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Inauguration du bouclage de la ligne 4 du réseau de tramways de Montpellier 1er et 2 juillet 2016


Avec l’ouverture d’un dernier tronçon de quelque 1, 3 km et de trois nouvelles stations, la ligne T 4 du réseau montpelliérain est bouclée et ouverte au public depuis le samedi 2 juillet 2016. Inaugurée dans sa plus grande partie en même temps que la ligne T 3 en avril 2012, cette courte section permet désormais de rendre cette ligne complètement circulaire autour de « l’Ecusson » hypercentre de l’agglomération de Montpellier englobant tous les quartiers anciens. C’est une première en France par rapport aux nouveaux réseaux de tramways depuis 1985 ; Paris aussi, avec le T 3 a et T 3 b sur les boulevards des Maréchaux, parviendra peut-être à boucler une circulaire de la capitale, comparable au Ring des tramways de Vienne en Autriche. Cette ligne circulaire avait existé de manière éphémère dans l’ancien réseau de tramways de Montpellier de 1896 à 1949, mais autour du seul centre historique.

L’inauguration de ce court tronçon, d’intérêt stratégique majeur et à la forte valeur symbolique, a été quelque peu chahutée, vendredi 1er juillet en fin d’après-midi, sur la place du Peyrou, où le discours du Premier Ministre Manuel Valls a été couvert par les sifflets et cris de quelques dizaines de manifestants hostiles à la « loi travail » mise en œuvre par le gouvernement. Le maire de Montpellier Philippe Saurel a dû justifier le report du lancement de la ligne 5 du réseau, attendue par les habitants du nord-ouest de l’agglomération. Elle devrait voir le jour vers 2020-2025. L’ouverture gratuite au public de la ligne 4 sur son parcours intégral, prévue le samedi 2 juillet a elle aussi été perturbée par un mouvement gréviste du syndicat FO majoritaire chez les traminots, qui a touché l’ensemble du réseau de transports publics et même la ligne 4. Du coup, on n’a pas enregistré ce jour-là une trop grosse affluence dans les rames jaunes décorées par Christian Lacroix, et nous avons pu effectuer un tour de ville complet en 35 mn, depuis la station Garcia Lorca, terminus officiel de la T 4.

Avec ce nouvel apport, le nouveau réseau de tramways de Montpellier, lancé par Georges Frêche par l’ouverture de la ligne 1 en 2000, suivie de la 2 en 2006, et des deux suivantes en 2012-2016, est devenu un des plus importants et des plus originaux des métropoles françaises. S’il est intégralement sous LAC (lignes aériennes de contact), évitant le coûteux système d’alimentation par le sol (APS) utilisé dans le centre de Bordeaux, Reims, Orléans ou Angers, le réseau montpelliérain se caractérise par son dense maillage au centre-ville, ses extensions lointaines en banlieue, parfois en voie unique et par l’esthétique remarquable de ses rames, dont la livrée confiée à de grands artistes, est spécifique à chaque ligne. La ligne 1 avec quelque 130 000 voyageurs transportés par jour en semaine détient le record de fréquentation des lignes de trams en France. La plus grosse critique concerne l’extension sud de la ligne T 3, qui s’arrête à Lattes ou à Pérols, sans rejoindre les plages de Palavas et Carnon, et ce pour d’obscures querelles de personnes et de clocher entre l’agglomération montpelliéraine et les édiles de ces communes riveraines de la Méditerranée. On en regretterait presque la disparition de l’ancienne ligne de chemin de fer allant de la place de la Comédie à Palavas-les-Flots ! Espérons que cette anomalie sera corrigée dans un avenir proche, en attendant qu’une cinquième ligne ne vienne parachever ce magnifique réseau, digne d’une grande capitale régionale, même si Montpellier en a perdu le statut administratif au sein de la nouvelle « Occitanie » officiellement pilotée par Toulouse.

Par Jacques Bernet , le 12/07/2016




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