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LEGOUT (Claude), Histoire de la navigation sur l’Oise du Moyen-Âge à nos jours, Les Cahiers de l’histoire, Les Amis de l’Isle-Adam, cahier n°15, 2016.


Ce numéro consacré à l’Histoire de la navigation sur l’Oise est le résultat du travail de Claude Legout, vice-président de la Société historique de Pontoise, du Val d’Oise et du Vexin. Celui-ci publia en 2013 un ouvrage, paru dans la même collection, sur l’Histoire de la canalisation de l’Oise de 1830 à nos jours. Un sujet dans lequel l’auteur excelle.

Après un préambule solide sur les caractéristiques de la rivière isarienne, Claude Legout débute son propos en évoquant rapidement la période gallo-romaine, où 85 % des transports se font par voies fluviales.

Les invasions vikings de la période alto-médiévale démontrent la maîtrise de la construction navale de ces peuples du nord. Leurs embarcations rendent une navigation aisée sur l’Oise et leurs raids fragilisent l’Empire carolingien et précipitent sa chute.

Du Moyen-Âge central à l’époque moderne, la navigation sur l’Oise facilite la circulation des hommes et des marchandises. L’auteur cite en exemple la cité compiégnoise dans l’acheminement du vin, taxé par les péages des moines de Saint-Corneille. Le siècle de Louis XIV, par l’action de Vauban, modifie sensiblement la navigation. Le développement des canaux favorise les échanges économiques et simplifie les transports militaires, dans une période où les conflits armés sont encore nombreux.

La véritable césure dans l’histoire de la navigation sur l’Oise intervient à partir de 1830. Les derniers grands travaux de la canalisation de l’Oise s’achèvent et l’industrialisation naissante voit l’émergence des bateaux à vapeurs. Ajoutons également l’apparition des vapeurs à roues à aubes latérales utilisées dans le transport de passagers. En 1823, le bateau Ville de Compiègne est construit dans les chantiers navals de la cité impériale. Une peinture représentant ce bateau est conservée au Musée Gallé-Juillet de Creil.

Cette rupture n’est pas immédiate mais progressive, à l’exemple de la traction animale toujours utilisée dans le halage au début du XXe siècle, pour laisser ensuite place aux remorqueurs. En guise de conclusion, l’auteur apporte quelques informations sur la navigation de la fin du XXe et du XXIe siècle, avec notamment la fin du remorquage diesel à partir de 1965. Il précise que « La période proche fait quitter les champs de l’Histoire », ce qui explique la brièveté de son propos.

Si l’auteur ne prétend pas renouveler la recherche sur la navigation fluviale, son travail de vulgarisation apporte une érudition sur les enjeux de la navigation de l’Oise et de ses acteurs. Le livre s’appuie sur une iconographie abondante et de qualité. Plusieurs tableaux, un lexique et une bibliographie complètent cette étude. Le lecteur pourra prendre plaisir à s’immerger en quelques lignes dans la vie quotidienne d’un maître de pont, Alexandre Legrand, qui en 1670, gère le déchargement d’un bateau marnais sous le pont Cabouillet de l’Isle-Adam.

Par Morgan HINARD, le 26/11/2016




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