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Excursion du samedi 21 mai 2016 après-midi à Cuise-la-Motte


« Mémoire d’Attichy et de son canton », animée par sa présidente Chantal Druart, et notre société s’étaient donné rendez-vous pour une découverte du patrimoine de Cuise-la-Motte, commune connue pour avoir donné son nom au premier étage géologique de l’ère tertiaire, le « Cuisien » et à la forêt domaniale de Compiègne longtemps appelée « forêt de Cuise ». Une cinquantaine de personnes ont profité de cette belle après-midi printanière pour suivre les visites organisées par nos amis Rémi Hébert et Marc Pilot, de concert avec les connaisseurs du patrimoine de Cuise, M. Claude Baudet et Mme Paule Sesboüé-Lefort.

Une première station, au rez-de-chaussée de la mairie, nous a permis de découvrir un moulage de l’étonnant « monument des vingt-deux », dont l’original dégradé se trouve dans le cimetière du village. Ce monument funéraire édifié en 1923 à l’initiative et aux frais des familles, recouvrait la tombe de soldats du 102° Régiment d’Infanterie et du 26° d’Artillerie tués par les canons allemands le 12 septembre 1914 sur le plateau de Croutoy, lors de la poursuite de l’ennemi en repli au lendemain de la bataille de la Marne. D’un monticule de terre évoquant une tranchée, encadré par deux piliers et sur lequel figurent les noms des défunts (en réalité 19 différents noms et non 22), surgit le buste saisissant d’un poilu en tenue bleue horizon. Cette sculpture très réaliste, réalisée en plâtre peint de couleurs vives, avait souffert des injures du temps.

Puis nous avons escaladé la colline escarpée sur laquelle est juchée l’église paroissiale Saint-Martin, au beau milieu du cimetière, où s’élève le spectaculaire monument aux morts des deux guerres mondiales.

D’aspect trapu mais raffiné à l’extérieur, l’édifice est représentatif du roman du Soissonnais de la seconde moitié du XII° siècle. Le chœur à chevet plat, tout comme le transept, comporte une niche d’autel faisant saillie à l’extérieur. Une corniche sculptée décorée de masques et de feuilles court à la base de la toiture du chœur. Un puissant clocher, qui daterait du XIII° siècle, s’élève à la croisée du transept. Les quatre travées de la nef très élancée, flanquée de bas côtés, datent du XIII° au XVI° siècle ; les piles relativement minces de la nef ne supportent qu’une charpente et une voute en bois ; seuls le chœur et le transept plus massifs sont voûtés d’ogives primitives. Monument historique, l’église Saint-Martin de Cuise a bénéficié récemment d’une belle campagne de restauration qui l’a consolidée et lui a redonné tout son éclat.

Une troisième station nous a permis de découvrir le château et son parc, en bordure du Ru de Vandy, autrefois utilisé pour le flottage du bois des forêts de Retz et de Cuise jusqu’à l’Aisne. La reine Frédégonde aurait séjourné dans ce château médiéval en 570. L’ancienne forteresse entourée de douves fut dévastée par la Jacquerie en 1358. Tombé en ruines, l’édifice fut reconstruit pour l’essentiel à partir de 1666 et seules les deux tours massives de la poterne d’entrée subsistent de l’époque médiévale. La façade sud côté parc se déploie sur deux niveaux percés de seize larges ouvertures ; elle est flanquée de deux grosses tours carrées avec de hautes coiffes à quatre faces de tuiles. Au centre l’entrée est surmontée d’un gracieux fronton triangulaire de goût classique. L’austère façade Nord le long des douves, comportant moins d’ouvertures, englobe une tourelle ayant à sa base un cachot circulaire d’allure médiévale. Les communs éclairés par des fenêtres en ogives, raccordés à la poterne d’entrée par le pigeonnier, dateraient des XVIII° et XIX° siècles. Plusieurs grandes familles ont possédé la seigneurie et le château de Cuise, tels les Montmorency, puis les Charmolue de Compiègne aux XVII° et XVIII° siècles. Bien restauré par l’actuel propriétaire, doté d’un beau parc à l’anglaise baigné par les eaux venues du plateau, le château de Cuise est légitimement classé à l’inventaire des Monuments Historiques.

Cette belle après-midi s’est achevée par une sympathique collation dans la salle communale au centre du village.

Par Jacques BERNET, le 23/05/2016




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