchard de Montdidier) et 5 de l’Oise.

Charles Trouffleau, né à Clermont en 1878, professeur agrégé de lettres, publia deux recueils de poèmes en 1910 et 1912 et écrivit un drame Amphytrion en 1914. Capitaine, il fut tué sur le front bulgare en Grèce en septembre 1916.

André Fernet (1886-1916), né à Pierrefonds, fils d’un médecin parisien, licencié d’histoire et diplômé de Sciences Po, entré à 22 ans comme auditeur au Conseil d’Etat, auteur d’un roman et d’une pièce de théâtre était l’ami de Roger Martin du Gard et de Marie Laurencin. Pilote de guerre, il fut frappé en plein vol en juin 1916 au-dessus de la Moselle.

Charles Delafraye (1875-1914), fils d’agriculteurs de Bresles, ancien élève de l’Institut supérieur d’Agriculture de Beauvais, était secrétaire du Syndicat agricole de la Bresle. Mobilisé dans l’Infanterie Territoriale, blessé et fait prisonnier dans l’Artois en octobre 1914 il mourut peu après en Allemagne. Il avait été écrivain et correspondant de la Société Académique de l’Oise, collaborateur de la Revue Picarde et Normande ; c’était aussi un poète paysan, cousin de Philéas Lebesgue, qui rédigea sa notice dans l’Anthologie.

Noël Trouvé (1885-1914), né à Compiègne, fils d’un marchand grainetier de la ville, avait fait des études de Droit à Paris. Avocat et journaliste, militant de l’Action française de Charles Maurras, il fonda à 21 ans Le Réveil de l’Oise en 1907. S’engageant dès la déclaration de guerre, caporal au 54° RI, il fut tué dans la Meuse le 1er septembre 1914.

Alexandre Mary né à Beauvais en 1884, fils d’un cordonnier, bachelier è lettres, s’ouvrit aux disciplines scientifiques : la botanique, l’entomologie, la paléontologie. Savant naturaliste, il fonda avec son frère Albert la Plasmologie, doctrine cherchant à expliquer tous les phénomènes par les lois de la physique. Mobilisé en 1914, il mourut de la tuberculose à Boulogne en décembre 1915.

Par Jacques Bernet, le 04/05/2016




>Revenir à la liste des articles<