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* Christiane SAUVAGE, Marie-Thérèse et René BLANCHON, Pont-Sainte-Maxence est libérée, 31 août – 1er septembre 1944, IMEDIA, Chevrières, 2016. * Lucienne JEAN, Hélène BOULANGER, La Résistance dans le canton de Saint-Just-en-Chaussée, ANACR, 2016.


L'histoire de l'Occupation dans l'Oise s'est enrichie de deux nouvelles publications :

La première émane de René Blanchon, décédé récemment, de sa fille Marie-Thérèse et de Christiane Sauvage. L'ouvrage, qui concerne la ville de Pont-Sainte-Maxence, rappelle le déclenchement de la guerre le 1er septembre 1939, la déroute de l'armée française, l'exode et l'arrivée des Allemands, précédant la signature de l'armistice, le 22 juin 1940. De belles photographies témoignent des bombardements subis par la ville et de la destruction, coûteuse en vies humaines, du "pont de béton", le 9 juin 1940. De brefs récits évoquent les contraintes imposées aux habitants sous le régime de l'Occupation. L'essentiel de la brochure est consacré à la Libération de la ville par la 28ème division d'infanterie américaine. Le 28 août, la libération de l'Oise avait commencé. A Pont, les Alliés arrivent dans la matinée du 31 août par la route de Creil, construisent un pont provisoire monté sur pneumatiques ; ils traversent l'Oise le 1er septembre et libèrent la rive droite. D'abondantes photographies retracent les étapes de la libération de la ville, qui fit trois victimes françaises et tua un soldat américain. Ces photos sont accompagnées de témoignages écrits au fil des événements. Le soulagement et la joie s'accompagnèrent cependant de la tonte de certaines femmes, une cinquantaine sur les 80 prévues. Enfin l'ouvrage décrit les obsèques des victimes, y compris celles de l'Américain Georges Meyer. L’étudiant Louis Boilet fut inhumé dans la crypte de la chapelle Sainte-Ursule à la Sorbonne. Des rues de Pont reçurent les noms de Louis Boilet, Marcel Anique, dont le frère René avait été tué dans combats de 1940, et de Robert Heschel. L'évocation des commémorations clôt cette brochure soignée, imprimée à compte d'auteur.

La seconde publication, rédigée par Lucienne Jean et Hélène Boulanger, émane de l'ANACR et s'attache à la Résistance dans le canton de Saint-Just-en-Chaussée, petit canton rural qui ne comptait que 30 communes, dont 20 de moins de 500 habitants.

Après avoir rappelé les circonstances du déclenchement de la guerre et décrit les derniers combats qui consacrèrent la défaite des alliés, les auteures mentionnent les premières lois de Vichy ; la traque des communistes, déjà inaugurée par la III° République, les restrictions et les contraintes de l'Occupation. Elles décrivent aussi les premiers signes de résistance, la mise en place des organisations en distinguant mouvements, comme le Front national, réseaux et groupes d'action. Trois organisations s'imposèrent dans le canton : les FTPF (détachement Jacques Bonhomme animé par Georges Jauneau), l'OCM et Libé-Nord. Puis les auteures répertorient les principaux acteurs de la Résistance dans le canton par de courtes biographies et recensent les actions engagées. Les témoignages et les sources, assortis d'uns bibliographie, sont soigneusement indiqués. Bref il s’agit d’un travail de qualité. Un petit reproche : il aurait fallu préciser que la déchéance des élus communistes était liée à la signature du pacte germano-soviétique.

Par Françoise LECLERE-ROSENZWEIG, le 05/01/2017




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