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Vendredi 30 septembre, samedi 1er octobre 2016, Clermont-de-l’Oise, colloque L’Oise en guerre, 1915-1917.


Cette seconde rencontre consacrée au centenaire de la Grande Guerre dans notre département a été organisée par le collectif élargi à dix sociétés historiques de l’Oise, avec le soutien de la Mission du Centenaire, du Département, de l’ONAC, des Archives départementales, de l’APHG de Picardie et du CANOPE de l’Oise. La Ville et la Société Historique de Clermont nous ont réservé un excellent accueil pour ces deux journées.

En septembre 2014, un premier colloque tenu à Senlis avait étudié l’entrée en guerre de l’Oise en 1914, marquée par l’invasion allemande et ses exactions, jusqu’à la victorieuse contre-offensive de l’Ourcq et de la Marne et la stabilisation du front des Flandres à la Suisse, passant par le nord-est de l’Oise, dont 1/8ème du territoire et 65 communes subirent trente mois d’occupation, d’août 1914 à mars 1917, date de l’opération Alberich ou retrait Hindenburg.

Ce secteur du front n’a pas été le plus actif en la période, en dehors des combats de Quennevières en mars 1915, mais la guerre et les combattants restent bien présents en arrière-plan, dans une zone fort exposée aux bombardements aériens et d’artillerie. En témoignent le recensement et l’identification des morts au lendemain des combats de l’Ourcq (Régis Moreau, Pierre Tandé), les tribulations du GQG dans l’Oise (Denis Rolland), l’implantation du Groupe des Divisions d’Entrainement d’aviation du Plessis Belleville (Vincent Batier) et les aérodromes militaires du Clermontois (Jacques Calcine), les cantonnements de troupes d’arrière front à Breteuil, Saint-Just, Crévecoeur (Jean-Charles Capronnier, Philippe Baticle), les hôpitaux militaires de Compiègne (Patrice de Larrard), comme l’itinéraire d’un prisonnier de guerre clermontois (Emmanuel Bellanger) ou encore, côté allemand, l’aventure étonnante d’un journal régimentaire publié sur le front de l’Oise en forêt d’Ourscamps (Didier Guénaff).

La vie des civils, dans un département longtemps coupé en deux par la ligne du front, a fait l’objet de communications originales, portant sur les mouvements de population, migratoire et naturel, en zone occupée (Jean-Yves Bonnard), les conditions d’alimentation des civils à l’arrière, avec l’exemple significatif de Compiègne (Vincent Reig), la question majeure des très nombreux réfugiés (Mathilde Marguerit Hout), la reconversion des usines oisiennes à l’économie de guerre (Robert Poitou). Il a été aussi question de la vie intellectuelle, spirituelle et culturelle des populations, informées par des journaux nationaux et locaux, dont Françoise Rosenzweig a suivi trois grands titres ; l’union sacrée a été confortée par le discours patriotique de l’Eglise catholique et des évêques de l’Oise, mis en lumière par Philippe Papet, mais aussi par les délibérations du conseil général du département, décryptés par Eric Dancoisne, tandis que la vie culturelle de l’arrière a été illustrée de manière exemplaire par le cas de la ville de Senlis en la période (Gilles Bodin).

Si la communication prévue sur les instituteurs de l’Oise n’a pu être prononcée, son auteur Marc Thibault étant décédé, nous avons pu entendre de belles évocations d’écrivains ou de personnalités politiques du cru confrontées au conflit, avec les carnets de guerre d’Henri Barbusse, émouvant témoignage de sa conversion au pacifisme (Philippe Lamps), les itinéraires de Charles Troufleau, né Clermont et tué sur le front d’Orient en 1916 (Roger Puff), ou du Clermontois Charles Dupuis, ancien combattant et futur député de l’Oise (Hermine Williams).

L’apport de ces riches journées devrait faire l’objet d’une prochaine et précieuse publication en 2017, en attendant une troisième rencontre départementale d’ores et déjà programmée à Compiègne à l’automne 2018, pour la commémoration du centenaire de l’armistice de novembre 1918.

Par Jacques Bernet , le 12/10/2016




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