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Derniers feux éditoriaux de nos membres sur la Grande Guerre


La commémoration du centenaire de 1914-1918 s’achève cet automne, après avoir occupé le premier plan de l’actualité près de cinq ans. Deux fidèles adhérents nous ont fait parvenir leurs dernières publications de cette année 1918.

Christian LAUDE, professeur agrégé d’histoire-géographie au lycée Charles de Gaulle de Compiègne, ancien Président de l’APHG de Picardie, a coordonné sous la direction de Philippe Nivet, professeur d’histoire contemporaine à l’UPJV d’Amiens, un dossier pédagogique consacré à l’année 1918, dans le n° 442 de la revue Historiens-Géographes, paru en mai 2018.

Vingt-deux éminents spécialistes de la période ont apporté leur contribution sur les événements militaires (Michael Bourlet, Johanne Berlement), et des sujets plus neufs comme les mouvements de populations (Philippe Nivet), les problèmes du ravitaillement (Emmanuelle Cronier, Frédérique Baron). Le 11 novembre 1918 marqua la fin des combats sur le front occidental, mais non celle d’une guerre prolongée en Europe centrale et orientale, au Proche-Orient jusqu’en 1923 (Alexandre Lafon, Victor Demiaux). A noter les focus sur les Américains au combat (Yannick Marquès), la guerre maritime (Philippe Querel), les Ardennes, seul département français entièrement occupé par les Allemands d’août 1914 à octobre 1918 (Nicolas Charles, Hubert Tison), « la clairière de l’Armistice, d’une guerre à l’autre » (Jean-Yves Bonnard), Amiens en mars 1918 (Hervé Bennezon, Jean-Christophe Momal).

A l’initiative d’Eric DANCOISNE, Président de la Société d’Histoire et d’Archéologie du Valois, la publication du Journal de guerre du Dr Gustave Chopinet, maire de Crépy-en-Valois, nous ramène au début du conflit, puisqu’elle concerne la période du 30 août au 31 décembre 1914. Ancien médecin et député battu aux Législatives de 1914, le maire radical de Crépy-en-Valois était un homme âgé (67 ans) et malade, qui dut faire face à l’occupation allemande de septembre 1914 et vécut dans l’angoisse du sort de son fils Maurice, prisonnier des Allemands dès les premières semaines de la guerre. Ces pages n’étaient pas destinées à la publication ; elles nous sont présentées sous le titre évocateur de « Cette maudite guerre », témoignant des rancœurs de l’auteur contre le gouvernement et l’état-major qui n’ont pas su anticiper le conflit et de sa déception quant au comportement de nombre de ses concitoyens face aux événements. C’est un regard critique acéré sur la guerre, l’occupation allemande, l’administration communale, l’activité du Conseil général de l’Oise puis la formation du premier comité des réfugiés de l’Oise à Paris, où le Dr Gustave Chopinet dut de se replier à la fin de l’année 1914. Replacé dans son contexte local et national par la présentation et les notes d’Eric Dancoisne, ce texte fort et circonstancié méritait d’être connu cent ans après.

Par Jacques BERNET, le 17/01/2019




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