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Samedi 25 février 2017, 16 H, Mémorial de l’Internement et de la Déportation de Compiègne, conférence et projection sur la fermeture de la Maison d’arrêt de Compiègne.


A l’initiative du Mémorial de l’Internement et de la Déportation de Compiègne, une séance a été organisée sur la Maison d’arrêt de Compiègne, à l’occasion de sa fermeture définitive le 31 décembre 2015. Notre Société d’Histoire moderne et contemporaine y a apporté son concours historique, en présentant un montage audio-visuel : « Petite histoire des prisons de Compiègne, 1780-2015 », que j’ai réalisé à partir de recherches dans la série Y des Archives Départementale de l’Oise.

Les plus anciennes prisons de Compiègne qui nous sont connues avaient été édifiées en 1780 pour le bailliage dans la cour de l’Arsenal de l’Hôtel de Ville, un petit bâtiment néo-classique toujours existant de l’architecte parisien Cellérier, contemporain de Claude Nicolas Ledoux. Elles abritaient également la Maréchaussée, devenue Gendarmerie nationale sous la Révolution. Sous le 1er Empire, leur exiguïté conduisit au projet avorté du déplacement de la Gendarmerie, de la Maison d’arrêt et des juridictions de l’arrondissement dans l’ancien cloître Saint-Corneille, mais seule la gendarmerie fut déménagée en 1826.

La Ville désirant récupérer le bâtiment pour ses services obtint du Ministre de l’Intérieur, en 1856, la décision de construire une nouvelle Maison d’arrêt dans les Avenues, selon un plan type de l’architecte Weil daté de 1854. Une première adjudication des travaux fut obtenue en 1860 par l’entrepreneur E. Duquesne pour 216 927 Fr., mais la construction n’ayant pu être menée à bien, l’architecte de la sous-préfecture de Compiègne, Charles Le Coeur proposa un nouveau plan en 1862, qui fut agréé en 1863 , dont l’adjudication échut à l’entrepreneur Objeoy ; les travaux entrepris en 1864 permirent l’ouverture du nouvel édifice, prévu à l’origine pour 100 places, en juin 1867, année de l’Exposition universelle. Touché par des bombes allemandes en 1917, prison mixte jusqu’en 1945, il a aussi détenu des Résistants avant leur transfert à Royallieu en 1944.

L’exiguïté et la l’inadaptation des lieux, comportant surtout des dortoirs, a conduit à la fermeture, le 31 décembre 2015, d’un établissement situé dans le tissu urbain et accessible aux familles. Le très émouvant film de Corine Zongo-Wable, « Il est temps de fermer », en a retracé l’ambiance, la vie quotidienne et les derniers moments, à partir de témoignages d’anciens détenus, du personnel pénitentiaire et de visiteurs de la prison, témoignant à la fois des conditions difficiles de la vie carcérale et d’une ambiance humaine favorable dans une Maison d’arrêt du Second Empire qui avait su garder un caractère familial. Elle a été remplacée par l’importante Maison d’arrêt départementale récemment édifiée à proximité de Beauvais.

Cette séance spécifique, marquant le 9° anniversaire de l’ouverture du Mémorial de Royallieu, a connu un vif succès, avec près de 200 auditeurs.

Par Jacques BERNET, le 26/02/2017




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