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Dans les archives secrètes de la seconde guerre mondiale, « Les chemins de la Mémoire », n° H.S., décembre 2015, Ministère de la Défense.


Le Ministère de la Défense publie régulièrement un bulletin intitulé "Les chemins de la Mémoire". En décembre 2015, il a fait paraître un numéro spécial qui porte le titre : Dans les archives secrètes de la seconde guerre mondiale. Ces archives comportent aussi bien celles du BCRA (Bureau central des renseignements et d'action-France libre) que celles de Vichy (BMA, bureau des menées antinationales) ou celles des services répressifs allemands. Depuis 2014, ces diverses archives sont consultables au château de Vincennes dans la salle de lecture Louis XIV. Elles sont gérées par le service historique de la Défense (SHD).

Les archives du BCRA, dirigé à Londres par André Dewavrin dit "Passy", après un périple de Londres à Alger puis à Paris, ont atterri, à l'automne 1944, entre les mains de Daniel Cordier. En 1945, avec l'aide de Vitia Hessel et de Stéphane Hessel à son retour de déportation, Daniel Cordier rédige un Livre Blanc du BCRA, jamais publié mais disponible aux Archives Nationales (3AG2/1-2). Depuis 2013 les archives du BCRA sont désormais classées et inventoriées par le SHAT (Service Historique de l'Armée de Terre). Ces archives (GR28 P1,P2 etc...) comprennent celles du CFLN, les dossiers généraux et individuels des réseaux, la collection des messages, des informations sur les services spéciaux allemands, des archives allemandes, les dossiers individuels des agents immatriculés à Londres.

Les archives des services secrets de Vichy (BMA puis SSM, soit le service de sécurité militaire) font partie du "fonds de Moscou", saisies d'abord par les Allemands puis par l'Armée Rouge. Depuis 1994, elles sont consultables à Vincennes (GR7NN2). Une partie d'entre elles seulement concerne la période de Vichy.

Les archives des services répressifs allemands en France occupée : ces services sont multiples, même si officiellement ils sont rattachés à l'Office central de sécurité du Reich (RSHA). Il faut y ajouter l'ABWEHR, service de renseignement de l'armée allemande, dirigé en Allemagne par l'Amiral Canaris. A partir de juin 1942, c'est la Sipo-SD qui s'impose en France sous la direction de Karl Oberg. Ces archives sont conservées dans la sous-série GR28P7. A titre d'exemple, des articles du bulletin concernent les dossiers de quelques personnalités comme Daniel Cordier, Pierre Brossolette, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Geneviève de Gaulle.

Les archives conservées à Vincennes comportent aussi les dossiers d'agents allemands, parfois récupérés par la Stasi, de leurs auxiliaires et de collaborateurs français. Elles comprennent aussi les fichiers de la LVF et de la Légion tricolore. On trouve dans cet ensemble de documents des papiers relatifs aux arrestations qui ont démantelé le réseau "Alliance", les moyens employés pour infiltrer une organisation résistante, le dossier de la "carlingue" (la Gestapo française de la rue Lauriston), le dossier de Kurt Lischka, ordonnateur de la solution finale en France, tout comme celui de Klaus Barbie.

La brochure du Ministère de la Défense fournit pour chaque dossier la cote que doit utiliser le chercheur. Elle s'accompagne d'un glossaire à la fin de l'ouvrage. Cette publication du Ministère de la Défense est un outil précieux pour tout historien de la période de l'Occupation.

Par Françoise Leclère - Rosenzweig, le 12/07/2016




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