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Samedi 25 mai 2019 après-midi, découverte d’Haramont (Aisne)


Situé dans une clairière de la forêt de Retz, Haramont est un charmant village de 600 habitants, qui ne compte pas moins de quatre sites ou édifices classés à l’inventaire des monuments historiques : le menhir dit la Pierre Clouise, en forêt de Retz (classé depuis 1889) ; l’ancien prieuré de Longpré du XIIe siècle, situé au fond d’un vallon boisé et ayant pour écrin un jardin d’inspiration médiévale (classé en 1995) ; l’église paroissiale Saint-Clément, datée des XIIe-XVIe siècles (classée en 1919) et le château des Fossés, inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques en 2003. La visite organisée ce samedi 25 mai a permis à un groupe de 23 sociétaires de découvrir ces deux derniers monuments et leurs sites remarquables.

Si son actuel corps de logis principal date du XVIe siècle, le château des Fossés a une longue histoire remontant au haut Moyen-Age, dont témoignent les douves de l’ancien château fort médiéval. Après les épreuves de la Guerre de Cent Ans, un manoir de style Renaissance fut reconstruit sur ce site champêtre de la vallée de Baudrimont, pour un chambellan de François 1er, à l’époque des séjours du Roi et de la Cour au château de Villers-Cotterêts, premier édifice royal inspiré de la Renaissance italienne anticipant la reconstruction du Louvre par François 1er puis Henri II. Revenu au XVIIIe siècle à Pierre de Saint-Martin, baron de Tourempré (1720-1783), maréchal de camp et chevalier de Saint-Louis, époux de Jeanne Victoire d’Escrigny et gendre de Jeanne-Eléonore des Fossés, le domaine des Fossés devait être loué sous le Consulat et l’Empire par le général Alexandre Dumas (1762-1806). Son fils, le célèbre écrivain Alexandre Dumas (1802-1870) garda de vifs souvenirs de son enfance dans le château et le parc, qui lui inspirèrent le cadre de ses romans Ange Pitou et Le manoir des loups. Après bien des péripéties, où le domaine et ses constructions souffrirent de leur reconversion en exploitation agricole, le château des Fossés a été racheté en 1999 par ses actuels propriétaires, qui ont su mener à bien la magnifique restauration du corps de logis principal et de ses dépendances comme la restitution du parc, obtenant en 2003 leur inscription à l’inventaire des Monuments Historiques.

Une promenade dans le cœur du village, à l’architecture typiquement soissonnaise a permis de découvrir un ancien viaduc ferroviaire, vestige de la ligne Compiègne-Pierrefonds Villers-Cotterêts ouverte de 1883 à 1960 et déferrée en 1964. L’intérieur de l’église Saint-Clément, comportant un chœur aux voûtes gothiques du XIIe et une nef du XVIe sous un plafond en bois en carène de vaisseau, abrite de nombreux reliquaires, un maître autel et une série d’intéressants tableaux des XVIIIe-XIXe siècles, toutes oeuvres venues du prieuré de Longpré après sa suppression sous la Révolution, qui ont valu à l’édifice d’être classé monument historique en 1919.

Par Jacques BERNET, le 05/06/2019




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