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Jean Liéveaux (1932-2016)


Jean Liéveaux est né en 1932 à Laon, dans l'Aisne. Il habita cette ville jusqu'en 1951, date à laquelle il fut bachelier après avoir été élève au lycée de garçons. Cette ville l'influença beaucoup. Grâce aux nombreuses déambulations dans les ruelles médiévales de cette ville perchée sur une colline serrée autour de sa cathédrale du XIIe siècle, au contact de ces vieilles pierres, son intérêt pour l'histoire et aussi pour l'archéologie se développa. Les récits sur la Grande Guerre que son père (Georges Liéveaux) avait faite (Verdun, Chemin des Dames) le sensibilisèrent également.

Bac en poche, il poursuivit ces études à Paris. Étudiant en histoire et géographie, son diplôme d'études supérieures, réalisé sous la direction de Monsieur Aymard, porta sur la fortune de Cicéron. Il se maria en 1958 avec Claudine Paris (1936-2015) et obtint l'année suivante le CAPES d'histoire-géographie.

Nommé professeur stagiaire, il commença d'exercer la profession d'enseignant pendant trois semaines quand il fut appelé par l'Armée française. Après avoir fait ses classes à Noyon, il partit en Algérie. Là-bas, il fut instituteur pendant 23 mois dans un petit village nommé Kherba. Il fut ébranlé par la misère (alimentaire, vestimentaire, médicale, intellectuelle) dans laquelle vivait les enfants dont il allait s'occuper. Il réussit, par ses réseaux, à leur faire venir de l'aide matérielle et à créer une école que les enfants du village ont fréquentée. Ce premier poste, ces élèves, leurs progrès furent pour lui une expérience marquante, forte, satisfaisante bien que fortement mêlée d'amertume.

De retour en France, avec sa femme, il furent professeurs jusqu'en 1984 dans le Pas-de-Calais, à Avion. Il était professeur d'histoire-géographie, Elle était professeure de lettres classiques. Ils eurent trois enfants Fanny, Marianne et Nicolas.

Au cours de ces longues années dans le Nord, il consacra une grande partie de ses recherches à sa famille paternelle et picarde. Celle-ci est originaire du village de Montigny-Lengrain (Aisne), situé à côté de Vic-sur-Aisne. Il effectua des recherches généalogiques approfondies sur cette famille remontant jusqu'à Nicolas Liévaux ayant vécu à Retheuil à la fin du XVIe siècle. Son ancêtre Louis Liéveaux (1748-1827) fut plus particulièrement l'objet de son attention. Il retraça son parcours de l'Ancien Régime à la Restauration, en décrivant minutieusement son environnement économique, social et mental très représentatif des mutations du monde rural en cette période charnière de l'histoire de France. Cette étude fut publiée en 1981 dans le numéro 16 des Annales Historiques Compiégnoises sous le titre « Louis Liéveaux, un paysan de Montigny-Lengrain sous l'Ancien régime et la Révolution ». Pour un numéro précédent, il avait écrit un article pionnier et remarqué sur les grèves des moissonneurs dans l'Aisne en 1791, un sujet développé ultérieurement par Jean-Marc-Moriceau.

Désireux de renouer avec ses racines picardes, il quitta le Nord en 1985. Ayant obtenu une mutation, il s'installa à Compiègne cette année-là. Il devint professeur d'histoire-géographie au lycée Pierre d'Ailly jusqu'à sa retraite en 1992.

En août 2015, Claudine Liéveaux décédait subitement au moment même où un cancer incurable lui était diagnostiqué. Il affronta cette maladie courageusement pendant plus d'un an, jusqu'en octobre 2016.

Par Nicolas Liéveaux, le 15/10/2017




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